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Sacrée patate!

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M.Djaâboub, le bien nommé, est donc ministre du Commerce. J´avoue n´avoir appris cette bonne nouvelle qu´en lisant récemment une notule insérée dans la page «Confidentiel» de L´Expression. S´il est resté dans ce douillet anonymat, c´est qu´il n´a pas eu les opportunités qu´offrent les poseurs de bombes, les barrages qui se fendillent, les grèves scolaires et même cet accord stratégique pour on ne sait quelle fin, signé entre le ministère du Tourisme (matière soluble dans l´environnement) avec, s´il vous plaît, le directeur de la SIH qui a fort à faire, par ailleurs, avec une résidence d´Etat déglinguée, (murs lépreux, chaussée détruite et un restaurant couché sur la plage).
M.Djaâboub a eu, toutefois, me dit-on, une occasion de rêve pour faire parler de lui et, accessoirement, du maroquin ministériel qu´il occupe à partir duquel il a lancé l´idée géniale de la «pomme de terre détaxée». Quel privilège pour un tubercule d´échapper à la redoutable TVA! Mais quoi qu´on en dise, M.Djaâboub est, sans doute, le seul ministre de ce gouvernement à entrer dans la postérité. Acheter pour 160 milliards de dinars de patates et créer une marque de fabrique «Pomme de terre détaxée», ce n´est pas rien et la République magnanime, saura, dans son infinie bonté, être reconnaissante. Voyez-vous, être ministre c´est une question de hasard. Il y en a qui fourragent dans des opportunités dingues pour se faire un nom, voire un prénom, comme dans l´affaire Khalifa, et qui en sortent plus anonymes qu´ils n´en sont entrés, et il y en a d´autres, comme M.Djaâboub, où une seule et sale affaire de pénurie de pommes de terre suffit à porter au pinacle. 160 milliards de dinars, disent les méchants, ça n´a pas fait baisser les prix, pour le coup! Et puis, les consommateurs, de mauvais commerce, continuent à bouder les patates canadiennes, américaines, espagnoles, tchèques, hongroises...pour apprécier les locales, quand bien même elles sont rabougries et terreuses. En Algérie, grâce à ces importations massives, on compte plus de nationalités dans la pomme de terre que dans les peuples qui nous visitent. C´est un autre fait d´armes qu´il faut souligner! M.Djaâboub, quand il fait un coup, il en fait plusieurs. Tant qu´à faire...! Tout le problème, enchaînent ces méchantes teignes, c´est qu´avec 160 milliards de dinars on peut construire 40.000 logements luxueux. Et puis avec un peu de pédagogie, on pourrait demander à nos concitoyens de se fourrer aux pâtes alimentaires au lieu de ces problématiques patates. Mais pour produire de la tagliatelle, il faut de la farine...Ne soufflez pas cette solution à M.Djaâboub, il risque d´y consacrer toutes nos réserves de change. A la fin du mois, il paraît qu´il va colloquer pour régler définitivement tous ces menus problèmes d´intendance et répondre, s´il y daigne, à ce prix toujours élevé de ce tubercule. Mais la réponse est déjà dans la question: que peut-on faire avec 160 milliards de dinars? Quasiment rien.

Après les gorges et les poteaux
Les islamistes, signe des temps, sont préoccupés par les problèmes d´éducation... Evoquer ce sujet dans un «madjliss choura» c´est comme parler de corde dans la maison d´un pendu. Ainsi, selon un sondage qui circule sous la burka, la wilaya de Khenchela détiendrait le triste et peu valorisant record d´analphabétisme. Ce qui surprend dans cette déclaration que va apprécier leur «ami» et congénère, le ministre de l´Education nationale, ce n´est pas le fait de faire porter un bonnet d´âne à une région d´Algérie. Ça, c´est convenu! On sait, par ailleurs, que l´analphabétisme est la seule chose qui soit la mieux partagée dans un pays où, précisément, l´islamisation de la société a ravagé le système éducatif. Non, ce qui étonne, c´est leur intérêt pour les choses de l´esprit. On espérait jusque là que les gorges et les poteaux leur suffisaient. Mais voilà, à ce niveau d´hégémonie, on devient boulimique...A l´usine, à l´asphalte et autres broutilles...faut-il leur ajouter l´Education nationale. A la veille d´un probable remaniement ministériel, pourquoi ne pas montrer les crocs. Dans un pays où l´imposture est une valeur refuge, les islamistes, rompus à l´exercice, jouent, assurément, sur du velours. Restent, Khenchela et son élite délitée.
M.Brerhi (ex-ministre), M.Benghanem (ex-P-DG de Sonelgaz), M.Djeridi (ex-P-DG de la BEA), M.Henni (ex-P-DG de la Cnan), M.Benabbès (ex-P-DG de la BAD), M.Khelil (ex-P-DG de Air Algérie) et tant d´autres amis doivent être pliés de rire en apprenant que le monde de la brutalité s´inquiète du quotient intellectuel des Aurès. Khenchela ne souffre pas, messieurs, d´analphabétisme, Dieu l´en garde, mais d´exclusion. Et l´école algérienne est comme cette auberge espagnole où l´on amène ce que l´on veut bien manger. Des sourates ou des formules algébriques? Chacun, en vérité, mesure les performances de cette école à l´aune de ses convictions. Ou de son idéologie, pour être plus exact.

Honni soit qui mal...
La Grande Mosquée d´Alger, nous y voilà! Après les atermoiements d´usage et les simulacres de bouderies devant des maquettes, il est vrai, peu excitantes, M.Bouteflika a fait son choix. Choix de souverain, choix arbitraire, mais enfin nous n´allons pas pinailler sur la forme d´un minaret ou sur les galbes d´une coupole. Nous n´avons ni l´envie, ni la compétence pour débattre de l´esthétique d´un édifice religieux. Mais, le problème est, sans doute, ailleurs. Quid des voies d´accès? Cinq prières par jour et 120.000 personnes par vague, c´est plus, sans doute, que ne peut supporter la voie express. Quid aussi de la sécurité? Imaginons, comme cela se fait à Téhéran, que le vendredi, les fidèles décident d´exprimer quelque ras-le-bol, quelle armée peut-elle alors faire digue? Quid enfin, du génie national? Après les routes, les voies ferrées, les ponts, les logements...s´accommodera-t-on de ces étrangers qui vont bâtir, aujourd´hui, nos mosquées? Les Français ont mis plus d´un siècle à construire notre Dame de Paris sans le secours de Chinois, le Duomo de Florence n´a pas eu besoin d´Albanais et la Chapelle Sixtine a été décorée par l´Italien Michel-Ange. Il serait tout de même amusant d´observer la réaction des musulmans algériens qui iront prier dans une mosquée construite par des Allemands qui mangent du cochon et boivent de l´alcool. Après l´ostracisme culturel qui a frappé Riadh El Feth dénommé perfidement «Houbel», il est fort à parier que cette grande mosquée sera plus qu´ostracisée, elle sera honnie.

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