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Nos chouhada, "dar S'bitar" et "Dallas"

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La transmission de notre histoire de colonisés mérite d'être revue. Pour mieux capter l'attention de notre jeunesse. Il faut impérativement une mise à niveau car d'autres travaillent à distiller un véritable poison qui nous pousse à cacher, par honte, toute trace de misère sous la colonisation. Savamment, ils «effacent» notre mémoire collective...

Sucré salé. Si cela peut donner un «goût» à la Journée du chahid, célébrée hier, ce n'est toutefois pas ce qu'il y a de plus près à la réalité. Pour nous en rapprocher davantage disons que cela a un goût plutôt doux amer. Sucré et doux pour les survivants. Salé et amer pour ceux qui ont dû sacrifier leur vie au profit des survivants. Penser à nos chouhada et se recueillir à leur mémoire est un moment d'une intensité unique. Le côté salé et amer nous renvoie au nombre d'Algériens qui ont accepté de donner leur vie pour chasser l'occupant. Un million et demi de martyrs sur une population estimée à l'époque à 9 millions de personnes, il faut reconnaître que la «facture» a été particulièrement lourde. Ceci sans compter les millions d'autres (qui devraient être recensés avec précision) tués, assassinés, enfumés, torturés jusqu'à ce que mort s'ensuive, par la colonisation depuis le débarquement de 1830. Amère aussi était notre vie depuis cette date et jusqu'à l'indépendance en 1962. Et c'est précisément la description de ce que fut le quotidien d'alors des Algériens que nous avons le devoir de rapporter fidèlement, pour l'incruster dans la mémoire collective des générations présentes et à venir, afin qu'ils comprennent mieux pourquoi la génération de Novembre a fini par accepter le sacrifice suprême. Elle n'avait pas d'autres choix que celui de se sacrifier pour sauver le reste de ses compatriotes. C'est dit dans la déclaration du 1er Novembre 1954. «Quant à nous, nous donnons le meilleur de nous-mêmes!...» est-il écrit à la fin du document. Ou plutôt du testament. Il faut une sacrée force intérieure pour offrir sa vie pour que les autres vivent en hommes et femmes libres. Oui nous devons à nos martyrs, la douceur de la vie que nous vivons aujourd'hui. A chaque instant, ils doivent être présents dans nos mémoires. Quand on pense que l'Algérien n'avait pas le droit de relever la tête lorsqu'il était apostrophé par le colon. Qu'il devait toujours garder les yeux baissés. Dans l'attitude de la soumission. De l'humiliation. Quand on sait que l'Algérien n'existait pas, aux yeux du colon, comme un être humain. Pour le colon nous n'étions que ses bêtes de somme. Il n'y a là aucune exagération. Ceux qui ont vécu la colonisation sont encore vivants pour en témoigner. Dans quelques décennies ils auront disparu. C'est pourquoi, il devient urgent de préparer les instruments nécessaires pour perpétuer les tragiques souvenirs d'un siècle et demi d'enfer vécu par nos parents, nos grands-parents et arrière-grands-parents. Pour que les jeunes d'aujourd'hui et de demain puissent mesurer le niveau de sacrifices consentis par leurs ancêtres pour qu'ils n'aient plus faim, plus froid et qu'ils relèvent, haut, la tête. Sans exagération aucune, les Algériens vivaient, avant 1962, en haillons. Ils marchaient les pieds nus sur la neige. Ils mangeaient les racines de plantes sauvages. Ils dormaient sur des nattes au milieu de leurs bêtes. Leurs maisons étaient faites de terre et de roseaux. Sans exagération aucune, quand on voit nos enfants, tous nos enfants se rendre à l'école, chaudement habillés, bien nourris quelquefois jusqu'à l'obésité, les uns descendant de limousines, d'autres de bus scolaires, on se dit que c'est la meilleure récompense que pouvaient espérer nos martyrs. Tout ce que les Algériens possèdent aujourd'hui, leur a été offert par ces femmes et ces hommes qui ont sacrifié leur vie. Ceci dit, notre indépendance doit être constamment consolidée. La fin de la colonisation a été durement vécue par la plupart des occupants. Ils sont partis précipitamment et massivement en misant sur notre incapacité à gérer le pays. Une erreur que beaucoup parmi eux n'ont pas encore digérée. La nostalgie les fait fondre en larmes. Leur noue la gorge. La haine que nourrissent toujours certains contre nous et le bonheur que nous vivons, est réelle. Elle jaillit comme le bras d'honneur de cet ancien ministre, Gérard Longuet, que les caméras ont immortalisé. Un geste de voyou qui fait partie de «l'oeuvre civilisatrice» (votée en 2005) de la France en Algérie. Que nos jeunes ne s'y trompent pas, le danger n'est pas encore totalement écarté. C'est ainsi que doit être compris le message du président de la République, hier. «Nos jeunes ne doivent pas se laisser entraîner par les voix qui veulent remettre en cause les acquis et réalisations du pays tant par le passé que présentement» a-t-il notamment mis en garde. Cependant, pour une meilleure compréhension par notre jeunesse, de notre condition humaine sous l'occupation, le ministère des Moudjahidine et celui de la Culture doivent faire preuve d'un sérieux travail de pédagogie dans la transmission de la mémoire. Un film de «Dar S'bitar» adapté du roman «L'incendie» de Mohamed Dib qui a marqué les esprits dans les années 1970 est mille fois plus utile que tous les films de guerre réunis. Nous faisons face à un nouveau danger. Celui d'avoir honte de notre passé en guenilles. Certains milieux distillent insidieusement ce sentiment. Avec une fausse généalogie «inoculée» depuis la série «Dallas».
Attention à l'effet cendrillon!...

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