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"Bagrat el Haloub", c'est fini chez nous!

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Un député algérien sur les traces de Trump l'Américain. Des enseignants qui ne prendront pas nos enfants en otage. Une parlementaire qui nous mène au ciblage des subventions. Le tout à cause (ou grâce) à la chute du baril...

Nouvelle page. Fait remarquable, un député vient de proposer, au cours des débats sur le projet de loi de finances 2017, de baisser le salaire des parlementaires. C'est-à-dire le sien compris. C'est tellement saisissant et exemplaire qu'il mérite d'être cité nommément. Il s'agit de Nacer Hamdadouche, député de l'AAV (Alliance de l'Algérie verte) regroupant les partis Ennahda, Islah et MSP. S'il n'est pas fortuné comme l'Américain Donald Trump qui a été jusqu'à refuser carrément son salaire de président des Etats-Unis (400.000 dollars/an), Hamdadouche fait preuve d'un courage et d'un patriotisme à toute épreuve. Courage parce qu'il s'attire, à tous les coups, les foudres de ses collègues du Parlement qui sont plus près de leurs sous que lui. Patriotisme car c'est bien le moment de penser à aider l'Algérie, notre patrie, de passer cette période économique qui est difficile d'ailleurs pour un bon nombre de pays dans le monde. Même plus difficile pour eux que pour nous. Grâce au président Bouteflika qui avait prévu de longue date un tel scénario de baisse des revenus pétroliers, nous pouvons aujour-d'hui en débattre calmement. Sans précipitation. Sans heurts. Grâce à ses mesures et deux années après le choc, les «amortisseurs» tiennent bon. Cette latitude pour tourner la page de la rente pétrolière a une durée de vie qu'on ne doit absolument pas dépasser. Il faut que le plus vite possible nous remplacions «l'or noir» par la sueur. Par l'effort. Par le travail. Comme on dit chez nous, l'époque de «Bagrat El Haloub», c'est fini. La vache n'a plus de lait.
Le retrait du «biberon» est inévitable. Remarquez, il ne faut pas être forcément un économiste chevronné pour comprendre que les Algériens sont en train de tourner une page de leur histoire. D'ailleurs et en suivant seulement les débats au Parlement sur le projet de loi de finances, on est tout de suite convaincu que tout le monde ne peut pas être économiste. C'est une des raisons qui a fait bifurquer les interventions vers des discours électoralistes loin, très loin des sciences économiques. Ce n'est pas notre spécialité non plus. Mais avec un peu de bon sens on peut comprendre que ce n'est vraiment pas le moment de continuer le gaspillage. Du pain. De l'eau. De l'électricité (on vient de l'apprendre du DG). On peut dire sans se tromper que tous les produits subventionnés font l'objet de gaspillage. Malgré tout, le gouvernement maintient leurs prix administrés. L'un dans l'autre ce que l'on appelle solidarité nationale et d'autres «transferts sociaux», c'est presque le tiers du budget de l'Etat. Il se trouve que pour certains ce n'est pas suffisant. Comme ces quelques syndicats qui appellent les enseignants à la grève en leur promettant d'arracher à «la vache» même la peau. Nous espérons que, pris individuellement, nos enseignants refusent de prendre en otage les enfants pour une cause perdue d'avance. Perdue car il n'y a plus d'argent pour se permettre de nouvelles dépenses. C'est tellement simple qu'il faut tout faire pour inverser notre manière de réfléchir. Il faut aujourd'hui penser à réduire nos dépenses tout en épargnant, autant que faire se peut, les plus démunis.
Les vrais démunis. Une députée du FLN, Mme Benhaddou Fatma Zohra, conteste l'augmentation du prix du mazout au motif qu'il se répercutera sur les prix des produits agricoles vu que le secteur utilise beaucoup ce carburant. Elle a raison et elle ouvre en même temps une des voies du ciblage. Rien n'interdit d'augmenter le prix de tous les carburants si en parallèle le gouvernement introduit une «prime de carburant» équivalente au profit des agriculteurs et même à certaines industries de produits de base. Il est facile de les recenser et cela permet de commencer à mieux utiliser les transferts sociaux. D'autres produits comme l'eau et l'électricité peuvent aussi commencer à être revus dans le même sens. Il ne restera plus que les produits alimentaires de base qui demanderont un travail plus fouillé. Il faut toujours avoir présent à l'esprit que l'argent des subventions est celui de la collectivité nationale. C'est-à-dire chacun de nous. C'est-à-dire que nous avons tous intérêt à ne pas le gaspiller. Nous avons mieux à faire en cherchant à le fructifier. Il est possible de le faire sans les hydrocarbures. Par cette richesse renouvelable et sans fin que sont le savoir et le travail qui font du Japon, par exemple, une puissance économique mondiale. Les pays qui, comme nous, peuvent avoir les deux, sont normalement destinés à ne jamais connaître de difficultés économiques ou financières. Nous le pouvons, nous le voulons. Cela ne fait aucun doute. Il nous faut juste reprendre confiance en nous-mêmes. Comme on dit chez nous «nous sommes tous conçus en 9 mois».
Les Japonais comme les Algériens, les Américains et les Allemands. Quittons la vache qui passe son temps à regarder les trains qui passent!

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