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Les criminels du 8 mai 1945 identifiés

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L'ordre n'est pas venu de Paris. L'administration coloniale en Algérie était en déconfiture après la déroute des antisémites de Vichy. Au-delà de la responsabilité de l'Etat français, les véritables criminels n'ont jamais été inquiétés. Ils sont pourtant identifiés et identifiables...

45.000 morts. Tous des civils algériens. Un massacre imprescriptible. Quand, où, comment et qui l'a commis? C'était le 8 mai 1945 à Sétif, Guelma et Kherrata, dans la région est de l'Algérie (qui était «territoire français). C'était aussi le jour de la libération de l'occupation allemande en France. Des manifestations eurent lieu dans toute la France. En Algérie, dans plusieurs villes, des Algériens sont sortis pour défiler et demander, pacifiquement, de bénéficier de ce vent de libération qui soufflait sur toute la planète. L'Etat français était en décomposition avancée. Les troupes allemandes qui occupaient une partie du territoire et qui avaient confié l'autre partie au maréchal Pétain, étaient remplacées par un gouvernement provisoire dirigé par le général de Gaulle. En Algérie, l'administration coloniale vivait la même vacuité. Les partisans de Pétain étaient pourchassés par le reste des pieds-noirs. Ce qui rendait la gouvernance très opaque. Il y avait bien, en ce 8 mai 1945, à Alger un gouverneur général français, Yves Chataigneaux, mais il était absent ce jour là.
A Guelma, un sinistre sous-préfet allait profiter de ce désordre institutionnel pour laisser libre cours à ses instincts de sauvage. Il s'appelait André Achiari. Auparavant, il était commissaire de police à Alger, puis sous-préfet à Sétif avant de prendre ses fonctions à Guelma. Les troupes militaires françaises affectées dans la région du Constantinois étaient commandées par le général Raymond Duval. Achiari, qui avait participé à l'opération «torch», c'est-à-dire la conspiration des ultras d'Alger (contre les troupes fidèles à Pétain) qui ont créé les conditions idoines pour le débarquement américain en Algérie, le 8 novembre 1942. Ce rapide «synopsis» de la situation en Algérie à cette époque, suffit pour comprendre que plusieurs forces existaient en Algérie. Aux intérêts différents. Pour faire encore plus court, ce sont les forces constituées par les pieds-noirs ciblés par le régime antisémite de Vichy qui contrôlaient le territoire algérien. Achiari en faisait partie. Quant à Duval et Chataigneaux, ils endossèrent, de par leurs fonctions, la responsabilité, mais pas l'initiative. D'ailleurs, on retrouvera le même Achiari dans les groupes terroristes de l'OAS, notamment lors de l'attentat de la rue de Thèbes à la casbah d'Alger qui fit, le 6 Août 1956, une centaine de victimes parmi la population algérienne surprise dans son sommeil. La suite devient plus facile à comprendre. L'ordre de tirer sur les manifestants algériens de Sétif, Guelma et Kherrata n'est pas venu de Paris. Pour la simple raison que De Gaulle qui était à la tête du gouvernement provisoire dépêcha une commission d'enquête dirigée par le général de gendarmerie, Paul Tubert. Ce dernier et la délégation qu'il dirigeait ont été vite remis, par les pieds-noirs, dans l'avion en partance pour Paris après avoir été tournés en bourrique dans Alger les empêchant de se rendre sur les lieux des massacres. On a vu plus haut que le gouverneur Chataigneaux et le général Duval faisaient plus de la figuration pour maintenir un semblant de représentativité de l'Etat français. Reste Achiari et le commando de l'opération «Torch» dont il faisait partie et qui était dirigé par un... professeur de médecine d'Alger, Henri Aboulker. C'est dans son domicile à la rue Michelet (aujourd'hui Didouche-Mourad) que se tenaient les réunions secrètes. Voilà qui donne tout le sens à la déclaration de l'ambassadeur de France en Algérie, Hubert Colin de Verdière, qui lors d'une visite à Sétif, le 27 février 2005, qui a qualifié les massacres des Algériens le 8 mai 1945 de «tragédie inexcusable». Son successeur Barjolet, en plus nuancé, a dit la même chose en 2008. L'actuel secrétaire d'Etat français aux Anciens Combattants les a suivis pour dire, le 19 avril 2015 à Sétif, «la reconnaissance de la France» de cette «tragédie inexcusable». Il est vrai que la responsabilité est pleinement endossée par l'Etat français. Il ne peut en être autrement. Mais au moment où se déroule en Allemagne, 71 ans après les faits, le procès du dernier nazi survivant (âgé de 94 ans), Reinhold Hanning, on est en droit ici en Algérie, d'exiger le même traitement aux Français auteurs des massacres d'Algériens. S'il y a des survivants allemands, il doit bien y avoir des survivants français. En tout état de cause, il est indispensable pour nos historiens de se pencher sérieusement sur cet aspect de la colonisation où il y a d'une part, l'Etat français qui a l'entière responsabilité des crimes perpétrés en son nom et de l'autre, les véritables criminels français qui ont du sang algérien dans les mains. Pour que toute la lumière soit faite au bénéfice des générations futures!

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