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BHL en Libye, Hollande au Mali

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Pas plus tard qu'hier, BHL s'est fendu d'une tribune au titre «Non, la Libye n'est pas responsable du Mali». Il veut faire croire que ce n'est pas son action en Libye, aidé par Sarkozy, qui a permis aux terroristes d'investir le Mali...

Vous avez été nombreux, amis lecteurs, à vous interroger, cette semaine, sur l'intervention militaire française en cours au Mali. De sa différence avec celle qui a eu lieu en Libye. C'est pourquoi nous avons décidé de rappeler certains faits qui pourront aider à mieux comprendre les deux événements. Autant que nous le permettra cet espace, c'est le 13 février 2011 qu'a commencé la déstabilisation de la Libye précédée quelques jours auparavant par l'attaque d'une caserne dans la ville de Benghazi. Les médias parlent alors «d'insurgés» sans plus de précision. Des «insurgés» sortis de nulle part et à qui il aura fallu juste une petite semaine pour prendre le contrôle de cette ville. C'est dire que ces assaillants étaient bien aguerris. Bien formés. Le «coup» était donc préparé. Par qui et comment? Replacer ce coup dans son contexte est indispensable. Pays voisin de la Libye, la Tunisie venait de vivre la chute du régime de Ben Ali, un mois auparavant. Une chute qui n'était due à aucun groupe armé mais à des manifestations populaires que l'ex-président tunisien n'avait pas su évaluer. La situation était des plus confuses après son départ pour l'Arabie Saoudite. Une situation qui avait pris de court Paris. Dans le même temps et dans l'autre pays voisin, des manifestations populaires avaient lieu à la place Tahrir au Caire. Conséquemment à ces manifestations, Hosni Moubarak, président de la République démissionne un mois après ces manifestations soutenues, soit le 11 février 2011. Là non plus, aucun groupe armé n'est signalé. Comme pour la Tunisie, les événements en Egypte avaient surpris la France dirigée à l'époque par Sarkozy. Israël, pays limitrophe de l'Egypte, était très inquiet par cette tournure des événements qu'il, non plus, n'avait pas vu venir. C'est à partir de là qu'entre en jeu Bernard-Henri Lévy, faux philosophe mais vrai instigateur, de nationalité française, mais qui porte «en étendard sa fidélité au sionisme et à Israël». Il s'implique dans la déstabilisation de la Libye «en tant que juif» clame-t-il. Une déstabilisation, aux allures de représailles, qui commence deux jours après la chute de Moubarak. Voilà ce que rapporte le magazine allemand Der Spiegel à ce propos: «J'ai un ami en France, qui est M.Sarkozy. Nous allons prendre l'avion demain et le président Sarkozy vous recevra au palais de l'Elysée!» C'est BHL qui parle aux «rebelles» à Benghazi où il était présent dès le début des événements. Der Spiegel précise qu'au moment où BHL faisait cette «offre», il n'avait même pas prévenu Sarkozy. Il le fera un moment plus tard par téléphone satellitaire. Sarkozy demande un temps de réflexion. Deux heures plus tard, il rappelle BHL pour lui dire qu'il est d'accord pour recevoir officiellement à l'Elysée ses «rebelles» libyens. Et c'est la chaîne publique française France 2 qui nous apprend que le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, qui se trouvait au même moment à Bruxelles, apprend la nouvelle... par la presse. La suite, tout le monde la connaît. Qui va des bombardements contre l'armée régulière libyenne jusqu'à l'assassinat de Gueddafi en passant par l'ouverture des arsenaux du pays qui ont fait le bonheur de tous les terroristes de la multinationale du crime. La Libye n'a, depuis, pas encore retrouvé ses «marques». Aussitôt finie sa «mission» en Libye, BHL entreprend la suivante en ciblant la Syrie pour tenter de lui faire subir le même sort que la Libye. Il n'a pas encore réussi ce deuxième coup. Jusque-là c'est clair. Il s'agit de régimes à abattre et de terrorisme à favoriser. Le maître de l'ouvrage étant BHL et le maître d'oeuvre Israël. Pour le Mali et pas plus tard qu'hier, BHL s'est fendu d'une tribune au titre «Non, la Libye n'est pas responsable du Mali». Il tente de se justifier, (au passage il a la même considération pour l'Algérie que pour la Syrie) car il sait que les Français ne lui pardonneront jamais que les terroristes qu'il a armés puissent aujourd'hui tuer des militaires français envoyés par le président François Hollande défendre l'Etat malien. C'est toute la différence entre la politique qu'avait menée Sarkozy et celle de Hollande aujourd'hui. Des lecteurs ont relevé, à juste titre, que l'action de Hollande dans le dossier syrien est différente de celle qu'il entreprend au Mali et ressemble plutôt à ce qui a prévalu pour la Libye. Sauf que Hollande a hérité du dossier syrien dont la déstabilisation a commencé en 2011 soit un an et demi avant son arrivée au pouvoir. Que l'Etat syrien a du répondant en termes militaires bien plus que le Mali. D'ailleurs, il résiste toujours. Que la Syrie bénéficie d'alliés de taille comme la Russie et la Chine. Que jusqu'à présent ce dossier est confiné à l'action diplomatique. Ceci pour dire qu'en politique «rester dans le cadre des résolutions de l'ONU» n'annonce pas forcément une intervention militaire. Des subtilités que cet espace ne suffit pas à développer. En espérant que cette petite «bougie» aura servi!

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