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Qui de maman ou de madame?

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Un père de famille de cinquante ans est détenu pour avoir agressé sa vieille maman âgée de quatre-vingt-neuf ans, le jour du procès.

Des débats renvoyés trois fois pour cause de malaise de l'inculpé à chaque fois qu'il descendait du fourgon dans la courette du tribunal où il devait être jugé. Et à chaque déplacement au tribunal, il finissait la journée à l'hôpital, suscitant inquiétudes et pleurs de ses enfants et de madame qui n'en finissait pas de maudire le destin qui l'emmena chez sa belle-mère dont elle ne veut pas dire du mal. Ce mercredi donc, Meziane F. se présente devant la juge, visiblement en superforme car le rôle d'aujourd'hui est légèrement facile au vu de celui de la semaine dernière, gonflé à bloc.
Le détenu est raide comme un «i» majuscule. Mais la tête est baissée et pour cause. On ne vient pas tous les jours au tribunal pour avoir battu sa mère, quelles qu'en soient les causes! Il a la tête baissée surtout depuis qu'il a vu ses deux ados assis au milieu de la foule, nombreuse ce matin. Des enfants meurtris de voir le père en prison et la mémé, venue en qualité de victime de coups et blessures volontaires
Comme on peut aisément le constater, le législateur a prévu les quatre cas de gravité du mal fait aux parents. C'est ainsi que Meziane F. n'a jamais pensé en arriver là, où il se trouve désormais, suite à une colère passagère non contenue au bon moment.
Et voilà le résultat! Or, il n'est pas encore sorti de l'auberge car, les débats n'ont même pas commencé et ne sont pas en voie de finir en faveur du fils «maudit» tant les charges doivent peser sur sa langue, ses épaules et sur sa conscience. Quels sont les arguments de Meziane face au tribunal conduit par l'ordonnance de renvoi et la conscience que le président veut préserver de toutes les tentations y compris de faire dans le «sentiment»?
D'ailleurs, aucun magistrat ne peut faire du sentiment lorsqu'il s'agit de coups sur ascendants. Après avoir entendu la maman-victime raconter la raclée reçue, le juge pose une bonne question précise au pauvre inculpé - détenu qui dévoilera les intentions du tribunal: «Dans tout ce que vient de raconter votre maman, y a-t-il un seul mot de trop ou de travers? Répondez à la question, tout simplement et sans aucun, même petit, commentaire!» Le gus ne répond pas. Le juge revient à la charge et veut avoir une réponse. Il est important que l'inculpé réponde car la suite du procès en dépend.
Le malheureux Meziane s'approche du pupitre du juge et veut lui répondre à l'oreille, on ne saura jamais. Le magistrat, dont il faut préciser la haute taille, recule de quelques centimètres la chaise, fait non de la tête, des épaules et de l'index: «Non, inculpé! Ici, on parle fort, que toute l'assistance entende ce que vous avez à dire!» tonne le juge qui a démontré par là, qu'il n'est pas prêt aux «concessions».
C'est alors que, désespérément, le corps plié en deux, le «supplicié» et «martyrisé» fils, remonté par son épouse, Meziane s'effondre tout en larmes, en murmurant: «Oui, ma mère ne m'a dit que la vérité. Je n'aurai jamais dû écouter madame et ses racontars. Je demande pardon à Allah, à ma mère et au tribunal, je regrette amèrement de m'être emporté et d'avoir commis ainsi, il y a un mois de cela, le plus grand et le vil des pêchés!» pleure le détenu qui n'entendra même pas la jeune procureure réclamer quatre années d'emprisonnement ferme, sans avoir pris compte des excuses, des
regrets et des torrents de larmes versés en trente secondes! Un silence de recueillement prend la place des sanglots de l'inculpé.
Le président ne perd pas de temps, rédige sur le siège le dispositif et inflige une peine de deux ans fermes à Meziane pour coups sur sa maman qui quittera la bâtisse, meurtrie et tête basse...

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