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Les médecins, le petit-fils et les psychotropes

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Les médecins, le petit-fils et les psychotropes

Le problème du contrôle des ordonnances par la Cnas, se pose avec acuité...

Les 20 inculpés, dont sept médecins, et huit pharmaciens sont là, debout face à la présidente de la section correctionnelle du tribunal d'El Harrach pour répondre de la grave inculpation de commercialisation de drogue, fait prévu et puni par l'article 17 de la loi 04-18 du 24 décembre 2004.
Un article qui fixe la peine et c'est le moins que l'on puisse dire. A la barre, il y avait pas moins de sept médecins et huit pharmaciens, tous amenés devant la juge d'El Harrach (cour d'Alger) qui les a bien écoutés, tout comme le juge d'instruction, avant elle, n'y était pas allé de main morte durant la longue instruction qui, pourtant, n'était pas à la hauteur des espérances du justiciable. C'est pourquoi la juge a dû refaire l'instruction pour ne pas aller contre l'esprit de justice qui a toujours animé cette magistrate qui, sans trop le vouloir, a fait tomber les quilles pour un jeu plus aéré et juste.
Les huit conseils ont tous plaidé l'ineptie de cette montagne qui a accouché d'une souris! La dernière intervention fut celle de Me Akila Teldja-Drif qui fit un réel tapage car, dit -elle, «ma très jeune cliente, un médecin de 23 ans, est traumatisée par ce qui lui arrive! vous vous rendez compte on lui a reproché, comme au reste des médecins inculpés, de ne pas avoir demandé la carte nationale d'identité au client! C'est inouï, le médecin soigne, et ne peut faire le boulot d'un flic.Un sérieux problème se pose dans le pays, si le contrôle n'est pas de suite instauré, par toutes les parties concernées par la délivrance des psychotropes par les officines qui sont soumises au contenu des ordonnances. Qui dit ordonnance, dit contrôle... Et lorsque nous disons contrôle, nous visons le contrôle à tous les niveaux. Les dealers, eux, ne restent pas les bras croisés. Ils surveillent tous les mouvements, faits et gestes de l'environnement qui souvent leur est favorable. Ils sont là, à l'affût de la moindre défaillance administrative pour vite trouver le sas de l'aiguille et passer à l'action. Les docteurs sont innocents, oui, ils ont besoin beaucoup plus de paix que de farfouillements.
Laissez-les donc reprendre leurs esprits et leur précieux temps! Ils ont assez perdu de temps, depuis le début de cette triste affaire!» s'est écriée
Me Drif, à bout de souffle. Il faut dire que le petit malin Ahmed avait bien appris à se comporter, une ordonnance à la main. Le petit-fils d'un grand malade a appris depuis longtemps comment aider le pépé à trouver les médicaments, surtout en temps de pénurie! Il avait formé une véritable filière et le grand-père était heureux d'avoir ses médicaments à temps. Une fois le vieux disparu, l'homme continua à ramasser les médicaments payés par la Cnas durant trois ans! Le petit malin s'approvisionnait chez les pharmaciens qu'il connaissait très bien, tant et si bien, qu'il devint un caïd des cachets psychotropes! On ne savait pas au début, comment il s'y prenait pour avoir tant de cachets La revente des produits malsains rapportait gros et il n'était pas question pour lui d'arrêter. Faites donc un petit calcul à l'issue d'une grande tournée et vous aurez une nette idée de la petite fortune ramassée par le petit-fils orphelin.
Entre-temps, les pharmaciens fournisseurs, devenus «dealers malgré eux», n'opéraient que le contrôle réglementaire et délivraient les médicaments. Les bêtises aidant, personne n'a compris pourquoi le nécessaire contrôle par la Cnas n'a pas eu lieu. Il a fallu que la police s'en mêle... Pourquoi ne pas avoir demandé à la Cnas le pourquoi de cette défaillance? Le détraqué drogué, avait sur lui, au moment de son interpellation un petit calepin qui contenait tous ses faits et gestes au quotidien. Il transcrivait le moindre détail lorsqu'une fois par semaine, il se rendait auprès d'une pharmacie au lieu de résidence pour s'approvisionner normalement.
Le nom de la pharmacie, la date de la présentation de l'ordonnance, l'adresse et la «marchandise». Il a facilité le boulot des flics, d'une manière inattendue! D'ailleurs, ses aveux à la barre ont été le tournant du procès, pour les initiés, car expliquant mot à mot, l'entreprise «criminelle» qui l'a conduit devant les fermes demandes du procureur: 12 ans d'emprisonnement ferme et 5 ans à l'encontre des 15 autres inculpés qui, somme toute, n'avaient rien à se reprocher, à part la Cnas qui porte l'entière responsabilité du comportement de ce drogué et complètement détraqué d'inculpé!
Après une semaine de mise en examen du dossier, Ahmed fut condamné à 12 ans de prison ferme.

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