Les règles du jeu

Décidément, rien n´est éternel sur cette terre. Le temps, inexorable, passe insensiblement sur tout ce qui existe et l´abat, l´efface ou le transforme. Il n´y a pas que le temps ou les différents éléments de la nature qui agissent sur l´environnement.
L´empreinte de l´homme est de plus en plus visible, non seulement les effets néfastes de son activité influent considérablement sur le climat ou la pollution, mais aussi certaines puissances n´hésitent pas à changer les règles du jeu de la coexistence, sitôt qu´elles ont acquis une supériorité technologique qui leur permet de changer les techniques de production et le modus vivendi. Quand le charbon était la principale matière première qui faisait tourner les industries des pays développés, personne ne faisait attention à leur impact sur les villes et les campagnes. Seuls quelques poètes en herbe osaient, dans leurs chansons, glisser des allusions telles que «en quittant les murs gris et les noires cités», regrettant amèrement la vie au grand air et la campagne reverdie...
Il a fallu que le pétrole arrive pour que les pays développés abandonnent le charbon dont l´extraction était devenue trop chère. Ces pays contrôlaient les prix internationaux du pétrole par divers subterfuges allant de la guerre au coup d´Etat. Peu à peu, ils ont commencé à se défaire de ces industries polluantes pour les refiler à un tiers-monde où le chômage sévit à l´état endémique. C´est la période des délocalisations. Mieux encore, ces pays se sont mis à inventer une taxe sur les produits fabriqués grâce à une technologie polluante telle que le charbon, le pétrole ou le gaz. Car les pays développés utilisent maintenant de l´énergie nucléaire à profusion.
Ces méthodes, évidemment, pénalisent les produits des pays émergents comme l´Inde, la Chine ou le Brésil, qui n´utilisent ni énergie nucléaire suffisante ni pétrole. Il est clair que le débat international est biaisé par l´attitude arrogante des pays nantis. Comme deuxième exemple de l´inanité des règles du jeu, il convient de souligner le dernier exploit de la technologie russe: implanter au pôle Nord un drapeau russe avec un message attestant de la propriété de cet espace désolé. Il faut se rappeler que des accords internationaux régissent le continent antarctique où tous les pays industrialisés y développent une coopération scientifique exemplaire.
La Lune aussi est protégée par de tels accords, mais le geste russe a été accueilli par les pays riverains de l´océan glacial Arctique dénonçant là une pratique d´un autre âge: les pays développés ont la mémoire courte. Il n´y a guère plus d´un siècle que les Etats-Unis déclaraient la guerre à l´Espagne pour la dépouiller de ses dernières colonies: les Philippines, occupaient Cuba et Panama au nom de ses seuls intérêts économiques. La France imposait un protectorat honteux à la Tunisie et au Maroc. Ce dernier n´a pas hésité à occuper le Sahara occidental avec son armée et ses chômeurs dans l´indifférence totale. Ce qui était permis hier à Hitler au nom de la politique de l´apaisement (occupation des Sudètes et des ports baltiques) serait-il encore permis aujourd´hui à d´autres?
Le Kosovo et le Sahara occidental ou la Palestine, ont ils des statuts différents de l´Erythrée ou de l´Irlande du Nord?
Ce sont les intérêts économiques des grandes puissances qui leur dictent les nouvelles règles du jeu.

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