Prévisions pour le 25 Septembre 2018

 Adrar Min 25 °C Max 35 °C
30
 Laghouat Min 17 °C Max 30 °C
34
 Batna Min 13 °C Max 25 °C
30
 Biskra Min 21 °C Max 32 °C
34
 Tamanrasset Min 22 °C Max 30 °C
23
 Tlemcen Min 16 °C Max 27 °C
32
 Alger Min 21 °C Max 26 °C
34
 Saïda Min 18 °C Max 29 °C
32
 Annaba Min 21 °C Max 27 °C
34
 Mascara Min 16 °C Max 30 °C
32
 Ouargla Min 23 °C Max 34 °C
32
 Oran Min 21 °C Max 26 °C
34
 Illizi Min 24 °C Max 36 °C
30
 Tindouf Min 23 °C Max 33 °C
32
 Khenchela Min 13 °C Max 24 °C
30
 Mila Min 17 °C Max 26 °C
30
 Ghardaïa Min 20 °C Max 31 °C
32
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La vie continue

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Il est rassurant de constater que les Algériens n´ont pas perdu le goût de vivre malgré les catastrophes qui s´accumulent et les innombrables épées de Damoclès suspendues au-dessus de leurs pauvres têtes précocement dégarnies.
D´habitude, les mariages (enfin les cérémonies avec leur éternel rituel fait de défilés impressionnants de tonitruantes voitures, d´agapes qui se prolongent tard dans la nuit et de concerts qui ne finissent qu´avec l´aube), se font en été quand le sang déjà chaud des Algériens se met en ébullition, monte à la tête comme dans une cafetière sous pression, sèment la confusion dans toutes les prévisions dûment établies par des années de calcul...Il faut voir d´ailleurs avec quelle générosité sont distribuées les économies patiemment accumulées: juste pour montrer aux voisins, aux parents, aux amis que le fils ou la fille que l´on marie vaut tous les sacrifices du monde...C´est sous une pluie battante que je suis convié à une telle fête où convergent des centaines de gens venus de tous les coins de l´Algérois: la rue empêtrée dans des travaux qui ne finissent pas de transformer le paysage en une immense balafre qui saigne la chaussée bordée d´immeubles en ruine. Dans le quartier, on détruit et on reconstruit de nouveaux édifices qui vont servir à la nouvelle classe des heureux bénéficiaires de dividendes de la manne pétrolière. Les gens s´engouffrent dans le couloir, énorme boyau qui évacue la chaleur de la salle. On secoue les parapluies.
Les parents du marié, accueillent les divers invités, en tentant de reconnaître et de distinguer les alliés, les amis ou les collègues. C´est l´occasion de contempler dans la salle où s´affairent une dizaine de jeunes qui servent et desservent les tables, la galerie de portraits: les humbles, les riches, ceux qui ont réussi et ceux qui s´accrochent à la vie, malgré tout. Dans le brouhaha général, les embrassades succèdent aux retrouvailles. On demande des nouvelles d´un tel, on évalue la santé des autres. Les flashes des appareils photo crépitent tandis que les mâchoires se mettent en roue libre. On pose pour l´éternité. Le père est aux anges, lui qui hier encore, affichait une pâleur inquiétante, arbore une mine réjouie. La rougeur du visage frise l´apoplexie.
Il est le centre de toutes les attentions. Ceux qui ont réussi sont plus sollicités que d´autres. Leur mine et leurs costumes attestent de leur rang dans la hiérarchie sociale. Mais la diversité des genres interdit toute discrimination: les imberbes et les barbus mangent à la même table et les discussions vont bon train. Tous les thèmes y sont abordés. Mais, curieusement, personne ne parle des attentats du 11 avril. C´est normal c´est la fête. La douleur est taboue. Pourtant l´ambassade américaine n´a pas manqué d´annoncer à droite et à gauche. La vie continue. Les manoeuvres aussi.

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