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Vol de pièces détachées

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Vol de pièces détachées

Dalil S. est un employé d'une entreprise nationale depuis 2016. Il est surpris en fin de 2018 en pleine opération de vol.

A la barre, un commerçant est inculpé de recel (article 387 du Code pénal). Le second est inculpé de vol de pièces détachées dans un magasin d'une entreprise qui lui offre, ainsi qu'à ses enfants, le pain quotidien. Les deux avocats jouent sur l'aveu du voleur, les regrets du receleur. L'un d'eux évoque même la maladie de l'enfant du détenu et donc le besoin d'argent pour acquérir les médicaments, l'a poussé au délit. «Si ce n'est pas un vol d'un affamé, je me demande bien de quoi il s'agit! Il devrait bénéficier de circonstances atténuantes», dira plus tard le conseil de l'inculpé en guise de prétexte avec l'avocat! Le juge haussera les épaules en signe de désaccord, mais ces excuses, si en droit, peuvent émouvoir des magistrats, ne font pas des amateurs parmi eux, ligotés par l'inculpation et l'opportunité des poursuites. Les deux plaideurs, malgré le talent, ont dû suer sang et eau et ont beaucoup souffert en défendant avec beaucoup de conviction et de gesticulations, leurs deux clients inculpés de vol et de recel.
La partie civile, représentée par un jeune plaideur débutant, mais menaçant, a demandé tout juste 120 000 dinars de dommages et intérêts et ô comble de l'ignorance, «l'application de la loi» car les peines de prison y compris l'application de la loi, sont demandées exclusivement par le procureur. Dalil permet à la juge de bien dominer les débats. Vous savez, un inculpé qui crache le morceau est généralement bien vu par les magistrats. Le receleur, lui, tombe franchement des nuages, lorsque lors du réquisitoire, le parquetier s'armera d'une tronçonneuse pour mettre en pièces le recel. «Il n'y aura plus de voleurs avec la disparition des receleurs qui demeurent, qu'on le veuille ou pas, les caches des objets volés!» tonne le représentant du ministère public. car la loi est si dure... A l'issue de la plaidoirie du parquetier, un murmure avait baigné l'assistance qui a adoré que «l'enfonceur» se soit planté et que le parquetier, dont la mission principale est l'opportunité des poursuites, s'amuse à taquiner les inculpés, quels qu'ils soient.
Le volet plaidoiries a été à la hauteur de la bonne réputation des plaideurs, toujours raffinés, subtils, mais appelant le chat, chat! Si le premier conseil, s'est longuement étalé sur les besoins vitaux de son client, l'autre défenseur, fidèle à ses traditions, s'est contenté seulement de rappeler au tribunal que son client ne savait pas que Dalil avait volé la marchandise. Le représentant du ministère public n'y est pas allé de main morte. Il demande aisément et tranquillement pour le voleur une peine de 18 mois d'emprisonnement ferme et une peine de prison assortie du sursis pour le receleur qui en est à son premier délit, sinon la récidive aurait été abordée, et les dégâts avec.
Mais il n'y a pas que le drame qui a prévalu. Le côté risible du procès, c'est le témoin, chef de service, qui a déclaré sans rire qu'il avait surpris Dalil volant les pièces détachées, un casse-croûte à la main, et une canette de jus dans l'autre. Mais l'info était incomplète pour tout le monde, y compris les magistrats dont l'un d'eux s'exclama, histoire d'avoir le coeur et l'esprit nets: «C'est risible, mais, voyons, il y a un hiatus dans cet imbroglio! Avec quoi volait-il les pièces, si ses deux mains étaient occupées avec le casse - croûte et la petite cannette?».
La réponse du gus était toute prête à l'emploi, comme dirait l'autre. Il a même 15 secondes à gaspiller, le temps de lancer une boutade, du genre: «Il se débrouillait pour grignoter, mâcher, de bien mâcher, de quoi avaler, en profitait pour ôter une pièce détachée et il n'est pas question de se déplacer pour des bribes, car il n'est aussi pas question, une fois sur place, de ne pas s'emparer de la pièce la plus chère possible!». La juge est bouche bée. «Allez rendre justice à de pareils énergumènes qui trouvent tout de même le courage d'avoir des remords!», marmonne la présidente qui hochera la tête en signe de désespoir.
Le verdict a été mis en examen en fin d'audience, le temps pour la présidente de réfléchir avant d'infliger une peine de prison ferme de six mois et d'une amende de 50.000 DA.
Le frais condamné à 10 jours pour interjeter appel, si toutefois il s'estime bafoué! Oui, il y a comme cela, des condamnés qui n'ont pas froid aux yeux et qui une fois de retour aux geôles, vous diront qu'en appel, tout a été mis en place, pour qu'ils retrouvent la liberté!

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