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Le peintre

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C´est un miracle que dans une société qui a toujours persécuté le culte de l´image, on arrive à constituer un très riche fonds de documentaires et films qui donne la plus fidèle image du temps qui est passé, un siècle de photos; voilà le défi que devraient relever ceux qui ont méticuleusement constitué d´imposantes collections d´instantanés: qu´ils aient volé ces images dans les institutions publiques ou qu´ils les aient eux-mêmes réalisées, leur communication au public les absoudra de tous les péchés ou du manque de professionnalisme. Comme je le disais, la méfiance du culte de l´image a relégué cette dernière à la taille de la miniature qui, en elle-même, est l´art des riches, des riches seulement. Après cette digression, il convient de saluer l´initiative d´encourager l´exposition de photographies qu´elles soient l´oeuvre de nationaux ou d´étrangers conquis par la luminosité qui règne sous nos latitudes, car c´est un véritable exploit culturel que d´arriver à instituer une traduction picturale. Je me souviens toujours de l´immense curiosité des enfants en guenilles que nous étions, de voir un jeune étudiant en vacances, venir sur la place du village et s´y installer. Il fixait une toile sur son chevalet et avec des gestes qui nous paraissaient appartenir à un quelconque rite barbare, il prenait en fermant un oeil et en fixant le crayon tendu au bout de son bras, les proportions des différents éléments qui meublaient dans l´immense profondeur du champ qui s´étalait de la modeste place du village jusqu´à la ligne bleue de la chaîne montagneuse où culmine majestueusement avec son cône blanc, le haut Tamgout. Les enfants dépenaillés voyaient peu à peu surgir de la toile, au bout du léger pinceau qui semblait, au son d´une inaudible musique, mener un ballet aérien. Le jeune peintre se pinçait les lèvres, tirait la langue, agitait furieusement son pinceau sur une palette où gisaient des crottes de peinture.
Il mélangeait tout cela sans quitter la palette des yeux, puis faisait naître sur la toile muette des silhouettes d´un décor qui nous était très familier. D´abord, c´est la svelte taille d´un minaret crénelé qui s´élançait dans l´azur. Un modeste minaret certes, mais qui dominait implacablement les modestes masures disposées autour. Les grenadiers aux vertes feuilles rouillées qui entouraient le jardin de la zaouia (où on semblait entendre encore le cliquetis familier de la noria...) faisaient une ceinture à la mosquée. A côté, c´est le toit de chaume de la vieille forge du village où s´engageait l´interminable dialectique du marteau et de l´enclume et tout autour de la place, les silhouettes des figuiers rachitiques aux troncs déformés par la sécheresse et la maltraitance: les gosses du village exerçaient leur jeune talent d´acrobate sur ces arbres rustiques. A gauche, il y a le vieux marabout aux murs lépreux qui veille consciencieusement sur la paix civile qu´il a ramenée un jour dans les pans de son burnous.
Plus bas, les tuiles rouges de la vieille fontaine publique qui coule depuis des siècles, depuis que des Romains ont capté le cours mystérieux d´une source intarissable. Les traces de leur campement ont été situées sur les vastes champs s´étalant au-dessus de la fontaine, mais le peintre tournait le dos au camp, tant il était obsédé par la ligne bleue de la montagne qui interdisait tout passage à la brise marine.
Même les gosses bruyants ne le dérangeaient pas. Dans sa tête et au bout de ses doigts s´égrenaient les notes d´une musique qui le hantait. Et c´est cette musique qu´il essayait de rendre avec son pinceau léger et rapide. Le peintre était un talentueux accordéoniste.

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