Prévisions pour le 21 Septembre 2018

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23
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34
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30
 Biskra Min 19 °C Max 32 °C
32
 Tamanrasset Min 20 °C Max 28 °C
30
 Tlemcen Min 17 °C Max 25 °C
32
 Alger Min 17 °C Max 26 °C
30
 Saïda Min 15 °C Max 25 °C
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 Annaba Min 21 °C Max 26 °C
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30
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 Oran Min 21 °C Max 25 °C
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 Tindouf Min 24 °C Max 36 °C
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 Khenchela Min 13 °C Max 22 °C
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 Mila Min 17 °C Max 25 °C
39
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30
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La canicule et les Algériens, hier et aujourd'hui

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Le thermomètre passe la barre des 30 °C. Les autorités sanitaires nous recommandent de boire assez pour éviter la déshydratation. Pourtant, il y a quelque temps, elles se gardaient bien de donner ce conseil. Petit rappel...

«Normal!». C'est le mot en vogue, chez nous, de nos jours pour banaliser un événement. L'arrivée des grandes chaleurs fait partie de ces événements. Les services de la météo l'ont annoncé dès mardi dernier. Le seul ministère à avoir réagi est celui de la Santé. Pour dire quoi? Surtout de «boire suffisamment». Il y à peine une décennie, un tel conseil aurait été quelque peu déplacé. On l'oublie peut-être, mais la relation de l'Algérien avec ce précieux liquide qu'est l'eau était totalement différente. Le conseil qui prévalait à l'époque était où trouver cette eau? Les robinets n'avaient pas plus d'utilité qu'une lampe à huile qui racontait une vie antérieure. La baignoire, pour ceux qui avaient un logement décent, n'avait plus le même usage qu'on lui connaît et qui est de se laver. Elle servait à stocker l'eau péniblement captée au milieu de la nuit. Péniblement par son mince filet et sa courte durée. Et pas toutes les nuits. On l'oublie peut-être, mais le principal souci de l'Algérien à l'époque était d'installer une citerne dans un coin du balcon. Ce n'était pas suffisant car il fallait aussi la doter d'un suppresseur plus puissant que celui du voisin. Ce qui donnait lieu à des disputes interminables. C'était également un investissement qui n'était pas à la portée de toutes les bourses. Les moins nantis «collectionnaient» les bidons en tous genres qui étaient rangés dans les moindres espaces libres de la maison. Leurs approvisionnements relevaient de la responsabilité de toute la famille. Grands et petits. Tous à la recherche du moindre point d'eau signalé de bouche à oreille. C'était quelquefois une station-service. Une bouche d'incendie. Ceux qui avaient un véhicule, très peu il y a dix ans, remplissaient la malle de bidons vides et s'en allaient prospecter à des kilomètres avec un peu plus de chance de les remplir. Bref, trouver de l'eau, il y a peine une décennie, était l'obsession quotidienne des Algériens. On nous expliquait à l'époque que c'était la pompe de la nappe phréatique qui alimentait la région qui s'étaitt arrêtée suite à une panne de courant. Les services de l'hydraulique qui rejetaient la faute aux services de la Sonelgaz. Le citoyen était ainsi ballotté sans savoir qui était responsable et de quoi. Le plus grand «marqueur» de ces moments-là est la chanson tube «Djaa El Maa» que personne n'a dû oublier. Tout cela est derrière nous grâce au développement extraordinaire qu'a connu, depuis, le secteur des ressources hydrauliques. Barrages, usines de dessalement d'eau de mer, traitement des eaux usées, etc. Pas seulement car il y a eu en parallèle la rénovation de toutes les canalisations de distribution en milliers de kilomètres. Les pertes dues aux fuites qui atteignaient, par endroit, les 50 et 60% sont depuis évitées. Il y a une décennie, c'était hier. D'ailleurs c'était juste avant l'arrivée des climatiseurs qui ont remplacé le florissant commerce des citernes en déclin. Le même communiqué du ministère de la Santé que nous avons évoqué au début, donne un autre conseil à la population. Celui «de garder les fenêtres exposées au soleil fermées». «Pas de problème!» (un autre mot en vogue). Il y a aujourd'hui la Clim'. Il y en a tellement que la Sonelgaz revoit en permanence ses programmes pour répartir sans trop de rupture la distribution du courant électrique. C'est toujours intéressant de «zoomer» sur un vécu, pas très lointain, mais vite oublié. Intéressant car il permet de mieux comprendre la relation qu'il y a entre le développement d'un pays et l'état de sa société. Les conseils du ministère de la Santé témoignent du progrès social accompli en Algérie. La canicule devient une menace pour une population à la vie devenue plus confortable. Signe des pays développés. Pourtant il y a une ombre au tableau. Notre pays n'a pas déménagé et se trouve toujours à la même place géographique. C'est-à-dire un pays semi-aride. Quels que soient les efforts consentis en investissements, nous restons tributaires des précipitations propres à notre région qui n'a pas la réputation d'être trop généreuse. Une telle transformation de la société, positive en soi, a tout de même ses travers. L'insouciance et le relâchement de la vigilance peuvent créer des surprises à terme. Les pouvoirs publics se doivent d'appréhender et anticiper les problèmes éventuels qui peuvent surgir des caprices de la nature. Il est regrettable, par exemple, que le ministère des Ressources en eau n'ait pas eu la même promptitude à réagir que le ministère de la Santé. Pour mettre en garde contre le gaspillage. Juste rappeler à la population que nous ne sommes pas la Norvège. Que nous n'avons pas de glaciers. Que la goutte d'eau là-bas et ici n'a pas la même valeur. Et que si nous voulons continuer à avoir de l'eau dans nos robinets comme les Norvégiens, il nous faut apprendre à l'économiser. Surtout lors des grandes chaleurs!

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