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Démolition des bâtisses inachevées

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Le phénomène traîne depuis la grande «ouverture». C'était l'époque où les lots de terrains étaient distribués aux copains et aux coquins. Une fois la paix retrouvée, l'Etat s'est penché sur le cas de ces constructions inachevées. Etat des lieux plein de surprises...

Laideur? Pas seulement! On ne présente plus cette façon, bien de chez nous, de construire. Dans tous les coins du pays, l'image de ces façades de briques rouges ouvrant sur des commerces fait partie du décor. Avec ces carrés de fer rond qui dépasse du toit, comme des antennes, qui «signalent» que la construction est inachevée. Que d'autres niveaux sont prévus. Pour quand? Nul ne sait. Des années, des décennies ou jamais. Le phénomène n'est pas nouveau. Il traîne depuis la grande «ouverture». Démocratique, économique, médiatique et même culturelle avec les beaux jours du raï. C'était l'époque où les lots de terrains, pas toujours viabilisés, étaient distribués aux copains et aux coquins. Les riches comme les pauvres. Pour ces derniers c'était la débrouille. On s'arrange pour construire d'abord le rez-de-chaussée qui servira à ouvrir un ou des commerces. Le but était d'engranger l'argent nécessaire pour poursuivre la construction des étages supérieurs. Par endroits, comme au Hamiz, à la sortie Est de la capitale, tout le monde a suivi cette démarche. Ce qui a débouché sur une cité commerçante. Un véritable souk en dur qui a fini par rendre impensable l'idée d'y résider en famille. Tant par le vacarme et la densité humaine que par l'absence de conditions d'hygiène élémentaire. Surtout que ces «boutiques» tournent à plein régime et sont devenues de véritables poules aux oeufs d'or. Ceux qui les détiennent ont vu leur tiroir-caisse déborder tellement que leur statut social a fini par casser le «thermomètre». Il n'était donc plus de leur «rang» d'habiter ces lieux insalubres. Leurs fortunes fraîchement acquises les poussaient à s'installer dans les quartiers résidentiels et huppés. Dans ces quartiers où il est hors de question de laisser inachevée leur demeure. Au contraire c'est à qui «mieux mieux». La maison «baroque» concurrence celle du voisin plus «stylisée». Toutes imposantes, cependant.
Du marbre, de l'ardoise, de la faïence d'Espagne et même des sculptures on ne sait d'où. Un véritable patchwork en matière d'urbanisme. Un lieu du «m'as-tu-vu?». Un lieu de regroupement des nouvelles fortunes. Venues, tout droit, de ces bâtisses inachevées avec seulement des commerces au rez-de-chaussée. Des années ont passé et la paix retrouvée, l'Etat s'est penché sur le cas de ces constructions inachevées. En 2008, une loi de régularisation et de mise en conformité de ces bâtisses a été promulguée. La date limite de régularisation avait été fixée au mois d'août 2012. Les hideuses façades aux briques rouges et avec «antennes» étaient toujours là. Le délai a été prolongé d'une année. Le paysage n'a pas changé. Deuxième prolongation poussée jusqu'à 2016. Mardi dernier, le ministre de l'Habitat, de l'Urbanisme et de la Ville, Abdelmadjid Tebboune, laissa éclater sa colère. Il a réuni les directeurs de son département ministériel opérant sur l'ensemble du territoire national pour les informer «qu'il sera procédé à la destruction de toutes les bâtisses inachevées et non conformes aux normes urbanistiques si leur situation n'est pas régularisée avant août 2016».
A ceux qui pouvaient en douter, il ajouta que cela sera fait «quelles que soient les conséquences, l'Etat ne reviendra pas sur sa décision de sanctionner les contrevenants car cela relève de son autorité». Au cours de la même réunion, des chiffres ont été publiés. C'est ainsi qu'on apprendra que plus de 330.000 dossiers de ces bâtisses ont été traités de 2008 à ce jour. Que plus de 15.000 sont en cours de traitement. Que près de 100.000 cas de bâtisses inachevées ont été recensés sans que le moindre dossier n'ait été déposé. C'est à ceux-là que s'adresse, apparemment, la mise en garde du ministre. Le «clou» de cette régularisation est qu'il y a eu plus de 5500 édifices publics concernés. Heureusement que tous leurs dossiers ont été traités. L'Etat sauve la face. Ceci dit, on peut se poser la question de savoir pourquoi tant de dossiers n'ont toujours pas été déposés. Plusieurs raisons peuvent être avancées. Absence de tout document justificatif. Crainte de l'imposition fiscale. Souvent en effet ces bâtisses abritent les commerces de l'informel. Il y a aussi des cas de successions non réglés. Peut-être même non «réglables». Un vrai «bazar» quoi! Beaucoup pensent que l'administration n'est pas encore en mesure de sévir. Il y a d'abord le défi de la crise du logement à relever. A ce propos, le ministre a avancé des dates. Fin 2015, pour éradiquer les bidonvilles. Fin 2018, pour en finir avec la crise du logement. Au-delà, il sera plus aisé de s'occuper du reste. Autant dire que les façades aux briques rouges aux «antennes» de fer rond ne disparaîtront pas dès demain du décor. Alors quand? le jour où les pneus disparaîtront des façades des luxueuses maisons «scandinaves». Ils sont là pour éloigner le mauvais sort. Une «culture» qui explique le «bon goût» des commerces sous les bâtisses inachevées. Le lien saute aux yeux!

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