Accueil |Chroniques | L’envers du décor |

La France cache les archives algériennes

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Le DG de nos Archives nationales nous apprend que la France use de tous les moyens pour ne pas nous remettre nos archives. Cachettes secrètes et mensonges font partie de ces moyens. Pourquoi? Nous avons fouillé...

Coups tordus. Notre DG des archives nationales, Abdelmadjid Chikhi, a jeté un véritable pavé dans la mare, lundi dernier. Il a choisi, pour cela, la commémoration du 62ème anniversaire du 1er Novembre 1954. Ce qui met en relief son annonce sur le sort des archives algériennes transférées par la France entre 1960-1961. Dans un entretien à l'APS, il nous apprend que les autorités françaises ont procédé depuis cinq ans à l'éparpillement de ces archives qui étaient emmagasinées dans le centre des archives à Paris et au centre régional d'Aix en Provence vers des «endroits inconnus». L'information est de taille. Au-delà de la volonté de soustraire ces documents aux chercheurs, il y a celle de compromettre l'accord signé en 2009 entre l'Algérie et la France sur les modalités de restitution de ces archives à notre pays. Chikhi confirme cette attitude française en déclarant «qu'au lieu d'aider l'Algérie à entamer l'opération telle qu'énoncée dans l'accord, la partie française avançait moult prétextes». On comprend par-là que la France n'a pas l'intention de tenir ses engagements. Surtout quand on apprend, toujours par M. Chikhi, «qu'»au lieu d'aider l'Algérie à entamer l'opération telle qu'énoncée dans l'accord, la partie française avançait moult prétextes dont la nécessité pour l'Algérie, de cibler les archives qui l'intéressent». Pour ce faire, poursuit-il «la France s'est engagée à remettre des listes d'archives dont elle dispose sous forme de livrets, mais ces derniers ne renferment pas la totalité des documents». De plus «la partie française a exigé que l'Algérie prenne en charge l'envoi d'équipes de techniciens qui se pencheront sur la recherche et la copie des archives. Une opération qui requiert un nombre considérable d'experts en archives devant effectuer un déplacement en France».
Même le mensonge est utilisé car semblablement «les archives sur l'époque ottomane que la France prétend avoir restituées dans leur totalité à l'Algérie» ne l'ont pas été. Chikhi précise «qu'un nombre important de correspondances entre les deys et les rois de France sont toujours en possession de la partie française. Aucune archive ni copie d'archive n'ont été remises». Les raisons de tous ces subterfuges? Pour notre DG des archives, l'Algérie «traite avec une partie (française) qui a de fortes raisons qui la poussent à refuser de restituer ces archives». Sans donner plus de précisions. Diplomatie oblige. L'opinion algérienne sait maintenant que la France a beaucoup de choses à cacher sur sa présence durant un siècle et demi de colonisation de l'Algérie. Même avant le débarquement de 1830. Sans être dans les secrets de l'Etat français, on peut expliquer facilement le refus de la France de nous restituer nos archives. Prenons un seul exemple. Tout le monde connaît «le coup d'éventail» invoqué par la France pour envahir l'Algérie.
Sauf que ce «coup d'éventail» qui avait été précédé par les propos de voyou proférés par le consul de France, Pierre Deval, à l'adresse du dey appelle au moins une question qui n'a pas été posée jusque-là. Comment expliquer le comportement irrespectueux et provocateur de ce consul Deval? Si l'on exclut la folie qui aurait dû le conduire à l'hôpital psychiatrique, ce qui n'a pas été le cas, le consul Deval ne peut qu'avoir agi sur ordre de sa hiérarchie.
Ce qui rend l'acte incontestablement prémédité. Ainsi que l'invasion de notre pays. Ceux qui n'aiment pas la thèse du complot sont servis. D'autant que c'est Talleyrand dit le «boiteux», l'homme des coups tordus, qui nomme Deval consul à Alger. Deval emportera avec lui son secret puisqu'il meurt deux années après son départ précipité d'Alger. En 1827 la France était dirigée par le roi Charles X qui sera «débarqué» en Juillet 1830. A vrai dire, depuis la révolution de 1789, la gouvernance en France est constituée de nombreuses phases cachées. Notamment dans sa relation avec l'Algérie. On peut rappeler l'affaire des créances de blé qui avait été préparée de longue date. Comme le monde est pavé de bonnes intentions!
On peut également citer au passage, l'administration de Vichy en Algérie et encore les dessous des massacres du 8 mai 1945 à Sétif et Kherrata. Même la période du général de Gaulle, l'homme qui a libéré la France deux fois plutôt qu'une (en 1945 et en 1962) et que certains milieux en France n'hésitent pas pour l'accuser de trahison. Ce ne sont là que quelques exemples de dossiers «explosifs» que la France n'est toujours pas prête à voir s'étaler au grand jour. C'est dire que pour la repentance ou les excuses de la France attendues en Algérie, il faudra attendre encore un peu. Un peu beaucoup!

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha