Rien ne va plus!

Vraiment, rien ne va plus! D´abord, il y a cette chaleur implacable qui écrase un pays assoiffé! La sueur dégouline de partout. Les vêtements sont trempés. Même les douches répétées n´arrivent pas à éteindre le feu qui brûle la peau et les eaux. Heureusement, tout le monde n´est pas logé à la même enseigne: ici, les climatiseurs tournent H24 et là, des mains invisibles attisent les incendies des forêts. Dans tout cela, le pauvre citoyen désemparé et pas du tout attiré par le bord de mer parce que c´est trop loin, parce que c´est trop cher, ou parce que c´est trop surpeuplé, ne sait plus où donner de la tête. D´abord, il y a la chaleur insupportable qui agit négativement sur tout: les prix à la consommation flambent! Fruits et légumes sont intouchables. Encore un peu on se demanderait si, comme après l´adoption du nouveau franc, on n´aurait pas oublié une virgule quelque part. La virgule, c´est le salaire, la retraite, la pension qui, miraculeusement, échappent à toute dilatation intempestive grâce à l´effet prolongé d´une austérité programmée à l´ombre des climatiseurs. Pauvres vieux! Non seulement ils ont sué pour arriver jusqu´à la retraite, mais encore, ils doivent suer dans les salles surchauffées des centres payeurs pour toucher leur portion congrue. Quelles statistiques pourraient un jour donner le bilan d´une vague de chaleur sur une frange de la population usée, paupérisée et délaissée par les autorités locales ou nationales. Mais mon vieux, les décideurs ne sont pas des gérontologues ou des gérontophiles! Quand un vieux meurt, c´est toujours de mort naturelle! On n´en parle plus! Il faut peut-être un jour, parler de la manière dont ils sont reçus dans les hôpitaux! Que sera demain quand l´ espérance de vie suivra le cours du brut? Le prix du brut? Parlons-en! Il atteint des sommets record! Tout le pays est en récession: agriculture, sport, culture...Mais le prix du brut, lui, grimpe aussi vite que les produits alimentaires. Tiens! Les produits dérivés du lait ont commencé à dériver bien avant que M.Belkhadem ne l´annonce, l´offrant en primeur aux responsables du syndicat officiel réunis en CE. Le syndicat, lui, glose toujours sur une prochaine grille des salaires de la Fonction publique qui ne prendra effet, tenez-vous bien, qu´en juillet 2008, quand le prix du brut atteindra 100 dollars et celui de la patate amère 100 dinars. Les salaires peuvent toujours attendre. Encore heureux, celui qui a un salaire et qui est déclaré à la sécurité sociale. Et celui qui travaille au noir. Il existe ou il n´existe pas. To be or not to be...Sidi-Saïd, lui, prône toujours le dialogue. C´est ce qui manque dans le cinéma algérien: des dialoguistes, toujours avec le bon mot pour faire vivre les désespérés afin qu´ils puissent patienter jusqu´à l´avènement d´un homme providence qui se penchera de nouveau sur les masses déshéritées. Heureusement que, à côté de tout cela, il y a le feuilleton de l´été qui agit positivement sur le volume des ventes des feuilles de chou: les échanges d´amabilités entre anciens décideurs et ancien décidé: après les incomplètes révélations des uns et des autres! Juste pour allécher le lecteur friand de scandales sans grande conséquence. Vivement les confessions des autres survivants de la pagaille d´Alger!

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