Prévisions pour le 20 Septembre 2018

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Le tourisme algérien sans se mentir

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Que vont chercher les Algériens en Espagne et en Turquie? Pas le soleil. Ni la mer. Ce qu'ils vont chercher, la ministre du Tourisme, Mme Zerhouni, vient de le dire. Pour une fois, le problème du tourisme dans notre pays est bien posé!...

Pour une fois, le problème est bien posé. C'était mardi dernier à Bou-Saâda. Le tourisme dans notre pays a été très bien diagnostiqué et le mal cerné. De plus, l'occasion est d'une opportunité idéale, en cette veille de week-end, pour en parler. Car, comment bien passer un week-end d'automne et d'hiver? En été, c'est plus facile. Il y a la plage. Au printemps il y a les sorties champêtres. Le déjeuner sur l'herbe au milieu d'un décor fleuri. Mais en automne, il faut de l'imagination. Et encore plus en hiver. Deux saisons où la nature ne peut rien pour agrémenter nos jours de repos hebdomadaires. Paradoxalement et alors que ces deux «mauvaises» saisons devraient être mises à profit par le secteur du tourisme, surtout au Nord, pour des raisons évidentes de rentabilité, chez nous c'est «l'hibernation» totale. Au Sud, à pareille époque, il n'est question que de tourisme saharien. C'est plus facile, mais pas pour un «petit» week-end. Deux jours sur sept offerts sur un plateau, mais que nos infrastructures du tourisme ne tendent même pas la main pour saisir. Dans l'année ce sont plus de trois mois de recettes perdues pour le secteur et de bien-être raté pour beaucoup d'Algériens. Et si le «traitement» sera aussi bien prescrit et suivi que le diagnostic, le tourisme dans notre pays pourra réellement prétendre à prendre son envol. Pour toute l'année. 365 jours non-stop. Venons-en maintenant au problème évoqué au début. Aucun ministre n'avait abordé le problème du tourisme avec autant de lucidité et de perspicacité que Mme Zerhouni. Elle a dit que «la réalisation des structures hôtelières n'atteindrait pas les objectifs en l'absence de personnels hautement qualifiés et de qualité». Et d'ajouter que c'est cette absence de qualité qui est «le point faible du tourisme dans notre pays». Enfin des paroles sensées. Enfin une responsable qui met le doigt dans la plaie et pas à côté. On ne compte plus les fois, les années où on s'est égosillé à le répéter en espérant être entendu par les différents responsables qui se sont succédé à la tête du tourisme. On les voyait miser sur les expositions à l'étranger à coups de devises. On les entendait nous dire que les capacités en lits allaient être multipliées. On les entendait dire tout et n'importe quoi alors que rien ne pouvait déboucher à la relance du secteur si, d'abord et avant tout, rien n'est fait sur la qualité du produit. On avait mal de voir nos compatriotes s'en aller chercher cette qualité chez nos voisins. Avec le même climat. Avec la même beauté du paysage. Avec les mêmes plages. Les mêmes sources thermales. On ne veut pas dire que la nature nous a mieux servis et que nos moyens sont supérieurs pour ne blesser personne. La seule différence qu'il y a entre le tourisme en Espagne ou en Tunisie et le tourisme en Algérie se situe uniquement dans la qualité du service et uniquement là. Nous avons même des potentialités naturelles qui nous permettraient de faire mieux que tous les pays touristiques du monde. Quel grand et beau pays nous avons! La mer sur 1200 km, le soleil presque toute l'année, un Sud magnifique avec ses dunes de sable et plus loin le Tassili et le Hoggar qui sont autant de sources d'apaisement et d'émerveillement. Et qu'en faisons-nous? Rien jusqu'à présent! C'est pourquoi la déclaration de notre ministre nous redonne l'espoir de voir le secteur repartir du bon pied. Il faut tout de même savoir raison garder car la partie n'est pas facile. Il n'est pas facile, en effet, d'agir sur le sourire permanent du personnel. Sur sa gentillesse. Sur son dévouement et sa patience à satisfaire le client. Il n'est pas facile d'agir en permanence sur l'hygiène rigoureuse des lieux quand nos hôpitaux ne l'ont pas encore réglée. Il n'est pas facile de «créer» des animateurs inventifs, créatifs et avenants pour distraire les touristes. Et ainsi les attirer et les fidéliser. C'est un immense travail que l'argent seul ne peut pas accomplir. Il faudra réhabiliter (nos anciens disaient «khâdam an nass sidhoum») aux yeux de l'Algérien toute la noblesse de l'acte de servir l'autre. Cela permettra à des vocations de se découvrir. Ensuite, il faudra une solide formation à tous les métiers du tourisme. Pas seulement ceux de la restauration. Il n'est pas facile non plus d'opérer dans un environnement qui ne facilite pas la tâche. Avec une clientèle nationale qui n'a pas que des qualités. Une clientèle qui a des défauts qui ne peuvent se «raboter» qu'avec le temps et un travail de sensibilisation permanent. Tout ceci est vrai. La partie sera difficile. Elle vaut la peine, cependant, d'être lancée et entreprise. C'est cette lueur qu'a laissé poindre Mme Zerhouni en posant le vrai problème qui handicape notre tourisme. Ce qui permet déjà la recherche de la vraie solution. Pas les fausses solutions comme on a pu les entendre par le passé. D'ailleurs, le résultat est là. Nul! Depuis des décennies, nous faisons du surplace dans ce domaine. Nous avons gaspillé du temps et beaucoup d'argent.
Maintenant que le chemin est tracé, il ne reste plus qu'à le parcourir intelligemment! Commencer par capter les nationaux pour être sûrs de pouvoir séduire les étrangers. Et rêver au jour où notre tourisme offrira des «formules week-end» attrayantes en basse saison. Au profit de tous. Du touriste et du tourisme!

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