Vacances, voyages et devises

L'obligation faite aux voyageurs, cette année, de déclarer leurs devises à partir de l'équivalent de 1000 euros n'a pas, encore, livré tous ses bienfaits. En voici quelques-uns...

Stop douanes! C'est la période des vacances. De grande mobilité de la population. Il y a ceux qui voyagent à l'intérieur du pays et ceux qui vont plus loin à l'étranger. Le sujet d'aujourd'hui intéresse plutôt ces derniers. Il s'agit de la nouvelle réglementation applicable aux devises que peuvent avoir en leur possession les voyageurs au départ d'Algérie et à l'arrivée. Résidents ou non en Algérie. Dans un cas comme dans l'autre, la formalité de déclaration de devises d'un montant «égal ou supérieur à 1000 euros» en possession du voyageur est obligatoire. La mesure n'est pas nouvelle. Elle est en vigueur depuis la publication au Journal officiel N°25, en avril dernier, du règlement 16-02 de la Banque d'Algérie. Ceux qui voyagent beaucoup la connaissent. Moins par ceux qui font leurs valises une ou deux fois par an. Pour passer des vacances. Ils sont plus nombreux. C'est à eux que nous pensons. Sur ce plan, le voyage à l'étranger cette année ne ressemble pas à celui des années précédentes. Aujourd'hui, seul le voyageur qui possède l'équivalent de 999 euros est dispensé de la déclaration douanière. Dès que la somme est «égale à 1000 euros» la déclaration devient obligatoire. Pour un euro de plus on risque de se faire attraper. Ceci ne veut pas dire que le voyageur n'a pas le droit de prendre plus de devises. Il est autorisé à avoir sur lui jusqu'à l'équivalent de 7 500 euros. A une condition. En justifiant les avoir «prélevés d'un compte devises ouvert en Algérie». Pas les avoir achetés au square Port Saïd de la capitale, par exemple, que tout le monde connaît. Plus de 7 500 euros «La Yadjouz!». Pour un couple c'est le double normalement. Pour beaucoup, les départs en voyages sont synonymes de stress, d'oublis et même dans certain cas, de panique. Les effets à ranger dans les valises, les documents à rassembler, l'avion à ne pas rater, etc. Il est donc plus qu'utile de connaître ses droits lorsqu'on passe devant le guichet des douaniers. A l'arrivée le règlement s'adresse plus aux non-résidents (étrangers et Algériens ne résidant pas au pays). En général les résidents reviennent sans le sou. Ils auront dépensé toutes leurs devises avant de rentrer. En général seulement, car des exceptions peuvent exister. Donc et pour les autres qui atterrissent chez nous l'obligation de déclaration des devises est la même. C'est-à-dire à «1000 euros et plus». Sauf qu'à la sortie ils auront le droit de reprendre avec eux les devises qu'ils n'auront pas dépensées. Dans ce cas ils doivent présenter le formulaire de déclaration de devises exigé à l'arrivée visé par une banque ou un bureau de change. Pour les devises consommées cela s'entend. Le reste peut, dans ce cas, être repris avec soi. En gros, c'est tout. C'est simple. Le mouvement des devises étrangères est soumis à contrôle. Qui s'en plaindrait. Pas les petits voyageurs avec moins de 1000 euros. Ce qui est déjà une belle petite somme. Ceux-là n'ont même pas à faire de déclaration. Les plus nantis non plus n'ont pas à se plaindre. Jusqu'à 7 500 euros (sept fois et demi plus que les petits voyageurs) ils n'auront qu'une petite déclaration à remplir. Au taux de change cela représente un bon paquet de dinars. Par contre et du côté du marché parallèle, ce n'est pas la joie. La mesure frappe de plein fouet le change à la sauvette. Du gros il passe au détail. Il ne sera sollicité que pour les sommes de 999 euros moins l'allocation devises. C'est là le sens de la mesure que tous les Algériens doivent mesurer. Pour mieux accepter cette formalité supplémentaire instaurée aux points d'entrées et de sorties du territoire national. Ce n'est pas fini. L'effondrement drastique du change parallèle va non seulement mieux bancariser les devises qui circulent dans notre pays, mais aussi agir sur le taux de change lui-même. Fini la «cotation» sur la voie publique et ses caprices transmis par téléphone entre les différentes «places financières» du pays. Du faste, le marché noir passe aux broutilles. En un mot comme en mille, l'Etat algérien se réapproprie le contrôle des monnaies étrangères. Pour être complet, il faudra y ajouter l'accompagnement du commerce extérieur. A l'import comme à l'export. C'est là que peuvent se produire les plus grosses «fuites». On a eu souvent l'occasion de dire que la chute du prix du pétrole n'est pas forcément une malédiction. Elle a un côté positif pour notre économie. Voilà une nouvelle preuve. Le change doit se faire à la banque. Comme dans tous les pays du monde!