Prévisions pour le 21 Septembre 2018

 Adrar Min 27 °C Max 38 °C
23
 Laghouat Min 16 °C Max 28 °C
34
 Batna Min 13 °C Max 23 °C
30
 Biskra Min 20 °C Max 33 °C
32
 Tamanrasset Min 20 °C Max 28 °C
30
 Tlemcen Min 16 °C Max 25 °C
32
 Alger Min 18 °C Max 26 °C
30
 Saïda Min 16 °C Max 25 °C
30
 Annaba Min 21 °C Max 27 °C
47
 Mascara Min 15 °C Max 26 °C
30
 Ouargla Min 25 °C Max 33 °C
30
 Oran Min 21 °C Max 25 °C
34
 Illizi Min 22 °C Max 35 °C
32
 Tindouf Min 23 °C Max 34 °C
34
 Khenchela Min 14 °C Max 22 °C
30
 Mila Min 17 °C Max 24 °C
39
 Ghardaïa Min 21 °C Max 30 °C
30
Accueil |Chroniques | L’envers du décor |

Les indigènes, les chouhada et les Algériens

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Durant la colonisation, il n'y avait pas d'Algériens. Il y avait les indigènes (nous) et les colons. Les premiers étaient les esclaves des seconds. Jusqu'à ce jour du 1er Novembre 1954 où des Algériens ont décidé de mourir debout que de vivre à genoux. Depuis l'indépendance, c'est une nouvelle vie...

Dette éternelle. Plus que tous les autres événements, la «Journée du chahid» célébrée le 18 février de chaque année, comme aujourd'hui, est réductrice comparée aux exigences mémorielles qui doivent guider nos actions de tous les instants. Une telle journée reste tout de même une opportunité. Pour que toutes les générations d'Algériens, présentes et à venir, aient une idée de l'enfer qui a commencé le 5 juillet 1830 pour ne s'achever que le 5 juillet 1962. Pour mieux comprendre, il nous paraît plus utile de retracer la vie en Algérie avant le 1er Novembre 1954. Ils comprendront plus facilement ce qu'ils doivent aux chouhada. Durant la colonisation, il n'y avait pas d'Algériens. Il y avait les indigènes d'un côté (c'est-à-dire nous tous) et les Français (en réalité des pieds-noirs formés d'immigrés espagnols, italiens, maltais et les juifs d'Algérie qui ont obtenu la nationalité française en 1870). Ces Français colons avaient tous les droits. Même le droit de vie ou de mort des indigènes. Nous n'exagérons rien. En fait, les indigènes ou Arabes (la désignation était au choix de l'occupant) avaient le statut d'esclaves. Dans leur propre pays. Spoliés de leurs terres fertiles de la Mitidja (ils appelaient cette région l'Algérie utile), nos ancêtres ont été repoussés les uns vers les montagnes et les autres vers l'arrière-pays aux terres incultes. Comme les colons avaient besoin de main-d'oeuvre, taillable et corvéable à merci, ils créèrent autour des villes des bidonvilles où venaient s'entasser les Algériens tiraillés par la faim et la misère dans les montagnes et à l'arrière-pays.
C'est ainsi qu'autour de la capitale, par exemple, s'est créé le quartier de Maison carrée (actuellement El Harrach), Belcourt (actuellement Belouizdad), Clos Salembier (actuellement El Madania), etc. Et puis bien sûr la Casbah que tout le monde connaît. C'est dans ces «îlots» que se regroupaient (s'entassaient plutôt) les indigènes que nous étions. Alors que les emplois dans l'administration étaient réservés aux colons, les Algériens n'avaient droit qu'au travail saisonnier dans les fermes que les occupants s'étaient octroyées ou au travail journalier (ex:dockers). C'est-à-dire la survie au jour le jour. Privés de ressources, de soins, d'enseignement, la condition des Algériens était pire que celle des animaux domestiques des colons. La situation des Algériens qui étaient restés confinés à l'intérieur du pays était encore plus inhumaine. Comme il serait trop long de décrire cet enfer, nous préférons renvoyer nos lecteurs à deux auteurs qui ont admirablement apporté leurs témoignages de l'époque.
Mouloud Feraoun (Le fils du pauvre) pour la vie des Algériens dans les montagnes et Mohamed Dib (L'incendie) pour celle qui prévalait autour des villes. Non sans citer le fameux code de l'indigénat qui avait été spécialement confectionné par l'occupant pour nous «régir». Nous citerons, dans ce code, la responsabilité collective qui consistait à punir toute la tribu pour un acte commis par l'un de ses membres contre les intérêts des colons. Ce n'est là que des fragments de quelques pages d'histoire de l'enfer qui a duré un siècle et demi. C'est une triste vérité que tous les Algériens ne doivent jamais oublier. Alors et quand on a pris connaissance de cette sauvagerie, les images que nous rencontrons aujourd'hui dans la vie courante des Algériens relèvent de l'irréel pour nos ancêtres. Voir aujourd'hui, des Algériens vivre dans des appartements avec l'eau courante et toutes les commodités, voir tous nos enfants aller à l'école, voir nos malades se soigner gratuitement (avant ils se rendaient chez l'herboriste), voir ces hommes et ces femmes au volant de leurs voitures se rendant à leur travail, voir ces somptueuses villas pour les plus riches d'entre nous, voir ces médecins, ces ingénieurs, ces administrateurs formés par l'Algérie pour les Algériens, une seule pensée bouscule toutes les autres et s'impose. Nous devons tout cela à nos glorieux martyrs. Sans leur sacrifice, nous serions encore, aujourd'hui, soit bergers, soit cireurs, soit dockers chargeant ou déchargeant les bateaux ployés par le poids des sacs chargés sur son dos (il n'y avait pas d'engin de manutention à l'époque).
Sans leur sacrifice, notre durée de vie serait encore à 50 ans. Sans leur sacrifice aucun Algérien n'aurait le droit de s'aventurer dans certaines rues, comme la rue Michelet (actuellement Didouche-Mourad) à Alger. Ces rues étaient réservées aux seuls colons. Sans leur sacrifice nous serions toujours humiliés, dans notre propre pays, où nous étions tous des «Mohamed», des «Fatma» ou des «Yaouled». Voilà pourquoi (et nous n'avons pas pu tout retracer) nous devons une reconnaissance éternelle à nos chouhada. Comment? En préservant, en protégeant, en développant ce pays, l'Algérie, pour lequel ils ont sacrifié leur vie. Nous devons nous en rappeler à chaque instant!

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha