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Rentrée scolaire hors des villes

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On parle de pédagogie. De citoyenneté. De réforme. De son côté, un enfant voit. Compare. Emmagasine mentalement. Quand on oublie certains détails, bonjour les dégâts. De quoi s'agit-il? De nos écoliers. Tous nos écoliers...

Cri d'alarme. C'est la fin des vacances et tout le monde parle de la rentrée scolaire. On parle du nombre élevé des élèves, plus de 8 millions. On a beaucoup parlé aussi, cette année, de la réforme du système éducatif. Chacun y est allé de son commentaire ou de ses accusations contre la courageuse ministre de l'Education, Mme Benghebrit. Elle a d'ailleurs dit à tous ceux qui veulent bien l'entendre qu'elle tiendra bon, qu'elle ne lâchera pas prise et ira jusqu'au bout de sa mission. Elle veut une école aux valeurs algériennes. Elle veut réapprendre les vertus de la pédagogie aux enseignants. Elle veut réintroduire l'éducation civique pour inculquer à nos enfants un sens élevé de la citoyenneté.
Tout cela et bien d'autres aspects ont été suffisamment débattus, suffisamment rabâchés pour ne pas prendre le risque d'en rajouter et lasser nos lecteurs. Nous avons cependant constaté que dans le flot des discussions sur la scolarité de nos enfants, il y a un volet, non moins important mais qui a été à peine effleuré. Un volet qui touche à la fois à la justice sociale, à la citoyenneté et même au taux de réussite des écoliers. Une triple dimension qui n'apparaît pas à première vue et pourtant...Construire des écoles, des collèges c'est bien. Il en faut chaque année plus. Tempêter contre les retards de livraison de ces établissements dans certaines régions du pays, c'est très bien. Ne pas admettre les classes surchargées d'élèves, c'est admirable. En fait on a l'impression que le souci dominant des responsables du secteur réside dans la construction et le béton. Au point d'oublier certains éléments qui concourent à la construction... du mental (c'est différent) de l'écolier d'aujourd'hui, l'adulte de demain. L'enfant se nourrit de deux manières.
La première se passe à table. Chacun sait qu'un enfant qui a faim est dans l'incapacité d'assimiler ce que l'on veut lui enseigner. Comme tout le monde est d'accord sur ce point, lors de la dernière réunion de la ministre avec les directeurs de l'éducation il a été fait état de l'existence de 14.160 cantines scolaires à travers le pays. Qu'elles suffisent ou pas est un autre sujet. L'essentiel est dans l'importance accordée à cette partie de la logistique prévue dans la scolarité de l'enfant. On a également appris que la santé de l'enfant a sa part dans l'environnement scolaire. Le chiffre officiel fait état de 1322 unités de santé scolaire à travers le territoire. Là aussi, nous n'allons pas vérifier si le nombre est suffisant ou pas. L'essentiel étant dans la prise en charge effective et officiel de ce volet. On a également appris que la moitié des 8 millions d'élèves bénéficient de la gratuité du manuel scolaire. Qu'un peu plus d'un million d'entre eux se verront même offrir un tablier. Certainement les plus nécessiteux. Même chose pour le livre. Il est vrai que l'Etat, à travers toutes ces actions, déploie des efforts uniques au profit des enfants scolarisés. La gratuité va jusqu'à l'université. C'est dire jusqu'à la fin des études de l'Algérien. Pas seulement puisqu'il y a en plus cette prime de scolarité pour les «petits» et la bourse pour les universitaires.
C'est idyllique mais...Cette semaine, le JT de 20 h a diffusé des images qui donnent à réfléchir. La séquence se passe dans une commune de la wilaya de Tarf. Un groupe d'enfants est questionné par le journaliste: «Vous prenez le transport scolaire pour aller à l'école?». Réponse: «Oui à l'aller mais nous faisons le retour à pied!». Le journaliste veut connaître la distance parcourue par ces enfants. «10 km» lui répondent-ils. Ce n'est pas une première car chacun de nous a eu déjà l'occasion, par le passé, de voir des images d'enfants, cartable au dos, marcher dans la nature à perte de vue et quelquefois en pleine bourrasque de neige. Alors une question à nos pédagogues: un enfant qui arrive chez lui exténué par une si longue marche n'est-il pas mis en condition de décrochage? Et si à pas la télé, il voit que le sort des écoliers dans les grandes villes est autrement plus confortable, que retiendra-t-il dans son imaginaire de la citoyenneté? Les mêmes «dégâts» peuvent être provoqués par les vitres brisées de la classe en plein hiver ou le chauffage qui manque. Ce qui veut dire que cette partie qui relève des autorités locales n'est pas prise correctement en charge par nos responsables.
D'ailleurs, ce point a été laissé «aux ministères concernés» lors de la réunion des directeurs de l'éducation citée plus haut. Autre question: où sont passées les centaines de bus distribués par le ministère de la Solidarité nationale il n'y a pas si longtemps? Un maire qui laisse les enfants de sa commune «galérer» sur des km pour rejoindre l'école et qu'il peut croiser sur sa route dans sa belle voiture de fonction est-il digne de rester en fonction? Ou qu'il les laisse grelotter en classe? Mêmes questions aux walis qui n'ignorent rien de ces situations. Aucune circonstance atténuante ne peut être invoquée. Quitte à faire la manche auprès des industriels pour des dons qui allègent leur fiscalité. Quitte à alerter les médias. Quitte à tout faire mais pas de laisser de petits innocents se nourrir de la fausse idée d'une Algérie à deux vitesses. Les vrais pédagogues en mesurent les dégâts à long terme!

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