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La crise française et l'avenir de l'UE

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Ce qui touche l'Union européenne, avec qui nous avons un Accord d'association, ne peut nous laisser indifférents. C'est en s'en prenant à Bruxelles qu'Arnaud Montebourg a fait tomber le gouvernement. Pourquoi et comment?...

La crise qui vient de secouer la France dépasse l'Hexagone. L'embargo sur les produits agroalimentaires européens, décidé par la Russie n'est pas étranger au brusque changement de gouvernement en France. Arnaud Montebourg, le désormais ex-ministre français de l'Economie, du Redressement productif et du Numérique qui est à l'origine de la crise, n'a rien dit de nouveau de ce qu'il a toujours pensé de la mondialisation, en général, et de l'Union européenne, en particulier. Ce qui est considéré comme «la ligne jaune» qu'il aurait franchie n'est à chercher que dans le timing de ses déclarations. En plaidant pour un changement de cap économique, au lendemain d'une déclaration du président Hollande qui disait exactement le contraire, Arnaud Montebourg se doutait bien du choc qui allait suivre. Il s'est même trouvé ne pas être le seul à être convaincu de cette nécessité puisqu'il a été suivi par deux autres ministres, Benoît Hamon et Aurélie Filippetti. Trois ministres qui sortent du rang ne se règle pas par un simple remaniement. Il aura donc fallu un changement de gouvernement avec toutefois un Premier ministre reconduit. Mardi dernier donc, un nouveau gouvernement français a été formé. Encore une fois, ce n'est pas tant le changement de cap demandé par Montebourg qui a provoqué la crise mais plutôt l'exigence de cohésion gouvernementale malmenée par la «rébellion» des deux autres ministres qui l'ont rejoint. Ceci dit et au-delà de la forme se pose la question de fond qui est liée aux voies et moyens du redressement économique et social de la France. Montebourg est convaincu que c'est par la croissance et non par l'austérité que son pays s'en tirera. Le président français pense exactement la même chose. Il avait même promis, dès son élection, de tout faire pour infléchir la position de l'UE et de l'Allemagne sur ce point. S'il s'est attaqué à la réduction des déficits publics pour réduire le phénoménal endettement (1800 milliards de dollars dont la moitié est «l'oeuvre» de son prédécesseur) de son pays, il l'a fait avec mesure. Il a maintenu les recrutements dans la fonction publique pour l'éducation, la police et la gendarmerie. S'il a renforcé la pression fiscale pour les plus riches, il a tout de même réussi à exclure de l'impôt près de 2 millions de ménages français à bas revenus. Et si les investissements n'ont pas suivi ce n'est un mystère pour personne qu'il y a là la main de la finance internationale à laquelle d'ailleurs, il a déclaré la guerre dès son élection. Toutes ces mesures se trouvent dans son livre Changer de destin publié en février 2012 soit deux mois avant son élection. On voit bien que les divergences entre les deux hommes ne peuvent se situer que dans la méthode. Une méthode qui tient compte du contexte politique intérieur et international. Montebourg est conscient de ces contingences qui obligent son chef de l'Etat. C'est pourquoi il accuse l'Allemagne, mais surtout Bruxelles de pousser la France au «coulage» (c'est son terme). Il faut y ajouter le bras de fer qui se déroule entre l'UE et la Russie. Aux sanctions économiques infligées par la première sur fond de crise ukrainienne, la seconde a répondu par un embargo sur les produits agroalimentaire européens. Il faut savoir que la France exporte 19% des 10% des exportations des pays européens vers la Russie. C'est un manque à gagner de près de 2 milliards de dollars pour l'économie française. Sans compter les répercussions négatives sur le tissu industriel et agricole de cet arrêt des exportations. Des tonnes de fruits et légumes sont jetées par les agriculteurs touchés par l'embargo. C'est cette crise dans la crise qui est à l'origine de la dernière «sortie» du chantre du «made in France». Une crise qui, au lieu de se régler, se complique davantage avec les menaces de l'UE de nouvelles sanctions contre la Russie qui pourrait répondre par une suppression des livraisons de son gaz à l'Europe cet hiver. C'est 30% de ses besoins. De quoi passer un «hiver de Sibérie» ironise un observateur. L'entêtement européen est très ambigu tant Bruxelles s'enfonce dans des considérations politiques qui n'ont rien à voir avec les intérêts économiques des pays membres. Samedi prochain les chefs d'Etat et de gouvernement européens vont se retrouver à Bruxelles pour un sommet extraordinaire. A la crise avec la Russie qui est loin d'être finie, l'organisation européenne fait face à l'arrivée en force des extrêmes droites des pays membres qui veulent l'imploser. L'anglais David Cameron agite la menace de retrait de son pays. La zone euro est de plus en plus fragilisée. L'Allemagne, première puissance économique européenne, ne fait cependant pas le poids sans la France. Un contexte propice pour le président français qui ne devrait pas rater l'occasion pour faire avancer ses idées. Et celles de...Montebourg!

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