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Le terrorisme en France vu d'Algérie

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Hier, Paris a été, une nouvelle fois, au centre de la guerre contre le terrorisme. Les Algériens suivent à la télé et en direct la violence qui s'est abattue sur la France. Les images qu'ils reçoivent réveillent en eux de douloureux souvenirs. Une tragique expérience...

Un air de déjà-vu. La violence terroriste semble s'être installée dans la durée en France. Hier et après la série d'attentats de vendredi dernier, la capitale française a été une nouvelle fois le théâtre d'une véritable scène de guerre. Des terroristes retranchés dans un appartement ont été découverts par les forces de sécurité françaises. De gros moyens ont été déployés pour les neutraliser. Les tirs et les explosions ont duré des heures, tandis que le quadrillage des lieux s'est poursuivi durant une bonne partie de la journée. Les Algériens ont pu suivre les images retransmises en direct, via les satellites, par les chaînes télé. Pour beaucoup d'entre nous ces images avaient quelque chose de déjà-vu. Ou pour être plus précis, ces images ont ravivé dans nos esprits les douloureux souvenirs de ce que nous avions vécu lors de la décennie noire des années 1990. L'appartement des terroristes assiégés à Seine-Saint-Denis, par les troupes d'élite de France, les tirs, les explosions, le quadrillage du quartier étaient d'une horreur qui semblait sortir des «archives» pour faire revivre l'épisode d'un groupe de nos terroristes de l'époque, retranchés eux aussi, à l'époque, dans un appartement de la capitale algérienne. Il s'agit du groupe dirigé par un terroriste tristement célèbre dans nos mémoires sous le sobriquet de «Flicha». L'assaut donné par nos forces de l'ordre avait été aussi violent pour déloger et neutraliser ce groupe lourdement armé. C'est dire avec quelle gravité nous suivons l'épreuve qu'endurent les Français. C'est dire aussi combien nous comprenons leur douleur. Et combien est profonde notre compassion. Pour avoir été la première cible de ce terrorisme international que le monde n'a «découvert» que bien plus tard, nous savons que le président Hollande n'exagère en rien lorsqu'il considère que son pays «est en guerre».
Nous savons aussi, en espérant profondément nous tromper, que cette guerre ne va pas s'arrêter à la Seine-Saint-Denis. Comme elle ne s'est pas arrêtée au Bataclan. Comme elle ne s'est pas arrêtée en janvier dernier. Il y a trop d'indices qui attestent que la bête immonde compte s'acharner sur sa proie. Ni les frappes en Syrie, ni les autres interventions des troupes françaises ailleurs ne constituent les véritables et seules causes de cette violence d'un autre âge que vivent les Français. D'autres pays occidentaux participent à ces frappes sans s'être attiré des «représailles» terroristes d'une telle ampleur. D'une telle organisation diabolique. Jusque-là, ces pays et même la France dans un passé récent, n'ont connu que des actions de «loups solitaires». Aujourd'hui ce sont des commandos suréquipés et bien structurés avec des ramifications dans d'autres pays d'Europe, qui s'attaquent à la France. Pour l'illustration, l'affaire Merah s'est déroulée à Toulouse et non pas à Paris.
Dans l'histoire de France, toutes les grandes étapes depuis 1789 (et même avant) ont eu Paris comme «épicentre». De plus, il est
aujourd'hui établi que Merah a été manipulé par un «ami». Merah le dit lui-même dans ses dernières conversations avant l'assaut final. De plus et comme pour nous dans les années 1990, cette forme de terrorisme qui enfourche l'Islam a pour but de faire «d'une pierre, deux coups». Discréditer la religion dont les croyants se reconnaissent aux mots «Salam» qui veut dire «Paix» et utiliser comme chair à canon, les plus fragiles psychologiquement d'entre eux, pour frapper ceux qui s'opposent à «l'ordre satanique». Sur un plateau de télévision française un observateur s'est interrogé pourquoi le président Hollande ne fait jamais suivre le mot terroriste par le qualificatif «islamiste». Au Caire, Obama avait précisé que le terrorisme auquel le monde fait face n'a rien à voir avec l'Islam. Poutine aussi le sait. Le pape François non plus, ne verse pas dans cet amalgame. Tous les dirigeants du monde le savent. Cette semaine, l'un d'eux, le roi de Jordanie (pays à majorité musulman) a appelé le «chat» par son nom. Dans un entretien à la chaîne Euronews, il a fait part de sa pensée en liant le terrorisme à la 3ème guerre mondiale. Différente seulement par la forme, aux deux premières. C'est exactement ce qu'ont compris les chefs d'Etat américain, russe et français qui viennent de décider d'unir leurs efforts pour libérer le monde de ce fléau. Comme leurs aînés l'ont fait en 1945. Ils ont mis, pour cela, de côté leurs différences d'opinion sur tous les autres sujets. Paris a été occupé par les nazis. De la même façon, les terroristes cherchent, aujourd'hui, à la «mettre à genoux». Les nazis ont été vaincus par les troupes alliées. Le terrorisme le sera également par ces mêmes forces unies. En attendant, nous exprimons toute notre solidarité au peuple français. Connaissant son courage et sa lucidité nous sommes sûrs qu'il ne se trompera pas de cible. L'Algérien, en bon musulman, est un homme de paix. Et quel que soit le pays où il réside!

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