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L'Algérien et l'esprit d'entreprendre

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Errements du passé. Depuis l'indépendance, l'Algérien est passé du stade d'assisté à celui de «rentier». L'école a remplacé ses capacités de réflexion par la mémorisation de l'éléphant. D'autres handicaps lui ont été infligés. Comment l'aider à redevenir un entrepreneur productif?...

On aura beau y mettre tous les moyens financiers du pays, on aura beau y ajouter tous les moyens matériels, on aura beau discourir, supplier, la diversification de notre économie ne «décollera» qu'à une seule condition. Condition vieille comme le monde. C'est la faim qui a fait de l'homme un chasseur au début de l'humanité. C'est le froid qui l'a poussé à se vêtir. A découvrir le frottement du silex pour faire du feu. L'homme n'est créatif que poussé par le besoin. Plus grave encore, il n'entreprendra rien sans y être poussé par le besoin. Sans aller plus loin dans ces vérités et éviter de philosopher, disons simplement que nous avons là, la réponse au problème de la diversification de notre économie qui peine à voir le jour. Le discours politique insiste sur les moyens offerts. Sur les formes d'aides. Ansej, Cnac, micro-crédit, exonérations, quota sur les marchés publics, etc. Et cela ne prend pas. La création d'entreprises n'attire pas comme elle devrait le faire. Cela bloque quelque part. Mais où? Petit survol historique. Pendant la colonisation, l'Algérien n'avait d'espoir pour survivre que de gratter la terre. Même la plus ingrate où l'avait confiné l'envahisseur. Il y était viscéralement attaché. Pour l'illustration, on se rappelle de l'extraordinaire effet produit sur le peuple par Messali Hadj qui s'est écrié «cette terre n'est pas à vendre!» en faisant le geste de ramasser une poignée. Quelques années à peine après l'indépendance, cette même terre était désertée par les plus valeureux de ses agriculteurs. La relève espérée trouvait même que le travail de la terre «salissait les mains». La cause? Les villages socialistes agricoles et leurs salaires. La fonctionnarisation de l'agriculture. Un toit, un salaire, une boulangerie, un marchand de légumes, un laitier avait fait déserter le paysan du travail de la terre. L'erreur était monumentale. Nous payons ces conséquences aujourd'hui encore avec le manque de main-d'oeuvre sans parler de la qualification. Même avec la mécanisation et tous les avantages financiers consentis, la reprise est factice. Idem pour l'entreprise. L'esprit d'entreprendre ne s'achète pas dans le commerce. Il ne peut naître que du besoin. Ce besoin qui, comme pour les villages socialistes a été enterré, à la même époque, par la gestion socialiste des entreprises, la tristement célèbre «GSE». C'était le plein emploi. L'interdiction absolue du licenciement. Avec en prime la diabolisation de l'entreprise privée. A l'ouverture de l'économie, au début des années 1990, on a assisté à une véritable débandade née de la longue frustration. Malheureusement, seule une poignée d'Algériens s'est orientée vers le secteur productif. Le commerce présentait les meilleures conditions d'attraction. Une demande infinie. Un effort moindre. Pas de qualification particulière. Des gains immenses et rapides. C'était l'époque des «porteurs de cabas». C'était aussi la naissance de l'économie informelle qu'on désignait sous le vocable de «trabendisme». Vu que le phénomène échappait à tout contrôle, l'encadrement fiscal était impossible. Comme pour le travail de la terre, nous subissons encore les séquelles de l'époque de l'ouverture, sans règles, de l'économie. Cela n'explique pas tout, malheureusement. Il y a pire. Vouloir passer du commerce à l'industrie c'est se débarrasser des réflexes au profit de la réflexion. Or notre système éducatif, lui aussi, a été longtemps perverti par le développement de la mémoire au détriment du travail de réflexion. Les réformes ne font que commencer pour inverser ce choix dévastateur. Les fruits seront pour plus tard. En attendant, il est utopique de croire qu'un jeune qui peut gagner sa vie en flemmardant sur une chaise devant son étalage de revente en l'état puisse être attiré par la création d'entreprise. Qu'elle soit productive, ce qui nécessite de réfléchir au bon créneau, d'analyser les risques et les avantages, d'avoir les capacités de gestion durable, ou qu'elle soit simplement légale avec tous les soucis fiscaux et paperassiers imposés par la bureaucratie. L'amère vérité est là. Le développement industriel est, chez nous, victime des errements du passé. Pour redonner (on a envie de dire reformater) à l'Algérien le profil d'entrepreneur, quelques pistes s'imposent. Réduire au maximum les importations pour au moins assécher l'informel. Réduire la pression fiscale autant que faire se peut (jusqu'au degré zéro s'il le faut.) pour les nouvelles créations d'entreprises. L'intérêt national, sur le long terme, vaut la peine. Obliger les grandes entreprises publiques à se rapprocher des centres de formation et des universités, pour y dénicher les futurs sous-traitants qu'elles devront aider, encadrer, accompagner et leur garantir le carnet de commandes. Des sous-traitants qui se substitueront aux importations (des intrants) de ces mêmes entreprises. Il s'agit de déclarer la guerre à la rente et d'imposer par la force l'esprit d'entreprendre. Les vertus du besoin sur la création, la créativité, l'innovation et la performance nécessitent plus d'espace pour mieux expliquer. Dommage!...

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