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Vie ordinaire en pleine crise du pétrole

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Quelle différence entre la baisse du prix du pétrole de 1986 et celle d'aujourd'hui? Par quelle alchimie continuons-nous à vivre au-dessus de nos moyens en toute insouciance? Et surtout, jusqu'à quand?...

Asymétrie. Les indicateurs de nos recettes pétrolières sont au rouge. Ceux de nos finances publiques sont à l'orange. Dans le même temps, ceux de la consommation des ménages sont toujours au vert. Entre les précisions chiffrées données par le gouverneur de la Banque d'Algérie, Mohamed Laksaci, et les indices de consommation des ménages il y a comme une dichotomie. C'est l'effet de la «soutenabilité» évoquée par Laksaci. Essayons de faire plus simple. Chacun sait que notre économie dépend essentiellement des hydrocarbures. Le prix du baril a été divisé par trois comme chacun le sait également. Ce que l'on sait moins, du moins on n'en parle pas assez, c'est la forte baisse de nos exportations des hydrocarbures. Moins de vente à prix réduit cela donne un résultat que personne ne peut ignorer. Il y a un creux qui résonne dangereusement dans les caisses de l'Etat. Le citoyen algérien ne le ressent pas encore dans sa vie quotidienne. Il consomme normalement. Comme avant. Il résiste à tous les «chocs» comme ceux qui se sont succédé cet été. Il y a eu d'abord les dépenses du mois sacré de Ramadhan. Les tables étaient toujours bien garnies et la fête présente chaque soir. Ensuite, c'était au tour des grandes vacances. La majorité des Algériens ne s'en est pas privée. Les uns à l'étranger et les autres ont opté pour le tourisme national. Dans les deux cas les ménages n'ont pas été très regardants. Dès leur retour c'était la rentrée scolaire avec les trousseaux des enfants. Habits neufs, cartables, cahiers, etc. Le souci des parents était de faire plaisir à leur progéniture. Rien à signaler du côté du porte-monnaie. Bien sûr qu'il s'agit d'une approche globale basée sur la majorité des citoyens. De plus et s'il fallait évoquer l'aide aux plus démunis, il faut préciser que l'Etat n'a pas été avare, non plus, avec les nantis. La gratuité de l'enseignement et de la santé est, chez nous, sacrée. A ces trois «chocs» indolores arrive un quatrième. Dans deux semaines ce sera l'Aïd El Kébir. La vente des moutons a déjà commencé. A Djelfa cette semaine les prix affichés sur le marché varient de 35.000 dinars pour le petit agneau «allaliche» de moins d'une année jusqu'au bélier «cornu» à 65.000 dinars. Des prix jugés «raisonnables» par les maquignons. Toujours cette semaine et à l'approche de la fête, la tendance des prix des légumes (pour accompagner les plats de mouton) est à la hausse. Cela ne semble déranger personne. D'autant qu'il faudra ajouter le mouton du retour des hadjis dont le coût du voyage n'a rien à voir avec les dépenses ordinaires des ménages. L'ensemble de ces «chocs», bien amortis par les consommateurs, comparé au choc pétrolier sur nos finances publiques, échappe à l'analyse rationnelle de l'économie. La raison est expliquée par Laksaci par nos réserves de changes et la «très faible dette extérieure». Ce qui permet la «soutenabilité» dont nous parlions plus haut. En d'autres termes et si le président de la République n'avait pas été prévoyant pour anticiper le remboursement de la dette extérieure et s'il n'avait pas prévu «le bas de laine» que sont nos réserves de changes, les Algériens auraient été, aujourd'hui, dans la même situation qu'en 1986. C'est-à-dire que le Ramadhan, les vacances, la rentrée scolaire et le mouton de l'Aïd auraient eu un «goût amer» cette année. Pour ne pas dire dramatiques. Ceci pour ne laisser aucune prise aux détracteurs de mauvaise foi sur le bilan du président Bouteflika. Et ce n'est qu'une partie de ses réalisations. Celles du développement social et économique seraient trop longues à énumérer ici aujourd'hui. Tout cela est parfait. C'est bien beau que le président ait pensé à tout. Sauf qu'il ne peut l'avoir fait pour nous garantir l'insouciance pour l'éternité. Si nous ne bougeons pas, pendant que nous en avons encore le temps, le pire est à craindre à court terme. En une année (de juin 2014 à juin 2015) nous avons puisé dans nos réserves de changes plus de 34 milliards de dollars. Nous vivons au-dessus de nos moyens. Nous avons importé pour plus de 27 milliards de dollars au cours du premier semestre de cette année. Durant la même période nos recettes d'hydrocarbures ont été de 18 milliards de dollars. La différence saute aux yeux du plus profane. Les causes de la chute du prix du baril semblent être là pour durer. En plus des spécialistes qui l'affirment, tout le monde peut constater que la demande baisse alors que l'offre augmente sur le marché pétrolier. Il est temps de dire la vérité aux Algériens comme a plaidé le patron du RND, Ahmed Ouyahia. Pas de cette «vérité» qui consiste à noircir le tableau pour semer le désarroi et le pessimisme. La «vraie» vérité est que notre économie est à même de résister encore, pour un temps, à ce choc. La «vraie» vérité est que ce temps (on a envie de dire ce sursis) doit être mis à profit par les Algériens pour réagir sainement et se remettre au travail sans attendre. Les incitations à cette reprise sont nombreuses. Elles vont des initiatives audacieuses et innovantes du gouvernement jusqu'au comportement patriotique des partis politiques et de la société civile dans la sensibilisation de la population active du pays. Cela consiste également à combattre les «mauvais génies» qui parlent de «transition politique» pour tenter de remettre le pays à la case départ. Dans le néant où il était plongé en 1962. Voilà la vérité!

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