Prévisions pour le 19 Septembre 2018

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L'école du chemin de la liberté

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Indicateurs. Cette semaine nous avons décidé d'essayer de faire «parler» les chiffres. Ceux que l'inspecteur général du ministère de l'Education nationale, Messeguem Nedjadi, a fournis, cette semaine, à la Radio nationale et qui concernent les résultats du BEM. Ils sont nombreux, mais se sont avérés incomplets puisque le ministère de la Justice est venu compléter la «case vide» par un communiqué. Nedjadi n'avait tout simplement pas donné le taux de réussite des détenus. Trois de l'ensemble des chiffres retiennent l'attention. D'abord, celui du taux de réussite des filles (61,55%) qui ont été plus nombreuses que les garçons (46,66%). Plus fort encore a été le taux de réussite des détenus (78,51%). Pour les filles ce n'est pas la première fois qu'elles dament le pion aux garçons lors des examens. Depuis toujours, dans notre pays et de manière générale, la fille est plus studieuse que le garçon. Chacun connaît le «moteur» de cette performance. La fille s'investit totalement dans ses études car c'est le meilleur moyen pour elle de garantir son autonomie. Au contraire du garçon qui, de ce côté-là, est bien nanti. Chaque fille aujourd'hui sait que son futur est lié à ses études. La chance des Algériennes est d'avoir accès à l'enseignement qui est garanti à tous et à toutes. De plus il est gratuit tout au long de la vie d'études. Du primaire à l'université. Sans compter la bourse dans ce dernier palier. Sans compter la logistique (prime de rentrée, livres scolaires, cantines, transports, etc). Aucun pays au monde n'offre gratuitement à ses enfants toute cette assistance pour les préparer à la vie d'adultes. A l'évidence, les filles mesurent mieux cette chance que les garçons. Une fois son diplôme universitaire décroché, la fille construit elle-même son avenir. Elle gère elle-même sa carrière professionnelle pour bénéficier de ressources propres et acquérir notamment son logement et sa voiture. Premiers signes extérieurs de son autonomie. D'ailleurs, il n'est pas rare que dans un couple l'épouse jouisse d'un statut social supérieur à celui du mari. En plus clair, les études sont pour la fille la clé de la liberté. Voilà pourquoi elle y met toute son ardeur. Ce qui n'est pas le cas du garçon qui a cette clé de la liberté dès la naissance. Par contre, on retrouve la recherche de cette clé par les études dans le milieu carcéral. Le détenu qui se remet assidûment a étudier pense, certainement, à sa réinsertion sociale, une fois libéré. Mais pas seulement car il faut savoir que la réussite à un examen scolaire entraîne une remise de peine. Ce qui explique que le taux de réussite au BEM a augmenté cette année, selon le communiqué, de 32% dans les prisons. La liberté au bout des études. C'est cette même motivation que l'on retrouve chez les filles et chez les prisonniers. Ce puissant moteur d'efforts et d'engagement a malheureusement une durée de vie déterminée. Il n'est pas relayé par une autre forme d'attractivité, aussi forte, pour la promotion sociale. On constate, malheureusement, que la fille comme le prisonnier considèrent le diplôme comme une fin en soi. C'est une étape qui marque la fin de leurs efforts. Ce qui est dommage pour eux et dommageable pour tout le pays. Il nous faut trouver le moyen d'agir sur l'intérêt de la liberté collective. Pour s'en convaincre ajoutons aux deux exemples de réussites scolaires que nous avons relevés, les résultats en mathématiques et en langues étrangères qualifiés de «passables» par Messeguem. Voilà deux matières indispensables dans le monde globalisé que nous vivons avec sa révolution numérique. Deux matières qui nécessitent plus d'efforts que les au-tres. Les résultats «passables» indiquent qu'il y a un problème auquel il est urgent de trouver une solution. Trouver l'attractivité aussi forte que celle qui, hier poussait tous nos enfants à choisir médecine, pour mieux réussir aux maths et aux langues étrangères. Qui n'est pas resté admiratif devant ces étrangers qui parlent l'arabe mieux que beaucoup d'entre nous? Qui n'est pas resté admiratif devant l'âge précoce des concepteurs des Ntic? Sans aller à Bill Gates, tous ces inventeurs d'applications et d'intelligence artificielle qui essaiment le monde devraient titiller notre amour-propre. Ces Ntic ont apparu au même moment, il y a un demi-siècle, dans tous les pays du monde. Y compris chez nous. Pourquoi avons-nous laissé le train passer sans le prendre? Dernièrement, un pédagogue a préconisé de supprimer le baccalauréat et laisser les universités organiser des concours (et non pas des examens) en fonction de leurs besoins. Il n'a pas inventé la formule. Elle existe ailleurs. Il a cependant le mérite d'ouvrir une piste de réflexion. Réfléchir à un CDD au lieu du CDI dans la promotion sociale. Pourquoi pas!

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