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La peine de mort et le faux débat

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Un séminaire international à Alger pour l'abolition de la peine de mort. A huis clos. Pourquoi? Comment? Beaucoup de zones d'ombre. Essayons d'y voir plus clair...

Silence de mort! Les Algériens ont appris par les médias qu'un séminaire sur l'abolition de la peine de mort s'est ouvert à Alger mardi dernier pour se clôturer hier. Ils ont appris également que ce séminaire a été organisé à l'initiative du Haut-Commissariat des droits de l'homme des Nations unies et la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'homme (Cncppdh). Mais personne ne leur a expliqué pourquoi il s'est tenu ici et maintenant. Surtout, surtout pourquoi il s'est tenu à huis clos? Difficile de comprendre en effet que parler de la peine de mort devait se faire en secret. Comme nous avons une haute idée de notre profession qui est d'informer, nous allons tenter de leur apporter au moins quelques éléments de réponse. D'abord, pour l'opportunité de cette rencontre. Dans quelques jours doit se tenir à New York la 69ème session de l'Assemblée générale des Nations unies (ONU). Au programme, une résolution en faveur d'un moratoire sur l'application de la peine de mort sera soumise au vote. La résolution est portée par la «Coalition mondiale contre la peine de mort» composée essentiellement d'ONG (organisations non gouvernementales). Elle a été créée en 2002 à Rome. Une organisation des organisations, issue elle-même d'une organisation qui n'est autre que l'association française «Ensemble contre la peine de mort» (Ecpm) qui existe depuis l'année 2000. Pour simplifier le tout, disons que ce sont des Français qui, certainement sous l'effet «Badinter» (éminent juriste qui est à l'origine de l'abolition de la peine de mort en France en 1981) veulent répandre la bonne action à travers le monde. Une bonne action qui n'explique toujours pas le huis clos. Bien au contraire. Au sortir de la salle des travaux,
Me Farouk Ksentini, notre président de la Commission nationale consultative de promotion et de protection des droits de l'homme (Cncppdh) a bien voulu donner à la presse la position de l'Algérie sur le sujet. «La position de principe de l'Algérie est l'abolition de la peine de mort. Mais on ne peut arriver à cela que de manière graduelle» a-t-il précisé avant d'ajouter: «Il y a aujourd'hui une très violente opposition à l'abolition de la peine capitale, qui s'appuie, en premier lieu, sur l'argument religieux. Mais il y a aussi un héritage sociétal, idéologique et des traditions qu'on ne peut pas éluder.» Il a également rappelé la position de notre président de la République en ces termes: «Le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, s'exprimant devant le Parlement européen à Bruxelles en 2003, avait affirmé être personnellement favorable à l'abolition de la peine de mort, mais qu'il attendait que le contexte du terrorisme se termine pour l'appliquer.» D'ailleurs et toujours en guise de rappel, l'Algérie a suspendu les exécutions de condamnés à la peine capitale depuis 1993. En pleine «période sanglante de son histoire (alors qu'elle) souffrait isolément d'un terrorisme aveugle et barbare» a souligné, bien à propos, Ksentini. En effet, car il est à se demander pourquoi ce regroupement d'ONG fait du forcing pour l'abolition maintenant? Au moment même où le terrorisme est à son point culminant de menace sur le monde entier et dont les vidéos de décapitations ne sont que la partie émergée. Une insistance difficile à cerner. Pour les besoins de la cause, le nombre des pays membres de l'ONU et abolitionnistes est largement cité puisqu'ils forment une majorité. Il y a moins de bruit sur les Etats-Unis, la Russie, le Japon, la Chine (mais aussi Taïwan), le Vietnam, la Grèce, pour ne citer que les grands pays, qui maintiennent la peine de mort dans leurs pays. C'est là que le gros du travail est à faire pour ces ONG. Ce sont des pays à «forte valeur ajoutée» en termes d'incitation à l'adhésion. D'autre part, il faudra bien se mettre d'accord sur la définition de la peine de mort. C'est tuer, par décision de justice, quelqu'un qui a tué une autre ou plusieurs personnes. Dans l'état actuel des choses, les abolitionnistes ont supprimé la décision de justice mais pas les criminels. Disons-le crûment c'est attacher les mains de la justice en armant celles des tueurs. Lorsqu'un Etat, abolitionniste comme Israël, tue sans distinction des enfants, des femmes, des vieillards par centaines, par milliers comme cela s'est passé à Ghaza, ce n'est ni plus ni moins qu'une injuste (sans décision de justice) peine de mort infligée massivement. Les terroristes de Daesh, de leur côté, doivent applaudir ces appels pour l'abolition. Ils pourront ainsi continuer à tuer leurs semblables en sachant que la justice ne les condamnera pas à mort. Ou le contenu de l'abolition de la peine de mort est incomplet ou alors il y a des raisons qui échappent au commun des mortels. Il peut y avoir des raisons idéologiques ou de pure politique. Toujours est-il que la violence prend de l'ampleur dans toutes les parties du globe et qu'il reste à prouver que l'abolition de la peine de mort pourrait être le bon remède. Le regain d'activisme remarqué depuis le début des années 2000 des ONG contre la peine de mort ne livre décidément pas tous ses secrets. L'argument religieux avancé comme obstacle lors de ce séminaire est plus que fallacieux. Voire même tendancieux. L'étonnant est que cela vienne d'un groupement issu d'une association française. Descartes doit se retourner dans sa tombe!

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