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Les journalistes européens s'autocensurent

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La vague d'attentats qui s'est abattue sur l'Europe a démystifié l'exercice du métier de journaliste. Les médias ne diffusent pas toutes les informations en leur possession. Pourquoi? Ils s'en expliquent...

Liberté de la presse. C'est le parquet fédéral belge qui a vendu «la mèche». Cela s'est passé au cours de la conférence de presse qui a été tenue après l'arrestation de Salah Abdessalam, le terroriste «présumé» des attaques de Paris en novembre 2015. Le magistrat belge a, devant les caméras du monde entier, «remercié les médias qui ont tenu compte des nécessités des opérations en cours en ne diffusant pas, à sa demande, certaines informations dont ils avaient connaissance». L'effet de surprise dans la salle était inévitable. Non pas parce que les journalistes présents ne reconnaissaient pas s'être autocensurés, mais plutôt par le déballage public de l'information. Par la suite les langues se sont déliées. Ecoutons la confession du rédacteur en chef du grand quotidien belge «Le Soir»: «Vers 21 h 30, j'ai reçu deux appels, l'un du centre de crise, et l'autre du cabinet du Premier ministre [Charles Michel], nous demandant de prendre de la distance, de ne pas nommer précisément les quartiers où les opérations avaient lieu pour ne pas compromettre les opérations. J'ai réuni les chefs de service et j'ai pris la décision d'accepter.» On apprend même que ce n'était pas la première fois que les journalistes occidentaux font délibérément l'impasse sur certaines informations. C'est Sophie Lejoly de l'agence Belga qui avoue que cette pratique n'est pas récente: «Le fait que ces événements arrivent une semaine après la tuerie de Paris compte, on est plus responsables.» Elle faisait allusion aux attentats de janvier 2015 à Paris. D'autres journalistes n'hésitent pas à écrire qu'ils «acceptent assez volontiers de «jouer le jeu» pour ne pas entraver les opérations de police». Pour eux, c'est un comportement qu'ils qualifient d'«attitude citoyenne». Les journalistes ont tout simplement accepté de se conformer à la demande que leur avaient adressé les autorités de leur pays dont voici le texte: «Par sécurité, veuillez respecter le silence radio sur les médias sociaux concernant les opérations de police en cours à Bruxelles. Merci!». C'est pour avoir respecté cette consigne que le parquet fédéral a tenu à les en remercier publiquement. Il y a une autre variante que les journalistes européens adoptent en droite ligne de la même attitude citoyenne. Tout le monde aura remarqué que les terroristes, une dizaine, qui ont commis les attentats de Paris, en Novembre dernier, avaient la nationalité belge tout en étant d'origine marocaine. Le souci de ne pas stigmatiser toute une communauté, de ne pas participer à une fracture de la société belge, a poussé les médias à ne pas forcer le trait sur cette particularité. Ce qui dénote d'une évolution dans la prise de conscience de ces médias car il faut se rappeler que dans les attentats de Toulouse commis par Merah, ce Français d'origine algérienne, les journalistes occidentaux n'ont observé aucune retenue pour éviter les amalgames. Au contraire, ils ont tellement fait dans l'excès que des équipes de télés ont même été dépêchées au village natal de ses ancêtres dans la région de Médéa. Sarkozy, le président de la République française de l'époque, avait fait savoir qu'il ne voulait pas le voir enterré en France. Il avait suggéré qu'il le soit en Algérie. Ce qui aurait permis une «rallonge» de la couverture médiatique avec, bien entendu, son contenu tendancieux. Il est heureux de constater qu'avec les terroristes de Molenbeek, ce traitement sournois des événements ait été abandonné. Ceci dit et si nous avons choisi de traiter ce sujet cette semaine, il y a une raison. Celle d'une meilleure compréhension de la liberté de la presse, de la démocratie de façon plus générale, dans le traitement de l'information dans notre pays. Nous avons connu les mêmes conditions dramatiques lors des années terroristes des années 1990. Ces dures années ont eu lieu en même temps que la naissance du pluralisme et de la liberté d'opinion. La liberté de la presse était comprise par nos médias comme n'ayant aucune limite. Pour parer aux dégâts, les autorités avaient créé une commission de lecture (de censure) dans les imprimeries. Il y eut la levée de boucliers pour dénoncer ce qui était considéré comme une atteinte aux libertés. Aujourd'hui, il y a des améliorations palpables et la règle s'est muée en exception. Alors et quand les limites de la liberté de la presse nous viennent des pays où est née la démocratie, il aurait été impardonnable de ne pas en profiter et en faire profiter le plus grand nombre chez nous. Sous tous les cieux, l'intérêt supérieur de la nation, se place avant tout autre considération. Il est impératif de le rappeler en ces temps de résurgence du terrorisme dans notre région. Pour être comme les journalistes des pays démocratiques d'Europe. Pour agir en responsables comme eux. Ni plus. Ni moins!)

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