Sondages

Les temps sont durs, très durs à vivre. Evidemment, tout le monde n´est pas d´accord avec cette constatation qui est vite devenue une irréfutable affirmation. Cela dépend de quel côté on se place: du côté du boucher ou de celui de la vache. Pourtant, il y a un outil fantastique qui a été créé par les sciences sociales et qui s´appelle les statistiques.
Normalement, tous les services publics doivent envoyer à l´Office national tous leurs relevés mensuels afin que celui-ci puisse dégager les tendances de l´Algérie dans toutes ses activités et dans tous les secteurs. Importations, exportations, consommations, contributions, naissances, décès, divorces, mariages, accidents, hospitalisations, réalisations d´infrastructures, noyades, éboulements, inondations, incendies de forêts sont autant de données qu´il est facile de répertorier et de projeter sur un graphique qui serait presque le fidèle reflet de l´état de la société déboussolée.
Cependant, il y a des faits qui peuvent échapper à ces statistiques, comme les victimes de l´insolation, les émigrants clandestins qui périssent en mer, les désespérés qui prennent le maquis ou tout simplement tous ceux qui perdent la boussole à cause des effets conjugués de la canicule, du chômage, de la montée des prix, du célibat forcé, du manque de perspective...
Les statistiques, dans un pays normal où les services publics sont attentifs à la population et intéressés au progrès, utilisent, de manière générale, le sondage. Jadis, en période de vacances, les jeunes étudiants trouvaient facilement, pour se faire de l´argent de poche, une place de vacancier dans diverses administrations publiques, dont les agents partaient en congé (c´est au temps du plein-emploi). Les plus hardis se rendaient en France pour participer à la campagne des vendanges d´où ils revenaient, pleins d´usages et raison et d´histoires merveilleuses, qui faisaient rêver leurs cadets.
Il faut dire que le vignoble français était riche alors. Aujourd´hui que le chômage est endémique qu´il est de plus en plus difficile de trouver un emploi précaire ou une place de trottoir pour revendre les cigarettes frelatées, il est impératif que les pouvoirs publics se penchent sur la sous- exploitation des capacités de la jeunesse estudiantine qui n´a pas toujours les moyens de se connecter 12h/24 sur Internet afin de tuer le peu de temps libre avant la prochaine fin de Ramadhan.
Les services des statistiques devraient employer cette catégorie en les envoyant faire des sondages au sein de la population. Les thèmes choisis devraient être en rapport avec l´actualité du moment. Le sondeur (ou la sondeuse) devrait se présenter devant des citoyens isolés ou en groupes et leur demander leurs préférences politiques dans l´ordre. Quel est le parti qui serait à même de redresser l´Algérie? Quel est le Premier ministre qui aura laissé un meilleur souvenir dans l´esprit (et les bourses des Algériens): Merbah, Hamrouche, Ghozali, Belaïd Abdesselem, Réda Malek, Mokdad Sifi, Ouyahia 1, Benbitour, Benflis, Ouyahia 2 ou Belkhadem ou tout simplement Abdelhamid Brahimi et ses 26 milliards de dollars évaporés...
Ou alors, en s´éloignant de la politique et des polémiques stériles genre HCE-Da-Velaïd-Touati, demander aux Algériens leurs préférences: Mami ou Khaled, une place au soleil ou à l´ombre, un kilo de patates à 60DA et un kilo de bananes au même prix ou l´inverse.
Ainsi, on sera fixé peut-être sur le niveau d´abstention aux prochaines élections.