L'Algérienne dans le classement mondial de la parité

Encore une première place. L'Algérienne est la première dans la région du Maghreb et dans le Monde arabe à bénéficier de l'égalité hommes-femmes. C'est le résultat d'un travail d'experts internationaux. Ils disent aussi...

Pas de géant. Hier, le Forum économique mondial, plus connu sous le nom de Forum de Davos, a publié son rapport annuel 2016 sur la parité hommes-femmes dans 144 pays. Il s'agit d'une étude qui compare l'égalité des sexes dans les domaines de l'instruction, la santé, le secteur économique et celui de la politique. Selon ce rapport et globalement il faudra, au rythme actuel, attendre encore 170 ans pour que l'égalité entre les hommes et les femmes puisse être atteinte sur le plan professionnel. Près de deux siècles à attendre pour espérer une moyenne mondiale de parité entre les hommes et les femmes. En attendant, la femme vit différemment la discrimination selon les pays. Plusieurs aspects de la condition féminine par rapport à celle de l'homme sont traités distinctement. Comme par exemple l'accès des femmes au travail. Seules 54% de femmes sont actives dans le monde, contre 81% d'hommes. Elles travaillent plus que les hommes, mais touchent un peu plus de la moitié des salaires des hommes. A ce paradoxe s'ajoute un autre. Celui du nombre de femmes universitaires qui est souvent supérieur à celui des hommes. Le rapport note, à ce propos, que «Le monde risque de gâcher un nombre alarmant de talents s'il n'agit pas rapidement pour réduire les inégalités entre les sexes, qui peuvent compromettre la croissance et priver certaines économies de possibilités concrètes de développement». En parcourant le rapport, on se rend compte que les pays avancés économiquement, y compris les grandes puissances, accusent des retards remarquables dans ce domaine. On plonge dans une réflexion sans fin pour tenter de comprendre comment des pays qui ont des siècles de démocratie restent toujours en butte à l'inégalité entre leurs citoyens par le seul fait qu'ils sont de sexe différent. Comparé à eux et à la lenteur dont ils font preuve pour atteindre la parité, notre jeune pays qui n'a que 54 ans d'indépendance et seulement 16 années de démocratie si l'on retranche les années du terrorisme, a fait une avancée fulgurante dans la promotion de la femme dans tous les domaines. Il faut juste rappeler aux plus jeunes, qu'avant 1962, la femme algérienne n'existait qu'à l'intérieur de son foyer. D'où le mérite exceptionnel des moudjahidate qui ont bravé ces «règles» non écrites pour rejoindre leurs frères de combat aux maquis et libérer le pays. Un mérite à saluer en cette veille de célébration du 62ème anniversaire du déclenchement, le 1er Novembre 1954, de la guerre de Libération nationale. C'est d'ailleurs leur exemple qui a permis à la femme algérienne de revendiquer, dès l'indépendance, son émancipation. C'est ainsi qu'elle a pu avoir accès à l'école, au lycée et à l'université, au même titre que les garçons. C'est ainsi que plus tard, nantie de ses diplômes elle a pu investir le monde du travail. Ses secteurs de prédilection ont été l'enseignement, la santé et la justice. Le secteur de l'information n'a connu sa «poussée» féminine qu'à partir de 1990. Aujourd'hui il n'y a plus de secteurs où la femme n'est pas présente aux côtés de l'homme. Elle est diplomate, pilote, militaire, policière, gendarme, architecte, ingénieur, chef d'entreprise, etc. Et depuis la révision de la Constitution de 2008, voulue par le président Abdelaziz Bouteflika, qui stipule dans son article 31bis que «L'État oeuvre à la promotion des droits politiques de la Femme en augmentant ses chances d'accès à la représentation dans les assemblées élues», la femme algérienne occupe, aujourd'hui, le tiers de la représentation parlementaire dans notre pays. Le résultat aujourd'hui se retrouve dans le rapport du Forum économique mondial qui classe l'Algérie, premier pays au Maghreb ainsi que dans le Monde arabe après le Qatar, dans l'égalité hommes-femmes. L'Algérienne a de quoi être fière de l'amélioration de sa condition. Elle devance la Tunisienne qui a pourtant bénéficié d'une politique jugée d'avant-garde depuis l'époque du président Habib Bourguiba. Elle devance même l'Egyptienne dont le pays a pourtant connu, il y a plusieurs décennies, un développement culturel qui nous laissait admiratifs. C'est aussi avec grande fierté que nous constatons, une nouvelle fois, les fruits d'une politique visionnaire comprise dans le programme du président Abdelaziz Bouteflika depuis son arrivée en 1999. A ce rythme de développement de la condition féminine dans notre pays, il est clair que nous n'attendrons pas 170 ans, comme d'autres pays, pour voir s'effacer une discrimination d'un autre âge. Ce rapport intervient au moment même où à New York, au siège des Nations unies, se tient une exposition sur l'éradication des bidonvilles dans notre pays. Le lien à faire entre ces deux événements est évident. Une femme qui vit dans un logement décent s'épanouit autrement que celle qui vivrait dans un bidonville. Le cadre de vie est déterminant dans l'existence humaine. Gageons qu'il n'est plus très loin le temps où l'Algérienne briguera la présidence de la République. On peut lui faire confiance!