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Les deux célébrations du 8 mai 1945

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Après un ambassadeur français qui s'est recueilli en 2005 à Sétif, dix années après la France a dépêché un ministre. L'histoire de la France et de l'Algérie ne commence pas en 1945. Pas en 1954 non plus. Il faut remonter...

Aujourd'hui, nous commémorons le 70ème anniversaire du massacre de 45.000 Algériens. Ce jour, là, le 8 Mai 1945, l'armée et les milices françaises qui occupaient l'Algérie n'ont pas fait de quartier. Une véritable boucherie qui reflète bien leur haine de l'Arabe. Ces massacres sont connus de tous. Chaque année, de nombreux écrits relatent en détail l'horreur qui s'était abattue sur un peuple sans défense. D'ailleurs, ce n'était pas la première tuerie de masse qu'infligeait la colonisation aux Algériens. Il y en a eu plusieurs depuis le débarquement en 1830. Plus intéressante à aborder est la position de l'Etat français face à cet événement. Cette année, plus exactement le 19 avril dernier, un ministre de la République française, Jean-Marc Todeschini, a déposé une gerbe de fleurs et s'est recueilli devant la stèle des martyrs du 8 Mai 1945 à Sétif. Si le geste était «fort» et «symbolique» comme il l'a lui-même qualifié, il a tout de même eu lieu en avance de quelques semaines du jour anniversaire. Un décalage qui n'est pas sans raison. L'Etat français doit tenir compte d'une partie de son opinion publique. La plus raciste parmi les racistes. Comme ce maire de Béziers, Robert Menard, qui fiche actuellement les enfants arabes dans les écoles de sa commune. Il est né en Algérie. Ses parents ont commis l'erreur de quitter l'Algérie à l'indépendance l'emportant avec eux. Ils sont nombreux les Français d'Algérie, les pieds-noirs comme ils se font appeler, les rapatriés comme la France les désignait en 1962, à avoir commis la même erreur que les parents de ce maire, convaincus qu'ils étaient, dans leur petite tête, que les Algériens n'avaient pas la capacité de gérer leur pays et qu'ils les supplieraient de revenir. Ils attendent toujours «l'appel» qui ne vient pas. L'Algérie qui s'est développée, sans eux, jusqu'à devenir une puissance régionale, produit chez eux un surcroît de haine. Entre ces gens-là et l'Etat français, il y a toute une histoire parsemée de pages sanglantes. Ils ont essayé, à plusieurs reprises, d'assassiner le chef de l'Etat français, De Gaulle, en 1962 qu'ils accusent de traître. C'est dire toute la gravité de leur délire. Il se trouve que c'est ce même De Gaulle qui était à la tête de l'Etat français le 8 mai 1945. Pour être plus précis il présidait le gouvernement provisoire car la France venait de sortir d'une occupation allemande qui aura duré quatre années. Les Français d'Algérie étaient divisés en deux camps. Les partisans de Pétain et de son gouvernement installé à Vichy et les autres. A la fin de la Seconde Guerre mondiale, Paris n'avait pas de prise sur l'ordre colonial dirigé en Algérie par les pieds-noirs. C'est de cette situation que le sinistre sous-préfet de Guelma, Achiary, profita pour s'illustrer dans les massacres. On le retrouvera plus tard dans les rangs de l'OAS. De Gaulle dans un sursaut de dignité et pour sauver l'autorité de l'Etat français, envoya à Alger un général de la gendarmerie,Tubert, pour enquêter. Celui-ci fut tourné en bourrique et enfermé au Palais du gouvernement avant d'être remis dans l'avion et «réexpédié» à Paris. De Gaulle accusa le coup sans broncher. Ce qui renseigne sur la réalité du pouvoir colonial en Algérie. Pas seulement en 1945. Même en 1830 et avant. La même situation a été vécue entre De Bourmont qui commandait le corps expéditionnaire et son second Duperré qui commandait la flotte. Le moins que l'on puisse dire est que le courant ne passait pas entre les deux hommes sur le bien-fondé de l'expédition. On peut dire que l'éloignement de l'armée de France aura coûté le trône au roi Charles X quelques jours après le débarquement à Sidi Ferruch. On peut y ajouter les éclaircissements nécessaires de la programmation diabolique depuis l'espion Boutin en 1808. Puis reprendre ces phases, pour le moins bien étudiées. De corps expéditionnaire, on est passé à la «pacification», puis à la colonisation et enfin à l'annexion pure et simple. Comme en 1945, en 1830 l'Etat français était vacillant lors de la prise d'Alger. En réalité, l'Etat français n'a jamais totalement maîtrisé l'occupation de l'Algérie. Entre responsable et coupable, l'Etat français cherche aujourd'hui la meilleure voie. C'est Chirac qui a commencé dans cette voie. Son ambassadeur en Algérie en 2005, Hubert Colin de Verdière, avait qualifié les massacres du 8 mai en Algérie de «tragédie inexcusable». Une double signification qui exclut en même temps le pardon de celui qui ne s'estime pas coupable. En 2012, le président Hollande a été plus loin en qualifiant plus largement la colonisation de «profondément injuste et brutale». Toute chose qu'un Etat qui se respecte ne peut pas avoir commis. Le 19 avril dernier, ce n'est plus un ambassadeur mais un ministre français qui se recueille à Sétif.
On monte dans la hiérarchie. Ce même ministre a rappelé, dans un entretien, les propos du président Bouteflika, à Sétif en 2012, qui avait appelé à une «lecture objective de l'histoire, loin des guerres de mémoires et des enjeux conjoncturels». Une autre orientation de recherches que nos historiens devront adopter. Pour mieux comprendre ce que la France et l'Algérie ont de commun dans leur histoire. Pour aller ensemble vers un avenir meilleur!

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