Accueil |Chroniques | Le revers de la médaille |

Lobbies

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Si l´ancien Premier ministre et toujours actuel chef du RND a donné de la voix contre les lobbies qui infectent et affectent la vie politique, c´est qu´il sait de quoi il parle.
Si le vieux militant honnête, discipliné, sans reproche, Bounekraf a rendu son tablier de responsable du FLN non sans avoir dénoncé au passage ses camarades, otages d´un clan, c´est qu´il sait, en tant que vieux routier du parti unique, de quoi il parle. Donc, à travers les témoignages de ces briscards de la politique, on peut conclure qu´il y a des intérêts sous-jacents qui agitent, influent et guident les politiques.
Ces lobbies, sournois, n´affichent jamais au grand jour leur raison sociale, mais c´est dans les réceptions luxueuses ou dans les arrière-boutiques qu´ils opèrent efficacement. C´est ainsi qu´on peut leur imputer tous les déboires de la masse populaire et l´ensemble des décisions et choix économiques qui ont conduit le pays là où il est, mais qui ont servi à garnir les bas de laine de certains opérateurs.
Tout cela pour dire que la récente décision de reconduire dans la loi de finances 2008 les dispositions interdisant l´importation de véhicules de moins de trois ans va laisser place aux petits privilégiés bénéficiaires d´une licence d´importation et d´un abattement sur les droits de douane. Mais à côté, on peut dire que cette décision va favoriser les gros privilégiés que sont les importateurs d´automobiles.
Quand on connaît la variété des marques de voitures qui encombrent les routes obsolètes de nos cités et campagnes, on peut soupçonner, à juste raison, les énormes bénéfices que peuvent engranger ces commerçants, dont l´activité n´implique aucune valeur ajoutée aux produits qu´ils fourguent à des clients empressés de se mettre à l´abri des tracas quotidiens du transport collectif.
Car le problème est là. Si on peut pardonner aux divers gouvernements, législateurs et décideurs de n´avoir pas, pendant quarante années de tâtonnements et d´errements, réglé les problèmes du logement, de l´emploi, il devient difficile de se montrer indulgent en ce qui concerne le problème des transports publics (et je parle principalement du transport public dans la capitale), que ce soit sur route, sur mer et chemin de fer.
Si le nombre de cars, de minibus s´est multiplié d´une manière étonnante, les conditions de transport restent comparables à celles du temps du «service des marchés».
On peut qualifier de criminelle la négligence des secteurs aussi importants que le chemin de fer ou le secteur maritime. Des ferries peuvent bien exister entre les grandes villes côtières. Tout comme on peut qualifier de sabotage économique les mesures qui encouragent l´importation massive de véhicules individuels, qui sont à l´origine des embouteillages de nos routes mal entretenues.
Le citoyen s´endette lourdement pour acheter un véhicule dont l´entretien accaparera les autres chapitres de son budget. Mais est-ce que nos chers députés sont sensibles à cela? Est-ce que nos futurs élus aux municipalités auront l´idée et les moyens d´améliorer le secteur du transport public qui est aussi prioritaire que le logement, la santé? A qui profite cet état de choses?

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha