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Le monde "coupé" en deux par l'Internet

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Il y a ceux qui vivent déjà dans le futur et ceux qui sont encore au Moyen âge. Ceux qui commandent leurs repas par Internet et ceux qui n'ont pas d'eau pour boire et pas d'électricité pour voir. Où sommes-nous dans ce «grand écart»?...

Inégalités. Seuls 47% de la population mondiale disposent de l'Internet. C'est l'agence de l'ONU, l'UIT (Union internationale des télécommunications) qui donne cette précision dans un rapport publié mardi dernier. Cela veut dire que plus de la moitié des humains sont en marge du développement technologique de la planète. Dans quels pays vivent ces déconnectés? Le rapport mentionne que «80% des habitants des pays développés utilisent Internet. Dans les pays en voie de développement, ils sont 40% alors que dans les pays les plus pauvres ils ne sont que 15%». Pour ces derniers, l'UIT estime qu'ils ont «vingt ans de retard». Ils ont le taux de pénétration qu'avaient les pays développés en 1998. Voilà comment se présente la carte du monde aujourd'hui et les projections qu'elle permet pour le futur. Il ne faut pas confondre l'Internet et le téléphone mobile. Une précision qui n'est pas de trop car et toujours selon l'UIT «il y a presque autant d'abonnements cellulaires mobiles que de gens sur Terre». Posséder un téléphone mobile ne veut pas dire avoir accès à l'Internet. Ceci dit, ce rapport confirme une fois de plus que le monde continuera à fonctionner sur ses «deux pieds». Les puissants d'un côté et les pauvres de l'autre. Malheur aux faibles. En effet et alors que l'Internet prend chaque jour plus de place dans la vie quotidienne des pays avancés, certains pays pauvres vivent des conditions moyenâgeuses. L'ONU estime que 2,6 milliards de personnes n'ont pas l'électricité. La même proportion vit sans installations sanitaires de base. Il y a pire encore, 800 millions de personnes manquent d'eau dont la plupart vivent en Afrique subsaharienne et d'autres en Asie du Sud. On devine aisément que dans ces pays-là, l'accès aux soins et à l'éducation ne peut être assuré. Parler d'Internet dans de telles conditions est indécent. Entre ces deux extrêmes, se trouvent les pays en voie de développement, dont notre pays. Dans les pays avancés, de plus en plus d'actes de la vie courante s'effectuent par Internet. On travaille à distance. On fait ses courses. On enseigne. On géolocalise ses enfants. On paie ses factures, etc. En parallèle, les pays avancés mettent en place des moyens pour protéger ce nouveau système de vie. Contre les virus. Les piratages. Les cyberattaques. Sans quoi cette force que leur confère l'Internet pourrait être d'une grande vulnérabilité pour ces pays et constituerait même une menace qui viendrait de l'extérieur. Donc la recherche dans ces pays développés est dirigée sur deux axes. Le premier est de connecter le plus d'objets possibles. Que ce soit à la maison ou dans l'entreprise dans son sens le plus large. Le second axe étant la recherche de la meilleure protection contre les intrusions. Cette dernière est une recherche à l'infini, car chacun de ces pays déploie des efforts pour être mieux doté que le voisin. Ce qui implique une rivalité sourde et inavouée mais admise par tous. Ceci étant dit, où se classe-t-on sur cet échiquier mondial? En juillet dernier, Algérie télécom a publié un communiqué dans lequel elle déclare que «d'ici à 2019, l'entreprise (AT) devra être capable de raccorder à Internet tous les foyers du pays qui en font la demande». Cela rejoint la position de l'Algérie exprimée par la ministre de la Poste et des Technologies de l'information et de la communication, Iman Houda Feraoun, lors de sa participation, en mai dernier à Genève, au sommet mondial de la société de l'information. Elle y a plaidé «le droit d'accès à Internet pour tous pour consacrer la souveraineté des peuples et des nations». Notre ministre a rappelé les efforts en ce sens de notre pays en citant «la réalisation de la ligne transsaharienne de fibre optique qui la relie au Niger, au Nigeria et au Tchad», ainsi que les «deux câbles sous-marins reliant l'Algérie à l'Europe pour précisément, parvenir à un débit permettant de répondre aux besoins des pays africains».
Voilà pour la volonté politique. Sur le plan technique qu'en est-il du contenu et de la protection de notre système informatique national? Si nous sommes parmi les pays en voie de développement pour le raccordement, c'est un peu plus différent pour le reste. Contrairement aux pays développés, nous avons très peu d'applications pour les gestes de tous les jours que nous avons évoqués plus haut. Nous avons encore moins de recherches en matière de protection. Et s'il fallait commencer par le début, il faut dire que nous devons d'abord dépasser l'utilisation de l'Internet comme moyen de loisirs. Certes, notre administration a enregistré beaucoup de progrès de ce côté-là, mais malheureusement pas le monde économique. On peut mieux faire, cela ne fait aucun doute. Il faut simplement le vouloir!

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