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Non, je n'ai jamais levé la main sur ma mère!

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Non, je n'ai jamais levé la main sur ma mère!

Les coups sur ascendants sont pourtant bien punis par la loi, mais les parents continuent à être souvent battus. Qu'est-ce qu'il y a lieu de faire de plus que ne prévoit la loi?

Les inculpés du jour attendaient, tout comme le président de
l'audience du tribunal du coin, l'arrivée des détenus dont le nombre est constamment gardé secret par réflexe de flics rongés par le devoir de réserve. Dès que tout ce beau monde est là, le juge appelle le premier inculpé de détention de came, mais dont le procès venait de suite d'être renvoyé, le temps pour l'inculpé de constituer un conseil. Un silence total régnait parmi les inculpés assis en bon ordre dans le vaste box. Pourtant, parmi les détenus, il y avait un jeune qui n'a pas fermé l'oeil la nuit dernière. En effet, après le dîner, la sûreté de daïra du coin avait reçu un coup de fil des voisins l'alertant qu'un jeune adolescent était en train de boxer sa maman. Arrivés sur les lieux, les policiers embarquèrent le fils indigne et sa maman fut invitée au poste en vue de contresigner le procès-verbal... Parce qu'il faut vite le signaler, une mère ou un père qui poursuit son fils pour coups sur ascendants, doit savoir à quoi s'en tenir.

Le dialogue est une arme efficace
Les policiers ou les gendarmes mettent en garde le ou la plaignante sur la lourdeur de la main de la justice. Le fiston n'a jamais compris ce qui lui arrivait à cette heure avancée de la nuit, une heure tardive, une heure où les employés et les élèves se reposent afin de se lever tôt le matin prêts pour une journée d'efforts et de labeur bien fait. Ainsi, face au tribunal, Zinedine. H. vingt ans à peine bouclés, va devoir expliquer son fâcheux geste, ce qu'Allah a interdit en promettant l'Eden à ceux qui respecteront leurs parents.
«Le Paradis est sous les pieds des mères!» affirme le verset coranique. Ça, c'est le tribunal divin. Pour le tribunal «terrestre», c'est le Code pénal et son redoutable article 267. (Ordonnance n° 75-47 du 17 juin 1975) qui dispose clairement et sans aucune équivoque qu'une peine d'un an à cinq ans d'emprisonnement ferme et d'une amende de 100.000 DA à 500.000 DA. En parcourant ce fameux, terrible article 267 du Code pénal, un lumineuse idée nous effleura l'esprit un instant et nous vous faisons part dès lors de cette idée qui peut beaucoup apporter à la lutte contre les auteurs de coups et blessures contre les ascendants: oui, l'idée consiste à réunir les associations qui s'occupent des problèmes qui minent les nombreuses familles désarmées par tant de violences. Pourquoi donc combattre le mal par la répression? Oui, pourquoi donc utiliser la répression à l'intention des jeunes surtout en vue d'enrayer la violence au sein des familles?
Le dialogue est une arme efficace, pour peu que l'on sache aborder, puis parler avec les enfants avant de chercher à les châtier. Zinedine. H. n'aurait jamais dû agresser sa vieille mère qui a difficilement raconté, la voix basse et vibrante comme un chevreuil recherchant son chevreau: «Que c'est à la suite de mon refus de lui remettre 5000 dinars que le petit enfant m'a d'abord envoyé le revers de sa main sur mon visage, avant de me bousculer contre le tapis mis à sécher et qui a cédé sous mon poids. Je me suis retrouvée allongée sur le sol, la lèvre supérieure en sang! Il est sorti, me laissant seule avec du sang partout, sur la face et surtout à la tête qui a cogné contre la dalle de sol, lorsque j'ai été poussé violemment par mon propre sang!» La vieille maman avait fini de déposer sans aucun remords car elle avait mal, très mal, du moment que le fils était gâté, jusqu'au jour où elle lui apprenait qu'elle n'avait pas sur elle la somme demandée.
La jeune procureure leva la main pour intervenir. Le juge fit oui de la tête. Elle se leva et demanda à la victime si son fils, la voyant par terre, ensanglantée, s'était précipité pour la secourir.
- Vous pensez bien que non. Il est de suite sorti pour revenir 10 minutes plus tard, encadré par deux gaillards de la Dgsn. Les flics m'ont demandé de les suivre à l'hôpital pour les premiers soins et l'établissement du certificat médical où il y était transcrit un repos de 21 jours. Pour les hommes de loi, Zinedine était mal parti, avec un petit «mais». Oui, c'était la première fois qu'il comparaissait devant la justice. En quelque sorte, c'était une circonstance atténuante. Mais là aussi, l'article 267 est implacable.

A la maman divorcée
La parquetière demanda une peine d'emprisonnement ferme de cinq ans, c'est-à-dire qu'elle a marché avec l'article 267, alinéa «deux». La mère de l'inculpé ne broncha pas. Il n'avait même pas un avocat pour tenter un coup, mais... Les débats prennent fin avec le dernier mot de l'inculpé. Un inculpé qui s'est confondu en pardon, en pleurs, en demandes répétées d'excuses en direction de sa maman qui est restée de glace, car elle aussi, a essuyé, durant de très longs moments, des larmes et des sanglots déchirants. Sur le siège, le président infligea la peine requise par le représentant du ministère public qui n'en demandait pas tant, mais enfin...
Le juge n'omit pas de rappeler au frais condamné le délai pour qu'il interjette appel. Le malheureux n'a même pas entendu les derniers mots prononcés par le magistrat qui a déjà devant lui un autre inculpé de non-représentation de mineurs à la maman divorcée.

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