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L'informel et l'OMC, attention aux dégâts!

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Notre ministre du Commerce compte «débattre avec les intervenants de l'informel». Difficile de s'asseoir à la table de l'invisible!...Benyounès n'a, en plus, pas «peur de l'OMC». Il faut, pourtant, être bien cuirassé pour descendre dans l'arène des fauves. Sur ces deux fronts, il est confiant. Suivons-le!...

L'informel, c'est ce qui n'a pas de forme. On dit aussi économie souterraine. Ou encore, marché noir. Chez nous on disait aussi trabendo. Sans forme et dans le noir, il est quasiment impossible d'identifier ce type de transactions commerciales. Pourtant, cela ne semble pas dissuader notre ministre du Commerce, Amara Benyounès, qui a annoncé, mardi dernier, avoir prévu une «réunion-débat sur ce phénomène» en octobre prochain. D'emblée, on peut penser qu'il en débattra avec des spécialistes pour rechercher ensemble les voies et moyens de le juguler. Ce qui serait du domaine du possible. Là où çà l'est moins c'est lorsqu'il déclare vouloir également «débattre avec les intervenants du circuit informel». Autant vouloir rendre visible l'invisible. Ceci dit et mis à part cette «anomalie», il est vrai qu'il faut, d'une manière ou d'une autre, combattre ce fléau qui gangrène non seulement l'économie nationale mais porte aussi atteinte à la santé (pour les produits alimentaires) et la sécurité (pour les produits électroménagers et notamment les appareils de chauffage à gaz notamment) des consommateurs. L'économie informelle sévit dans notre pays depuis la libéralisation en 1990. Son ampleur est estimée par Benyounès à 30% de l'économie nationale. Il est clair que c'est une estimation a minima. Pour des raisons politiques et sociales. Un chiffre qui n'enlève, cependant, rien à la gravité du phénomène. Toujours avec l'intention de rassurer, le ministre du Commerce rappelle qu'en application de l'instruction du gouvernement en 2012, quelque 856 sites informels sur les 1368 recensés ont été supprimés depuis. Ce qui a permis de réinsérer près de 19.000 intervenants qui opéraient dans l'informel. Par déduction il reste 512 sites informels à supprimer. Combien d'autres intervenants dans ces sites? Dieu seul le sait! Il est vrai que par l'ampleur atteinte dans notre pays «aucun pays au monde ne peut tolérer autant d'informel dans le circuit économique» comme l'a si bien précisé Benyounès. Il faut donc impérativement trouver les voies et moyens de le réduire et même l'éradiquer. Parmi ces moyens, la restauration de l'autorisation d'importer qui est prévue dans la prochaine révision de la loi sur le commerce extérieur annoncée, dans la même conférence de presse de mardi dernier, par le ministre en est un puissant moyen. Nous n'apprendrons rien ni à personne que l'une des principales sources qui «irriguent» l'informel se trouve bien évidemment dans les containers débarqués par les importateurs dans nos ports. Mieux les enca-drer, mieux maîtriser leur contenu et mieux identifier leurs propriétaires, en un mot légaliser l'activité d'importation c'est déjà colmater toutes les fuites d'où s'approvisionnent les «petites mains» de la revente en détail. La restauration de cette autorisation d'importer résout le problème en amont. C'est exactement la démarche qu'il fallait adopter depuis le début. C'est le contraire de ce qui a été fait jusque-là avec la chasse du petit revendeur sur le trottoir. Cette restauration comporte d'autres vertus. En plus d'assurer la santé et la sécurité des citoyens comme nous l'avons dit plus haut, elle protège la production nationale contre la concurrence déloyale. En d'autres termes, elle protège notre industrie. Pas seulement puisqu'une fois débarrassée de ce «cancer» qui le mine et met en péril son existence, notre outil de production aura toutes les chances pour se développer. Reste le problème de la qualité qui est un autre débat. Pour Benyounès, l'adhésion à l'OMC «dont il ne faut pas avoir peur» donnera plus de motivation à nos industriels pour rechercher la performance. D'autant, ajoute-t-il, que «l'Algérie est le dernier grand pays qui n'a pas adhéré encore à l'Organisation mondiale du commerce». Soit! Mais la vigilance s'impose dans les négociations en cours pour notre arrimage au commerce mondial. Le gouvernement en est conscient puisque le ministre du Commerce interpelle l'opinion nationale. «Faites confiance aux experts et au gouvernement qui sont en train de négocier l'accession de l'Algérie à l'OMC» a-t-il demandé. Oui, mais sans excès de confiance. Il nous faut être réalistes quant à nos capacités de négociateurs face au redoutable niveau d'expertise atteint par l'acte de commercer au niveau international. Un niveau rendu encore plus complexe par la financiarisation du commerce international. Ceci dit, quand il n'y a aucune échappatoire, le choix n'est plus possible. Il faut y aller! Et comme «à chaque jour suffit sa peine», débarrassons-nous de l'informel avant d'affronter les marchés internationaux. Car les deux problèmes (l'informel et l'OMC) conjugués, c'est la catastrophe économique assurée. Si le gouvernement réussit à maîtriser le commerce extérieur comme il est attendu du projet de loi, il n'y aura plus de complexes à avoir sur la scène commerciale internationale. Sachant évidemment que dans ce domaine (comme dans tant d'autres) le risque zéro n'existe pas!

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