Prévisions pour le 26 Septembre 2018

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Pénuries et profits

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Hier après-midi, j´ai été chez mon épicier et je l´ai trouvé embarrassé, une quantité importante de yaourts encombrait son immense appareil frigorifique. Des yaourts de toutes les couleurs, tous les parfums, toutes les dénominations. Il ne manquait que celle qui porte le nom prestigieux d´un grand berbère dont le nom avait une consonance voisine du vocable d´origine bulgare. J´ai fait part à mon épicier de mon étonnement de voir autant de pots de yaourt et de ne pas apercevoir la moindre trace d´un sachet de lait pasteurisé. La pénurie du lait ne s´appliquerait donc pas au yaourt. «A moins que ce dessert boudé par les clients ne soit pas fait du même lait», avais-je pensé à voix haute. L´épicier me sourit et rétorque: «Tu n´as pas remarqué que durant certains jours de fête, les boulangers ne font pas de pain mais continuent à produire des pâtisseries à profusion. Le mystère réside dans le bénéfice réalisé dans les produits fins. On fait plus de profits dans les pâtisseries et les yaourts que dans le pain ou le sachet de lait qui sont les produits de base...»
Alors, pourquoi ne pas faire de péréquation: investir dans la production du lait les bénéfices réalisés dans le yaourt? Question qu´il faudrait creuser. A moins que les profits réalisés dans ce noble dessert ne soient pas assez élevés. Tant de questions sans réponses pour le profane qui voit, chaque jour, s´éroder davantage son pouvoir d´achat, ramènent toujours le citoyen aux éternels questionnements sur la nature du régime qui a remorqué le «radeau de la méduse» depuis deux décennies. On devrait se remettre en mémoire les circonstances dans lesquelles ont été réprimées les protestations des travailleurs de l´Onalait, quand les autorités de l´époque avaient refusé de mettre les moyens adéquats pour renforcer le service public. Comme dans tous les secteurs où le service public a connu des obstacles de toutes sortes, des restructurations commerciales, le secteur privé s´est engouffré avec des promesses d´amélioration: quelques années, c´est le désenchantement. Non seulement les cahiers des charges ne sont pas respectés mais encore, le secteur privé veut imposer ses prix. Que ce soit dans le domaine des transports publics, la médecine ou alimentaire, c´est le client qui est le dindon de la farce. Ne parlons pas de ce qui se passe dans l´enseignement privé et des farces d´éducation qui y sont jouées. On envisage avec effroi, le jour fatidique où un pouvoir illuminé décidera de jeter le secteur de l´énergie dans les bras du privé: il n´y a qu´à se remettre en mémoire les pannes gigantesques et la pénurie d´électricité qu´a connues la Californie (3e économie du monde), ces dernières années pour s´attendre à ce que, dans un pays du tiers-monde où la loi est dure à appliquer, les conditions d´existence des couches défavorisées n´empirent. Entre une politique des salaires tirés vers le bas et une politique des prix toujours en hausse, l´Algérien aura du mal à voter avec un bulletin.

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