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Facebook, une source d'infos toxiques

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Il fut un temps où les «infos» remontaient de la rue, des cafés, de bouche-à-oreille, du cousin du beau-frère de la voisine,... Aujourd'hui c'est par l'Internet et ses réseaux sociaux. Oui, mais le journaliste, il est où? Cherchons-le!...

La profession de journaliste est de plus en plus menacée par des hurluberlus. Chaque jour que Dieu fait, ils nous font perdre un peu plus de notre crédibilité auprès de l'opinion. Dernier exemple en date. Samedi dernier un site électronique a annoncé qu'une grève des postiers d'Alger est prévue pour les 16 et 17 juillet (hier et aujourd'hui).
L'information est aussitôt reprise sur le blog d'un Français qui a fait la guerre d'Algérie et qui ne cache pas son appartenance communiste. Il fait passer l'info sur Facebook. Et le tour est joué. La Toile s'en empare. Le coup était bien monté. Annoncer une telle grève à la veille des nombreux retraits des CCP qui ont lieu en prévision des achats de vêtements à la veille de l'Aïd El Fitr, n'est pas l'oeuvre d'un amateur. Laissée en l'état, l'info n'aurait induit aucun problème. Le malheur est qu'elle a été reprise par des confrères et publiée par quelques titres. Et voilà le manque de professionnalisme qui handicape sérieusement l'exercice du journalisme. Il fut un temps où les «infos» remontaient de la rue, des cafés, de bouche-à-oreille, du cousin du beau-frère de la voisine, etc.., pour atterrir dans des rédactions et y être «traitées» pour leur donner une seconde vie. C'était avant l'Internet. C'était aussi la naissance de la presse privée. C'était l'époque où les journalistes professionnels ont cessé d'exercer. Ils étaient devenus patrons de presse. Il y a eu beaucoup de «monde» pour les remplacer. Il en venait de partout. De l'enseignement. De l'agriculture. De la médecine. De nulle part. Tous sont devenus ainsi et du jour au lendemain des «journalistes». De plus, à la même époque, la course au «scoop» faisait rage. Pas de détail. Du vrai, du faux, de la calomnie, des insultes, peu importe, tout ce qui pouvait vendre du papier était bon à prendre. La réaction de l'Etat ne s'est pas fait attendre. Des tribunaux spéciaux pour les «délits de presse» ont été institués. Les brochettes de «journalistes» qui défilaient devant ces tribunaux ont fait de ces derniers de vrais clubs de la presse. C'était l'occasion pour le monde de la presse de se rencontrer. Comme le sont aujourd'hui les cimetières. Au fil des années, le «métier» commençait à «rentrer» dans les têtes grâce notamment à ces tribunaux. Tribunaux qui ont fini par être supprimés. Le problème est que même si la calomnie, l'insulte et la diffamation ont reculé, la qualification et la performance ne pouvaient pas se distribuer de la même façon, à coups de jugements. Entre cette époque et celle que nous vivons aujourd'hui il y en a eu une, disons de transition (le mot est à la mode). La peur de la justice et le manque de qualification ont introduit une méthode vieille comme le monde, le copiage. Il n'était pas rare de voir des journalistes se regrouper à la fin d'un événement (conférence de presse ou autre) pour que le plus «fort» dicte aux plus faibles ce qu'ils doivent écrire. Les lecteurs ont dû certainement s'en apercevoir car que de fois n'avons-nous entendu cette remarque: «Lorsqu'on a lu un journal, on les a tous lus.» Aujourd'hui vous savez pourquoi vous aviez raison. Et nous voilà à l'ère du numérique. Alors là, la donne change du tout au tout. La rue est dessaisie de la rumeur. Les réseaux sociaux vont faire un «tabac». Ces lieux de grands défouloirs où tout le monde peut dire n'importe quoi dans l'anonymat le plus parfait vont avoir leurs habitués. Les malins et les autres. Les «pro» et les gogos. On ne fait pas dans la dentelle en disant cela car la réflexion élémentaire devrait aider un (vrai) journaliste à ne pas se faire piéger. Il sait que les services de renseignements du monde entier pullulent sur ces réseaux. Ils ne se promènent pas, ils travaillent. Il leur est très simple de faire le «Buzz» à eux tout seuls. Entre eux. Ils ont des armées d'internautes regroupés dans ce qui pourrait ressembler à des centres d'appels. Le novice qui débarque sur le réseau et assiste à une discussion engagée entre des dizaines, voire des centaines de personnes de divers horizons et coins du monde est vite pris au «jeu». Quand ils sont plusieurs novices à rejoindre la thématique, le «centre d'appel» sert le plat de résistance. Il ne reste plus qu'à ouvrir la bouche et «manger». Comme ce fut le cas pour «la grève des postiers». Notre journal, L'Expression a été parmi les premiers à donner la parole au syndicat Snap qui a dénoncé «l'organisation fantoche et virtuelle qui oeuvre via Internet». L'important est d'en tirer la bonne leçon et se demander s'il n'est pas dans l'intérêt de la corporation de pénaliser le mensonge. Dans l'espoir d'une même «guérison» que la diffamation après plusieurs «séances de cure» à la barre devant les juges. Ce n'est peut-être pas dit avec l'air grave, mais il s'agit, au moins, d'une atteinte à l'ordre public. Comme pour le médecin dans l'erreur médicale, le journaliste n'a pas le droit à l'erreur en publiant sans vérification. Surtout que quelquefois, il y a des cas très, très graves. Comme ce citoyen qu'une radio locale de l'intérieur du pays a donné pour mort dans sa rubrique «nécrologie». Sinistre jeu si le journaliste n'a trouvé que cette manière pour plaisanter. Pour la énième fois, les pouvoirs publics devraient prendre des mesures «conservatoires» pour sauver la profession de journaliste qui se meurt. Et protéger le pays des «centres d'appel»!

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