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Grève des 8 jours et devoir de mémoire

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Il y a 58 ans, plus exactement du 28 janvier au 4 février 1957, le peuple algérien a observé une grève à l'appel du FLN. Pour l'indépendance. Magasins éventrés, rafles et arrestations en masse, camps de concentration, assassinats, tortures... Hier nos jeunes ont plus appris sur Auschwitz...

A qui la faute? Nos jeunes n'ont pas vécu la guerre de Libération nationale. Ils n'ont pas connu ses souffrances, ses sacrifices. Il leur est difficile de mesurer le prix payé par la génération de Novembre pour pouvoir mieux apprécier leur condition d'hommes et de femmes aujourd'hui libres. Ils ne peuvent apprécier leur bonheur de citoyens à part entière puisqu'ils n'ont qu'une vague idée, lorsqu'ils l'ont, du malheur infligé à leurs parents et grands-parents par la colonisation. Des êtres qui vivaient comme des étrangers dans leur propre pays. Même pas, puisque leur existence était tout simplement ignorée. Les envahisseurs nous désignaient sous le vocable générique «d'indigènes». Sans droits. Refoulés à l'arrière-pays, ils devaient se débrouiller pour survivre. En grattant avec la dernière énergie les terres incultes où ils étaient assignés. Pour manger. Pour boire. Pour se chauffer. Pour se vêtir. Pour se soigner. Nos jeunes aujourd'hui n'en savent rien ou pas grand-chose. Il est certes difficile pour un être humain, normalement constitué, de croire que des conditions aussi inhumaines qu'a vécues le peuple algérien sous la colonisation puissent avoir existé. Imposées de surcroît par le pays qui se vante d'être celui des droits de l'homme. De la civilisation. Le danger qui guette nos jeunes d'aujourd'hui et des générations à venir sera de croire à «l'oeuvre civilisatrice» apportée par la colonisation aux Algériens. Le travail de falsification de notre histoire bat son plein, dans certains milieux en France, depuis l'indépendance. Les nostalgiques de «l'Algérie de papa» qui se sont dispersés pour occuper des positions stratégiques au Parlement français, dans l'audiovisuel et plus généralement dans tous les segments de la culture, travaillent sans relâche depuis un demi-siècle pour tromper le monde en général et nos jeunes en particulier. Ils ont la part belle car en face d'eux c'est le vide. Non seulement nous tardons à écrire notre histoire, ce qui pourrait trouver quelques explications, mais fait plus grave, nous négligeons les faits marquants de notre lutte. Les commémorations de grandes dates. La glorification de nos héros. La narration des conditions de vie d'alors. Il y a des tentatives mais sans le contenu à même de retenir l'attention et de marquer l'esprit de notre jeunesse. Si nous avons abordé aujourd'hui ce sujet, c'est précisément la semaine où, il y a 58 ans, plus exactement du 28 janvier au 4 février 1957, le peuple algérien a observé une grève à l'appel du FLN. Une grève qui a démontré au monde entier que les Algériens étaient tous unis pour l'indépendance du pays. La France qui s'évertuait dans les enceintes internationales à présenter le combat du FLN et de l'ALN comme étant l'oeuvre de «fellagas» (c'est-à-dire bandits), sans ancrage populaire, voyait à travers cette grève des 8 jours ses efforts anéantis. Le 28 janvier 1957, premier jour de grève, était aussi le jour de la tenue de l'Assemblée générale de l'ONU sur ce qui était appelé «la Question algérienne». La participation unanime des Algériens à cette grève, en présence d'une forte présence de journalistes venus du monde entier, avait changé le regard que portaient sur notre lutte les pays de la planète. Une réussite qui se mesure à la férocité des représailles de l'armée coloniale dirigée par le général Massu qui avait reçu, pour l'occasion, les «pleins pouvoirs» pour sévir à Alger. Magasins éventrés, rafles et arrestations en masse, camps de concentration, tortures, quadrillage de la ville par fils barbelés, ont été le lot quotidien des Algériens à partir du 28 janvier. A la faim, à la misère s'ajoutaient aux Algériens les représailles sauvages. Nos jeunes ne mesureront pas assez ces souffrances. Personne n'a réussi à bien leur transmettre ces horreurs commises sur leurs pères, leurs mères, leurs soeurs et leurs grands-parents. Le mal est encore plus grand quand cet événement coïncide avec un autre, vécu il y a 70 ans et commémoré en grande pompe jusqu'à s'imposer, par satellites interposés, dans tous les foyers algériens. Il y eut moins de morts à Auschwitz, que les dizaines de millions de morts algériens durant un siècle et demi à partir de 1830. Les pieds-noirs habillés en historiens poussent le cynisme jusqu'à nous contester le chiffre d'un million et demi de martyrs durant la lutte de libération. En zappant leurs enfumades, leurs razzias et leurs punitions collectives incessantes et antérieures à 1954. N'ayant que cette «source» nos jeunes sont, malheureusement, induits en erreur. La faute nous incombe. De ne pas savoir leur transmettre la vérité. Pourquoi les syndicats algériens ne commémorent-ils pas, comme il se doit, la mémoire des travailleurs algériens grévistes du 28 janvier 1957? Pourquoi l'Union des commerçants ne fait-elle pas de même à la mémoire des commerçants grévistes du 28 janvier 1957? Personne ne pourra se réfugier derrière le retard pris par l'écriture de l'Histoire. Pour commémorer les événements phares de notre révolution, il suffit juste de les restituer fidèlement. Avec leur gravité. Avec leurs horreurs. Sans attendre d'écrire complètement notre histoire. Retransmettre juste une actualité en décalé. Dans une présentation attractive! Cette semaine comme chaque année, la grève des 8 jours passera inaperçue! La faute à qui? A l'autre, comme toujours!

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