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Les intoxications alimentaires qu'on voit et les autres

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Souvent notre ventre nous fait perdre la raison. Deux Algériens sont morts pour avoir mangé des aliments impropres. Près de 1200 autres intoxiqués l'ont échappé belle. Ce sont les chiffres de 2016. Le ministère de la Santé appelle à la vigilance. Sauf que...

Alerte. Le ministère de la Santé s'illustre ces derniers temps par une remarquable réactivité aux phénomènes qui menacent la santé des citoyens. On l'a vu pour la canicule. On l'a constaté, mardi dernier, avec l'intervention médiatique de la directrice de la prévention socio-environnementale au ministère de la Santé, le docteur Samia Amrani. Dans une déclaration à l'APS, cette responsable nous apprend que la pâtisserie, la viande hachée et autres denrées alimentaires continuent à être commercialisées sur le marché sans trop de rigueur. Il y a la date de péremption dépassée, la rupture de la chaîne du froid mais pas seulement. Il y a aussi et surtout le manque d'hygiène dans le stockage et dans la manipulation de ces aliments. L'ensemble a causé des intoxications alimentaires à 1166 Algériens selon le Dr Amrani. On compte également deux décès. La même responsable attire l'attention sur deux points qui devraient pousser à plus de vigilance. C'est d'abord le mois de Ramadhan (mois de grande consommation) qui coïncide avec les grandes chaleurs (propices à la prolifération microbienne). C'est aussi, juste après, les fêtes et leurs lots d'intoxications. Le Dr Amrani n'est pas la première à faire ce constat, puisqu'en mai dernier, le directeur du commerce de la wilaya de Constantine, Azzouz Goumida, a déclaré, en marge du lancement d'une campagne de prévention, que «toutes les intoxications alimentaires enregistrées ces dernières années à Constantine ont eu lieu dans les salles des fêtes». L'autre constat à faire est l'évolution inquiétante des cas d'intoxications alimentaires d'année en année dans notre pays. Voici les chiffres du ministère du Commerce. En 2015, 5562 personnes ont été intoxiquées à travers le territoire national. On compte 11 décès. En 2014, le nombre de personnes intoxiquées était de 4854. Ceci sans compter le nombre de cas de brucellose (hygiène des mamelles de la vache). Pour la seule wilaya de Ghardaïa, pas moins de 1039 cas de brucellose ont été enregistrés depuis le début de cette année. Nous ne donnerons pas le classement des wilayas par nombre de cas pour la simple raison que toutes les wilayas du pays connaissent des pics d'intoxications à un moment ou un autre. Ce qui n'est guère rassurant. Cette augmentation des cas prouve l'inefficacité des campagnes périodiques de sensibilisation. Alors que faire? Si la sensibilisation ne «donne» rien, il faut alors passer à l'éducation! Mais sans perdre de temps et en parralèle, il faut maintenir et resserrer les contrôles dans les commerces. Il faut aussi renforcer les sanctions car les commerçants n'ignorent rien de l'état des denrées alimentaires qu'ils mettent en vente. Il faut également obliger les producteurs à augmenter le caractère des lettres mentionnant les indications propres au produit. Souvent il faut une loupe. On ne peut pas dire que c'est innocent. Dans ce que l'on mange il y a des toxines à effet immédiat. Ce sont tous les intoxiqués que l'on rencontre dans les urgences. Et il y a les autres. Tous les ingrédients cancérigènes (conservateurs, colorants, arômes, etc) utilisés dans la fabrication des produits que l'on mange et dont les dégâts ne seront visibles que bien plus tard. Des années après et sans que l'on puisse localiser avec précision le produit incriminé. On pourrait appeler cela des intoxications à retardement. Plus traîtres et plus graves que les intoxications à effet immédiat. Là aussi, les efforts des pouvoirs publics ne sont pas à la hauteur du drame que ces pratiques occasionnent. Il faut dire la vérité aux citoyens et ne pas céder à la pression des industriels qui ne veulent pas du bio pour des raisons purement mercantiles. Organiser des campagnes de sensibilisation contre les intoxications alimentaires c'est bien. Prendre des mesures contre des ingrédients qui mettent en danger la vie des citoyens et grèvent les finances publiques, c'est autrement plus important. Eté comme hiver. C'est toute l'année que nous absorbons ces produits chimiques dans beaucoup de nos aliments. L'OMS a établi une liste de ces «additifs» alimentaires à bannir. Qui contrôle si elle est respectée chez nous? Les contrôleurs du commerce n'ont que le thermomètre pour vérifier la température chez l'épicier. Ils n'ont pas encore le pouvoir de faire des descentes dans les usines. L'urgence de la diversification de notre économie ne peut, en aucun cas, justifier le laxisme. Il s'agit de vies humaines. L'idéal serait de voir nos institutions (santé et commerce) dépasser le côté spectaculaire des intoxications alimentaires et s'intéresser sérieusement aux intoxications «silencieuses» des additifs!

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