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Pour pleurer

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Au «pays des Purs», c´est ainsi qu´en ourdou, on appelle le Pakistan, on vient d´assassiner un symbole. Une femme! Belle, brillante, riche (c´est une Bhutto) cela fait comme une lumière sur la face hideuse de ces hommes en treillis ou en gandoura qui se sont pris par deux fois pour lui faire rendre gorge. Sont-ce les sbires de Musharref ou les toqués d´El Qaîda? Qu´importe! Les islamistes, décidément, ne se feront jamais à la beauté, à l´intelligence et au courage. Ses ennemis ne sont pas l´ignorance, l´intolérance et la pauvreté, mais les femmes et la science. A la lumière, ils préfèrent l´ombre, au développement, l´incantation et à l´avenir, la chimère. Madame Benazir Bhutto est morte. Oui. Mais, ce n´est ni un haut fait d´armes, ni quelque victoire sur quelque ennemi supposé réel ou virtuel. C´est juste une lâcheté. Un acte immonde et nauséeux qui n´honore pas les Pakistanais.

Pour s´indigner
Quand on tousse à Alger, on se fait une méchante grippe en Mauritanie. Il est ainsi le sort des petits pays, quand ils sont frontaliers avec des contrées à fortes turbulences. Quatre touristes assassinés et la pauvre Mauritanie est sens dessus-dessous, de peur de perdre les 20 millions de dollars que lui rapporte, bon an mal an, un tourisme poussif. Alors pour préserver cette manne miraculeuse, on délègue une espèce de rédacteur en chef d´on ne sait quel organe officiel pour pousser la complainte. Ainsi les terroristes mauritaniens, d´après ce «faiseur d´opinions», ne sont que des membres du Gspc algérien et qu´en somme, les bédouins de Nouakchott sont incapables de faire le coup de feu. L´Algérie a bon dos. Quelques jours après cet odieux meurtre, trois militaires mauritaniens sont, à leur tour, assassinés. Cette fois, le scribe officiel qui bafouillait à la télé s´est effacé devant un agencier de l´AFP. Ce pique-assiette de sous-préfecture s´est fendu d´un papier bateau comme seuls des faux-culs savent en faire. Il affirme que les criminels sont des Algériens. Les autorités mauritaniennes les ont-ils arrêtés pour déterminer leur nationalité? Non! Le plumitif des sables les a-t-il interrogés? Non! Alors, il a écrit comme on pisse dans ce nouveau fourre-tout qu´est devenu un grand journal parisien. L´Algérie a bon dos. C´est la fabrique à l´échelle régionale de la crapule et du tueur. Il suffit de l´écrire. On espère, toutefois, qu´avec ces allégations et ces écrits orduriers, la Mauritanie puisse sauver sa manne touristique. Les organisateurs du Paris-Dakar vont-ils maintenir le passage par ce pays meurtri? On en doute. Mais s´ils s´y refusent, faut-il alors envisager une indemnisation financière, puisque ce sont «nos terroristes» qui ont provoqué le préjudice. Tous les journalistes de Mauritanie et de Navarre nous présenteront tantôt la facture. On a bon dos, mais on saura aussi payer rubis sur l´ongle. Comme toujours...

Pour rire
Au secours! Les moutons sont parmi nous. Ils nous sont certes familiers, mais cette proximité à quelque chose d´incongru et peut surprendre certains d´entre nous. Ainsi, donc, le paysage urbain se transforme et s´adapte à l´espèce ovine. Et les moutons ne boudent pas, à l´inverse, leur plaisir de prendre l´ascenseur. Cette année peut être placée sous le signe du bélier. Ils sont cornés, couillus, comme les aiment, semble-t-il, les femmes qui, dit-on, dans les beaux quartiers, répugnent à voisiner avec la brebis à muscles lâches et l´agnelet dont le bêlement plaintif est aussi intelligent que celui de leurs garnements qui préparent le brevet. Elles enduisent leurs cornes de henné, les parent pour le grand soir, signe nouveau, de colliers bricolés à partir des détendeurs de gazinières. En somme, si les hommes aident à une extinction accélérée des ovins, les femmes aiment à posséder, avant sacrifice, des bêtes aux attributs turgescents. Comme quand dans une couche en bataille des cris étouffés d´humains se transforment en miaulements de félins. Nos rues ont donc quelque chose de panurgique. Aires de pacage, échoppes transformées en lieux de vente, balles de foin et de paille qui jalonnent nos trottoirs défoncés. Ce n´est plus la campagne à la ville, comme disent joliment les poètes, c´est plutôt l´écurie et l´égout. Et les autorités sanitaires qui s´époumonent sur les ondes radiophoniques à demander d´enterrer profondément les abats de peur de quelque kyste hydatique? Quel kyste qui soit si dangereux en Algérie? On se demande si le rédacteur de ce spot n´est pas quelque précieux qui n´a jamais vu un gamin rire en portant une tête ensanglantée d´un mouton qu´il promenait encore la veille au Télemly? Allons, donc! Quand un mouton occupe la chambre d´amis, la prévention c´est comme prescrire un footing pour un hémiplégique. Alors, les lois, les règlements, les arrêtés de wilaya et tout le tintouin des mesures administratives qui limitent la circulation des animaux (sic) au milieu urbain, c´est pour ainsi dire, du foin. Nos policiers qui quadrillent vaillamment la ville, ont-ils, lors des barrages filtrants, intercepté quelques troupeaux qui risquaient de nuire à la sécurité publique? C´est pourtant un peu plus bruyant et plus visible qu´une bonbonne de gaz. Aussi quand, M.Ali Tounsi, directeur général de la Sûreté nationale, nous affirme qu´il a désormais un plan pour dissuader les kamikazes de venir chahuter notre quiétude, on est enclin à lui dire qu´il devrait d´abord l´essayer à endiguer le déferlement de l´espèce ovine. Un mouton bouté hors de nos murs est un de ces exercices qui nous ferait la main.

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