Prévisions pour le 13 Decembre 2018

 Adrar Min 6 °C Max 19 °C
32
 Laghouat Min 2 °C Max 17 °C
30
 Batna Min 0 °C Max 12 °C
30
 Biskra Min 2 °C Max 17 °C
34
 Tamanrasset Min 5 °C Max 18 °C
28
 Tlemcen Min 5 °C Max 16 °C
11
 Alger Min 8 °C Max 18 °C
11
 Saïda Min 2 °C Max 16 °C
11
 Annaba Min 9 °C Max 18 °C
30
 Mascara Min 5 °C Max 16 °C
11
 Ouargla Min 5 °C Max 19 °C
32
 Oran Min 11 °C Max 18 °C
11
 Illizi Min 8 °C Max 23 °C
32
 Tindouf Min 7 °C Max 22 °C
32
 Khenchela Min -1 °C Max 15 °C
34
 Mila Min 3 °C Max 18 °C
30
 Ghardaïa Min 5 °C Max 18 °C
32
Accueil |Chroniques | La chronique judiciaire |

La bonne forme du juge, malgré...

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Que celui qui a de la paille dans l'estomac, s'apprête à cracher le morceau.

La salle d'audience du tribunal était pleine à craquer ce matin du mercredi d'automne 2018, un automne toujours chaud et, pour Alger, plutôt humide et agaçant pour les malades qui font un effort pour ne pas être gênés dans leurs désirs de bien faire, surtout en matière de justice. Quoique étouffé par l'air ambiant, le président, un asthmatique chronique notoire, garde toute sa vigueur pour la journée qui s'annonce rude et pleine.
Le juge se voulait être en forme pour bien mener son audience à son terme. Avec une centaine de dossiers dont plus de la moitié, sera reportée à une date ultérieure, le magistrat fera tout pour réussir sa journée, l'unique de la semaine. Il commence alors par appeler à la barre les parties O.K pour renvoyer leurs joutes pour des raisons qui leur sont propres.
Les avocats aussi s'avancent, certains heureux de l'aubaine, car un autre procès les attend quelque part.
Les détenus aussi, vont connaître un sort différent cette journée, du moment que leurs procès seront reportés. Ils seront réunis dans les geôles, bavardant avec les uns, s'amusant avec les autres, de quoi tuer le temps, un temps qui ne finit jamais de s'étirer pour des détenus, surtout ceux qui se savent condamnables! Ce qui justifie le nombre appréciable de flics venus dans le quartier s'enquérir de la situation car, il est fréquent de voir les policiers être dérangés pour rien. Mais, cette fois, le renseignement était le bon et nul n'a eu ce réflexe de s'enfuir, le sang-froid semble les couvrir, pas pour longtemps, puisque la deuxième fouille permet de trouver 6290 grammes de drogue dans l'une des pochettes des jeunes du quartier. Et il se trouve que cette pochette appartient, vous l'aurez deviné, à Saïd. Ce dernier ne comprend pas le manège qui a fait que la came se retrouve chez lui. Il est vrai qu'il lui arrive de jeter ses effets personnels n'importe où, mais pas ce soir- là. Mystère et boule de gomme. Car, dans l'immédiat, il semble qu'il est loin de trouver l'auteur de ce geste qui va ne lui valoir que des ennuis. Il commence d'ors et déjà à revoir le film du début de la soirée jusqu'à l'intrusion des services de sécurité. Il a beau tourner et retourner les images de la soirée, en vain! Six heures passées en compagnie des gars dont il connaît la moitié, sont longues à revoir dans ces conditions de détention préventive. L'officier de permanence vient d'arriver et prévient tout le monde que l'interrogatoire est repoussé de quelques petites heures: «Cela vous permettra de reprendre vos esprits et de dire la vérité, car, qu'on se le dise, nous savons qui est le vrai responsable de cette situation. Alors, vous êtes avertis: que celui qui n'a rien à se reprocher, dorme tranquille. Que celui qui a de la paille dans l'estomac, s'apprête à cracher le morceau!
Tout le monde est «invité» à passer la fin de la nuit au poste, et même le dîner est garanti par l'officier en personne.
Les 10 personnes gardées à vue, tombent comme des ovins ayant gambadé toute la journée sur les parois rocheuses d'un ravin sans fond...
Au réveil, le malheureux Saïd, a un mal de tête terrible.
La nausée qui le prend à la gorge, s'évanouit quand il pense aux interrogatoires, pas si aisés, et à la dure journée qu'il va passer au parquet et tout le tralala qui va avec... Et puis 10 individus à entendre n'est pas une tâche facile pour le procureur et ses adjoints en cette journée d'une sacrée chaleur.
Le matin de la présentation arrive vite et le malheureux Saïd ne peut informer le représentant du ministère public de l'origine de la drogue trouvée dans sa veste. Il n'a aucune autre explication à fournir.
L'audition est reportée pour le lendemain, en ce qui le concerne, du moins. Trois jours après, l'enquête piétine, par manque de reconnaissance des faits reprochés à Saïd qui ne saisit toujours pas comment la drogue se trouvait dans une de ses poches.
Un point important jouait en sa faveur. Il était arrivé de France où il a grandi et donc, il était impossible pour lui d'avoir fait si vite des relations. Et ce point va lui permettre de retrouver la liberté provisoire, d'attendre la date du procès qui n'aura lieu finalement que deux mois après les faits, les flics avaient remonté la filière qui les a conduits au fameux dealer qui a reconnu les faits, mais pas expliqué comment la drogue s'était retrouvée dans une des poches du pauvre gardé à vue, qui apprit à ses dépens le fameux adage qui laissait entrevoir le «dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es!» Oui, Saïd était nouveau dans le quartier, et se devait de voir d'abord avant de se mettre à fréquenter des jeunes, qu'il n'a jamais connus auparavant. C'est peut-être que cela a coïncidé avec l'entrée du mois d'octobre et qu'il n'y a vu que du feu! Il faut aussi qu'il reconnaisse que dans le monde entier, dans tous les quartiers populaires, la méfiance est de mise, pour ne pas dire la vigilance. Belle leçon, assurément, à méditer car Saïd n'est pas près d'oublier les nuits passées dans les geôles de la police dont les éléments ont fait preuve d'indulgence car nous en connaissons qui... Aie! Aie! Aie! Taisons-nous!

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha