Aurait pu mieux faire!

Maintenant que les coups de canon se sont tus et que les lampions sont éteints, il convient, après avoir eu une pensée émue pour tous ceux qui ne sont plus là, ceux qui ont tout donné pour arracher l´Indépendance, de faire un petit bilan sur les progrès de la fraternité et de la solidarité pour savoir si le message du 1er Novembre est passé. Certes, à l´origine, il y avait déjà des dissensions qui ont été, certes surmontées, mais qui refont surface rien qu´à voir la réalité de la situation qui prévaut actuellement. Il est douteux que les décisions politiques prises soient en faveur du plus grand nombre: il n´y a qu´à prendre le problème de la pomme de terre pour comprendre que ce sont les lobbies qui mènent la danse, et le petit peuple c´est le «rechaq».
Faut-il rappeler que notre pays, de par sa situation géographique, ses ressources énergétiques, son histoire mouvementée faite dans un premier temps de supports de résistance nationale avant de devenir le fer de lance de la lutte contre le terrorisme international, ne laisse jamais indifférent. Qu´il dérange quand il rue dans les brancards ou qu´il fasse le dos rond, il provoque toujours des réactions de la part des institutions ou des puissances qui ont pignon sur monde. On est désolé d´apprendre de temps en temps que telle institution ou ONG nous décerne un mauvais point en ce qui concerne le respect des droits de l´Homme, ou bien on n´est pas surpris (alors là, pas du tout) de s´entendre dire que l´Algérie est dans le peloton de tête des pays les plus corrompus...Alors que de 1984 à 2000, beaucoup de pays lui ont tourné le dos à cause de la baisse du prix du baril de pétrole ou à cause de la montée du terrorisme, le pays refait surface et retrouve une place bien méritée dans le concert des nations à la faveur des évolutions inverses des deux facteurs précités.
Alors avec un baril à 92 dollars et un bas de laine de 90 milliards de dollars on est «la proie» de toutes les attentions et de toutes les sollicitudes. Alors, faut-il s´en désoler ou faut-il se réjouir si l´Algérie a construit sa politique sur la base d´un gel des salaires, de privatisations à la chaîne, d´abandon de tout investissement lourd et de politique d´ouverture tous azimuts au capitalisme mondial, transformant ainsi l´économie en bazar.
Les contrats en recherche pétrolière se multiplient et les candidats se pressent au portillon (mais pas, hélas! les investisseurs à cause des difficultés à faire appliquer les lois...). Pas étonnant alors que le FMI, ce surveillant général qui a l´oeil sur toutes les économies malades ou chancelantes, et qui est prêt «à couper un bras» plutôt que d´achever le malade, nous délivre depuis quelques années, à la veille de l´examen de chaque loi de finances, un tonitruant satisfecit avec l´air de dire: «Bon élève, doit continuer...»
Faut-il d´abord rappeler que le FMI est une institution créée en 1945 à Bretton-Woods et qu´elle est dirigée par les pays les plus riches du monde, c´est-à-dire les pays industrialisés et l´Arabie Saoudite, tous des pays qui financent cette noble institution qui a la main sur la fabrication des monnaies par son fameux droit au tirage (DTS) et qui délivre des ordonnances sévères aux économies frappées par la crise?
L´importation de produits superflus fabriqués dans ces pays industrialisés est un facteur qui nous vaut la satisfaction des nantis: nous faisons tourner les usines étrangères alors que ces produits encombrent notre espace.
Est-ce ainsi que les hommes libres doivent vivre?