Solidarité

Les leçons de l´Histoire sont édifiantes et l´observation de la nature ne peut que conforter leurs conclusions.
Les entomologistes nous diront que ce qui fait la force des termites, des abeilles et des fourmis c´est leur solidarité. Chaque individu dans chaque communauté est astreint à une tâche spécifique au service du groupe, l´un cherche la nourriture, l´autre construit et l´autre défend le territoire.
Aucun individu ne vit pour lui-même, tous dépendent d´un même mécanisme qui règle tout: la reine au sommet procrée, les ouvrières à la base travaillent pour l´épanouissement de la communauté et l´expansion de la race.
Evidemment, on dira que ce ne sont que des insectes qui n´agissent que par instinct. Mais qui sait ce qui se passe dans le minuscule cerveau d´une bestiole qui construit des petits palais depuis des millions d´années, avant que l´homme n´accède à la caverne.
Les situations dangereuses provoquent les mêmes comportements chez ces animaux sociables, le sacrifice suprême des individus pour que le groupe survive. Qui sait quand la science, en perpétuelle évolution, arrivera à expliquer ce comportement de solidarité chez ces animaux primitifs.
Car tout est là: la force d´un groupe réside dans sa solidarité face à un environnement toujours hostile, même dans les conditions les plus avantageuses, en période de vaches grasses comme de vaches maigres.
Mais hélas, chez l´homme ce comportement de solidarité ne se manifeste qu´en de rares cas. Les liens qui unissent les divers groupes sont bien plus compliqués: la langue, la religion, la culture, la race, les opinions, les intérêts économiques...
Ces facteurs interfèrent souvent pour rendre encore plus complexes les groupements humains qui se divisent en familles, clans, tribus, nations, corporations, classes, ligues, partis, mais le plus curieux, c´est dans les formes les plus primitives qu´existe une plus grande solidarité: dans la famille et la tribu...
Dans la société agricole confrontée aux caprices de la météorologie, donc les familles, la solidarité est exemplaire, mais ce qui est curieux, c´est que dans les groupements humains, la solidarité ne s´exprime que contre quelqu´un ou quelque chose.
Face aux catastrophes naturelles, il est vivifiant le spectacle de mobilisation qui prend forme pour venir en aide aux sinistrés: argent, vivres, effets vestimentaires sont rapidement collectés pour soulager les victimes de la nature.
Pour bouter l´occupant hors du territoire national, toutes les barrières de classes sautent, le peuple soudé se mobilise et lutte sans faire cas des sacrifices consentis et sans préjuger de l´avenir. Un seul but compte: la victoire finale.
Aux beaux jours, à l´apogée du mouvement ouvrier, il fallait voir la cohésion des mineurs contre les menées d´un patronat méprisant. Mais hélas, à l´heure où il faut partager les fruits des semences faites lors des révolutions, insurrections ou grèves, la solidarité disparaît et des groupes d´intérêts se créent pour canaliser, à leur seul profit, les fruits des révoltes, insurrections, grèves... Ainsi, une classe qui s´érige au détriment de la grande masse peut bénéficier d´une rente durable.
L´exemple le plus frappant nous est donné par le syndicat Solidarnosc, qui a été soutenu fermement par la CIA, les Européens et le Vatican, tout cela pour abattre le communisme. En ce temps-là, c´était dans les chantiers navals de Gdansk, en grève, qu´avait germé le mouvement des syndicats autonomes Solidarnosc.
Aujourd´hui, ces chantiers, en crise, sont menacés de fermeture car la Communauté européenne ne veut plus les soutenir par de coûteuses subventions, car l´Urss n´est plus.
Le pouvoir est aux mains des calotins, les 3000 ouvriers sont menacés de chômage et la CIA comme le Vatican sont aux abonnés absents.
Il ne reste plus aux ouvriers polonais qu´à se proposer pour appliquer la démocratie US en Irak ou à préparer une autre révolution.