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L'Algérie "s'arrime"à la station spatiale

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Notre pays, seul pays arabe et musulman, participe aux côtés des grandes puissances à l'équipement de l'ISS placée en orbite au-dessus de la Terre. Ce n'est pas rien. Un nouveau défi, pas des moindres, qui a pour premier résultat de croire en nos propres capacités à surmonter toutes les difficultés. Comme la crise du pétrole. Il suffit de...

Sans fausse modestie. On le savait déjà, mais pourquoi ne pas le rappeler? Sellal, le Premier ministre, l'avait annoncé en novembre 2013. Mebarki alors ministre de l'Enseignement supérieur en avait précisé les détails le lendemain. Cette semaine c'est le Pr Mokhtar Sellami du même ministère qui, profitant d'une table ronde sur l'évolution de la recherche scientifique dans le monde et en Algérie, est revenu sur le sujet. De quoi s'agit-il? De cette «maison» construite, en 1998, au-dessus de nos têtes et qu'on connaît mieux sous le nom de Station spatiale internationale (ISS). Six êtres humains (cosmonautes) y vivent dans des conditions totalement différentes que sur Terre. Chacun d'eux y passe six mois avant d'être remplacé par d'autres cosmonautes plus «frais» envoyés de la planète Terre. Il s'agit bien entendu de scientifiques de différentes spécialités (de différentes nationalités aussi) qui sont préalablement entraînés, durant des années, à la vie dans l'espace. Située à moins de 400 km au-dessus de la Terre cette «maison» fait 16 fois, par jour, le tour de la Terre à une vitesse de 28.000 km/h. Soit 16 périodes de jour et autant de périodes de nuit en une seule journée. Quant à la vitesse, on est loin de celle d'un TGV ou même de l'avion supersonique. Un mode de vie inconnu sur Terre. Le but de cette station est de servir, d'une part, comme laboratoire de diverses recherches scientifiques sur l'environnement de la Terre ainsi que des études sur l'espace. D'autre part, la station est conçue pour servir, à terme, de plateforme pour les missions de longue durée vers la Lune et la planète Mars. Parmi les pays (Etats-Unis, Russie, Canada, Brésil et 11 pays d'Europe) qui participent à ce programme, il y a également le Japon qui vient de ravitailler, le 25 août dernier, avec succès la station. C'est ce regroupement de pays très avancés dans la recherche du futur que l'Algérie, seul pays arabe et musulman, a rejoint en 2013. Pour y faire quoi? pour «prendre part, notamment, au projet d'installation d'un grand télescope au niveau de la station orbitale internationale» nous dit le Pr Sellami. Ceci «dans le cadre de la mission du «Japanese Experimental Module as Extreme Universe space observatory» (JEM -EUSO) qui consiste à développer, par un effort international conjoint, un télescope dédié à l'exploration des sources d'énergie qui alimentent l'accélération des rayons cosmiques de très hautes énergies notamment, celles qui entourent le globe terrestre» est-il précisé. «Ce projet est piloté par le Centre de recherche japonais Riken et pris en charge par 87 institutions de 16 pays dont l'Algérie qui participe avec 30 chercheurs du Centre algérien de développement des technologies avancées (CDTA)» nous a-t-on également appris. L'installation sur la station spatiale internationale de ce télescope géant est prévue en 2017 ou 2018. Et avec lui, l'emblème national qui flottera dans l'espace. Il n'y a aucune raison de jouer aux faux modestes. Une telle participation dans la cour des grands de la recherche spatiale a de quoi remplir de fierté l'Algérien le plus apathique. Une fierté qui n'est pas de trop en ces moments pleins de défis que nous impose notre émancipation économique de la dépendance aux hydrocarbures. Une fierté qui efface les doutes, pour ceux qui en avaient encore, sur nos capacités à relever ces défis. A reprendre confiance en nous-mêmes. A croire en nos capacités de créer, et d'innover au-delà des exigences d'une simple diversification de nos moyens de production. Ce n'est ni de la démagogie ni de la fiction, des citoyens algériens sont partie prenante dans la conquête de l'espace. Quand on prend conscience de la réelle mesure de l'immensité d'un tel projet, on ne peut qu'être rassuré en relativisant ceux que nous devons réaliser pour assurer notre sécurité alimentaire, notre sécurité tout court et notre développement au même titre que les pays émergents comme, par exemple, le Brésil qui est engagé lui aussi dans le programme de l'ISS. Certes, l'Ecole algérienne a connu, à son corps défendant, des ratés par le passé. Des ratés en voie d'être rattrapés par les correctifs mis en place pour un enseignement où la pédagogie et l'intelligence domineront. En attendant et avec beaucoup de volonté pour acquérir le savoir-faire des pays avancés nous pouvons une nouvelle fois étonner le monde. Comme en novembre 1954 où très peu pariaient sur notre victoire. Comme durant la décennie noire ou rouge des années 1990 où très peu étaient ceux qui croyaient qu'on allait nous en sortir tout seuls. Comme pour le «printemps arabe» où rares étaient ceux qui auraient misé sur nos capacités de défense. C'est d'ailleurs face à cette épreuve que notre vaillante Armée nationale populaire s'est révélée être une force régionale incontournable et reconnue par la communauté internationale. On peut y ajouter le formidable développement infrastructurel en cours depuis plus d'une décennie. Aujourd'hui, cet investissement dans la recherche spatiale prouve que nous n'en avons pas fini d'étonner. Le génie algérien existe. C'est une réalité. Pas de fausse modestie qui tienne!

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