Prévisions pour le 27 Septembre 2018

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Des millions de logements, oui mais...

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Phénomène inédit dans le monde. Des millions d'Algériens expriment leur bonheur d'être relogés. A ce sentiment succède une frustration au quotidien. Celle des voies et moyens d'accès à leur nouveau lieu de vie. Pendant ce temps-là, le ministre des Transports est fasciné par les caméras...

Il en manque une! De toutes les commodités exigées par le gouvernement avant les distributions de logements, il en manque une dont on ne parle pas ou très peu. Mais avant faisons l'état des lieux. L'Etat fait des efforts colossaux et uniques au monde pour éradiquer l'habitat précaire et offrir à tous les Algériens un logement décent. Pour leur dignité. Pour leur épanouissement. Pour leur bien-être. Des millions de logements ont été distribués. D'autres millions de logements continuent d'être distribués au fur et à mesure de leur réalisation. Ces vastes et ambitieux programmes donnent naissance à de nouveaux espaces de vie. Des territoires saturés sont ainsi «soulagés». D'autres qui étaient inoccupés émergent. La vie dans la précarité recule. Une nouvelle vie pleine d'espoir et de projets voit le jour pour des millions d'Algériens. Le tout aboutit à de nouvelles répartitions des espaces habités dans l'ensemble des wilayas du pays. Ces espaces élargissent, forcément, les zones habitables des villes. Les nouvelles «assiettes», comme disent les architectes, n'existent qu'à la périphérie des agglomérations qui n'ont plus de terrains possibles au centre. Ce qui a pour effet d'agrandir les villes. D'où l'exigence mise par le gouvernement de doter de toutes les commodités ces nouveaux espaces avant chaque distribution de logements. De nouvelles écoles. De nouvelles structures de santé. Des commissariats de police. Des postes de gendarmerie. De la Protection civile. Des agences postales. Des agences de Sonelgaz, du service des eaux, des aires de jeu, etc. Ceci pour la partie des services publics relevant de l'Etat. Dans cette partie, tous les départements ministériels et toutes les institutions suivent les projets pour les dotations relevant de leurs missions. Quant au service public relevant du secteur privé comme les boulangeries, les pharmacies et autres commerces de proximité, des espaces leur sont dédiés et cédés par voie d'adjudication. Ainsi, des cités de 1000, 2000 ou 3000 logements peuvent offrir une vie complètement intégrée au bénéfice de tous les résidents. Tout ceci est parfait. Sauf que et s'y l'on devait s'arrêter là, ce serait offrir des prisons dorées, mais des prisons tout de même, aux heureux bénéficiaires des nouveaux logements. Car et malgré toutes les commodités qui peuvent être offertes sur place, les déplacements des citoyens sont, non seulement inévitables, mais indispensables à la vie d'un pays. Pour le travail. Pour des démarches administratives. Pour des visites familiales. Etc, etc. Mais voilà, il y a cette commodité dont on a signalé l'absence au début. Il s'agit de l'accès à ces nouveaux territoires habités qui forment l'extension des villes autour desquelles ils se forment. Nulle part et à aucun moment nous n'avons entendu parler du secteur du transport parmi les commodités qui accompagnent ce gigantesque mouvement de relogement. Que ce soit pour les voies d'accès ou pour les transports en commun, publics et privés. L'illustration est la meilleure façon d'être simple pour expliquer le problème. La partie sud-ouest de la wilaya d'Alger est passée de zone rurale à zone urbaine en une décennie. Des centaines, des milliers de bâtiments et résidences individuelles y ont poussé à vue d'oeil. Des centaines de milliers d'Algérois venus du Centre vivent en ces lieux. Le ministre des Transports devrait se joindre à eux le matin lorsqu'ils rejoignent leurs lieux de travail et à la fin de la journée lorsqu'ils retournent à leurs domiciles. Les chemins qu'ils empruntent sont ceux des zones rurales avant l'urbanisation. Des chemins vicinaux. Des chemins étroits conçus pour des charrettes comme le tronçon Tixeraïne-Baba Hassen par exemple, mais il y en a d'autres. Des dizaines de milliers de voitures doivent se débrouiller pour se frayer un passage. En hiver et par manque d'entretien, c'est l'enfer. Au passage, signalons que nous sommes en présence d'un facteur directement lié à la violence dont on cherche aujourd'hui à faire reculer. Ceci en plus du temps perdu et du mal-être engendré. Tout problème a sa solution. Il faut juste se mettre au travail. En plus de ces voies d'accès, le transport en commun est totalement ignoré. Quelques lignes attribuées, au pied levé, sans aucun suivi ni contrôle efficaces ne font pas un programme. Comme la nature a horreur du vide, les taxis clandestins surgissent à chaque nouvelle implantation de logements. Comme le secteur des transports n'a prévu aucune station réglementaire, ils ont créé la leur. En général, à l'entrée des cités. Qu'ils obstruent soit dit en passant. Pendant ce temps-là notre ministre des Transports n'accorde son temps qu'aux réalisations médiatiques. Avion, télécabines, «bateau-mouche» et... quelquefois, le train. Le tout aboutit au confinement des populations. Autre exemple: comment faire vivre la capitale de nuit avec des résidents qui étaient adultes à l'indépendance et qui sont seuls à la peupler depuis la cession des biens de l'Etat dans les années 1980? Il faut que les plus jeunes, qui ont été relogés ailleurs, puissent y venir le soir. Sinon, la capitale restera toujours déserte dès 19h. Sans accès et sans transport, point de salut. Et personne n'en parle. Ou pas assez!

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