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La violence, les enfants et... les parents

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L'une des premières décisions de l'Algérie indépendante fut d'interdire aux enfants de cirer les chaussures des adultes... Il est clair que l'amélioration de notre condition sociale est le meilleur remède contre la violence. Après la règle viendra, plus facilement, la maîtrise de l'exception...

Intolérable, inadmissible. Il a été jusque-là question de violences dans les stades. Dans la rue. Contre les femmes. Et on en passe. Cette semaine, l'Unicef (Fonds des Nations unies pour l'Enfance), relayée par certaines de nos institutions, des associations et notamment par la radio algérienne, a lancé, dans notre pays, une campagne contre les violences subies par les enfants. Nous en faisons juste un prétexte pour ajouter notre voix à celles de toutes les femmes et de tous les hommes qui combattent cette forme de violence, la plus abjecte de toutes. Un prétexte seulement, car nous pensons que cette campagne n'a pas eu toute l'attention ni la résonance nécessaire face à ce fléau immonde et innommable. Si une gradation des différents types de violences devait être établie, celle qui s'abat sur les enfants devrait être combattue en priorité. Avant toutes les autres, car elle porte le germe des violences multiples dans le temps et dans l'espace. En rappelant Rousseau qui a dit que «l'homme naît bon, c'est la société qui le corrompt», on peut dans son sillage avancer sans risque de se tromper que sans la violence faite aux enfants, aucune autre forme de violence n'existerait. La violence est reproduite par ceux qui la subissent. Les enfants d'aujourd'hui seront les adultes de demain. Ceci pour dire que si nous voulons sauver les générations futures, nous devons agir aujourd'hui pour protéger et défendre avec la dernière énergie les enfants maltraités, tous les enfants exploités, tous les enfants abusés, tous les enfants livrés à eux-mêmes. L'enfant est innocence. Ceux qui l'agressent, d'une manière ou d'une autre, sont des monstres. Ceci dit, notre société en général et nos enfants en particulier ont leur propre histoire. Il faut se rappeler que l'une des premières décisions de l'Algérie indépendante fut d'interdire aux enfants de cirer les chaussures des adultes. Plus question pour un humain de s'agenouiller devant un autre humain avait avancé, à l'époque, le premier président de la République, Ahmed Ben Bella, pour expliquer sa décision. On peut mettre un tel langage sur le compte du populisme cela n'enlèvera rien aux bienfaits de la mesure. La décision avait fait grand bruit et avait été applaudie par tous les Algériens. On venait de sortir d'une longue nuit coloniale qui nous avait mis à genoux réellement, sans jeu de mots. Des auteurs ont décrit les conditions de vie insoutenables qui étaient imposées aux Algériens par la colonisation. On en citera deux à lire et à relire. D'abord, «Le fils du pauvre» de Mouloud Feraoun et «La nuit coloniale» de Ferhat Abbas. La misère et l'ignorance y sont si bien décrites qu'il est facile de comprendre que les enfants, au même titre que les adultes, ne pouvaient pas échapper à la violence au quotidien. Aujourd'hui et un demi-siècle après, les conditions de vie ont littéralement changé pour le peuple algérien. Sauf que les comportements mettent du temps à changer. Surtout quand ils ne bénéficient d'aucun accompagnement thérapeutique. Il est de bon ton aujourd'hui d'évoquer l'assistance psychologique au bénéfice des victimes de différentes catastrophes ou même de simples accidents. La colonisation a été la pire des catastrophes pour tous les Algériens. A l'indépendance tout le monde s'est «relevé» et a continué son petit bonhomme de chemin au petit bonheur la chance. Sans assistance aucune. Il ne faut pas s'étonner dès lors que des enfants, nos enfants continuent à subir des violences. Il faut cependant reconnaître que leur nombre a diminué. Il est clair que l'amélioration de notre condition sociale est en soi le premier des remèdes. La politique du logement, unique au monde, qui est menée dans notre pays fera reculer cette violence. La lutte contre le chômage aussi. L'instruction obligatoire également. Il est prouvé que la violence trouve son terreau dans des populations défavorisées. Ce qui n'empêche pas, dans l'intervalle, de sensibiliser autant que faire se peut, les adultes en général et les parents en particulier. Pour les aider à comprendre que la violence physique n'a aucune place dans l'éducation des enfants. L'absence de l'éducation ou la permissivité sans limites non plus. Pour les aider à comprendre et à appliquer les bonnes méthodes de l'éducation. Faites de dialogues. De considération de l'enfant. De son respect. Des conseils à lui prodiguer. Lui apprendre «à pêcher» comme diraient les Chinois est le plus profitable de tous les héritages. De penser aux sanctions positives. Le cas échéant, aux punitions proportionnées et bien ciblées qui sont quelquefois, nécessaires pour permettre à l'enfant de distinguer le bien du mal. Sans jamais avoir recours à la violence. Bannir la violence de l'éducation est la priorité des priorités. Ce qui fera reculer beaucoup d'autres violences. Sont exclues de cette règle les exceptions comme les violences sexuelles et les maltraitances sévères dont sont victimes des enfants. C'est à cette lutte en profondeur que devraient tendre tous les efforts. En profondeur et de manière durable. Avec une forte volonté politique. Sans «coupure» comme après les cireurs!

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