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L'état du monde et l'Algérie en 2017

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Comment allons-nous vivre la nouvelle année? Avec une nouvelle distribution des cartes sur le plan international. De nouveaux acteurs politiques. Et une visibilité réduite. Ce qui est sûr, c'est...

Pause. Il est de tradition pour les médias de travailler, à chaque fin d'année, sur les éphémérides. Exercice difficile dans ce petit espace. Cependant, en synthétisant, nous essayerons de dégager les grandes tendances vécues par le monde en 2016 et leurs répercussions et/ou prolongements sur la nouvelle année qui s'annonce. A partir de là et la globalisation aidant, nous tenterons de cerner les «ondes de chocs» sur le plan régional et même sur notre propre pays, l'Algérie. Allons-y! Aux Etats-Unis, Barack Obama termine son deuxième mandat. A la grande surprise générale, il sera remplacé par Donald Trump qui prendra ses fonctions le 20 janvier prochain. Tous les observateurs s'accordent à dire que c'est le saut dans l'inconnu tant le nouveau président de la première puissance mondiale est atypique. Il n'a jamais exercé de fonctions politiques. Il promet de défaire tout ce qui a été conclu avant lui. Du nucléaire iranien au réchauffement climatique en passant par le processus de paix israélo-palestinien, tout sera détricoté promet Donald Trump. Pas seulement puisque même les relations de son pays avec l'Europe ne trouvent pas grâce à ses yeux. Avec la Chine non plus. Ou encore avec son voisin le Mexique. Et pour mieux brouiller les pistes il laisse croire les plus crédules à son prétendu rapprochement avec la Russie. Ce qui est sûr chez cet homme qui a passé toute sa vie à la tête de ses entreprises, est qu'il lui sera difficile, à son âge, d'abandonner la devise «money is money». Ce qui explique son aversion à «l'obamacare» et sa position tranchée contre les migrants. Ceci dit et bien que sa personnalité peut déteindre sur sa gouvernance, il est clair que la gestion des affaires du monde ne peut dépendre du bon vouloir d'un seul homme. Plusieurs facteurs entrent en ligne et notamment les rapports de force. Il n'y a pas d'exemple dans l'histoire de l'humanité d'une exception à ses règles. Face aux Etats-Unis, il y a évidemment la Russie. Son président, Vladimir Poutine, est installé pour de nombreuses années encore. Son mandat actuel court jusqu'en 2018 et un deuxième mandat de six ans n'est pas exclu. Il a réussi l'exploit de redresser son pays jusqu'au niveau de 2ème puissance mondiale comme du temps de l'URSS. Il tient un rôle déterminant dans tous les grands dossiers internationaux comme cela fut le cas pour le nucléaire iranien ou plus près de nous dans le conflit syrien. Son rapprochement avec la Chine lui donne encore plus de force comme on peut le constater au Conseil de sécurité et le veto en binôme. Vient ensuite l'Europe qui, le moins que l'on puisse dire, bat de l'aile. Faute de défense commune, sa dépendance à l'Otan la fragilise vis-à-vis des Etats-Unis plus qu'elle ne la renforce. Surtout avec l'arrivée de Trump qui a annoncé son abandon de nombreux traités de libre échange dont le Tafta qui est en cours de négociation avec l'Europe. Cette distance américaine est aggravée par le Brexit anglais qui affaiblit davantage le Vieux Continent. De plus et avec le renoncement du président François Hollande à se représenter, nul ne connaît le sort de l'axe franco-allemand en 2017. Bref, la situation économique et sécuritaire des pays de l'UE plonge cet ensemble régional dans des lendemains bien incertains. A tel point où la Turquie qui ambitionnait d'en faire partie change de fusil d'épaule en agitant le spectre d'ouvrir le passage du flot des migrants qui attendent sur son territoire de pouvoir passer en Europe. Laquelle Turquie qui elle-même est dans une position pour le moins critique. Pour avoir essayé de jouer sur plusieurs fronts, son président, Erdogan, ne sait plus où donner de la tête. Il a passé un accord de réconciliation avec Israël qui est le principal allié des Kurdes ces ennemis jurés d'Ankara. Il s'est rapproché de la Russie qui est le principal allié de la Syrie soutenue également par l'Iran que la Turquie considère comme ennemis. Sur le plan intérieur c'est la récession économique doublée d'une grave crise du régime après la tentative de coup d'Etat. Bref, il y a fort à parier que la Turquie se retrouve empêtrée jusqu'au cou après toutes ses alliances contre nature. Sur le plan régional, la situation au Sahel reste délicate. Le gouvernement malien ne montre pas trop d'empressement à la réconciliation de son peuple encore moins avec les populations du Nord. La Libye, bien que la reconquête de Syrte puisse être de bon augure, est encore loin de la paix. La Tunisie, à un degré moindre, n'est plus ce paradis touristique d'avant le printemps arabe. Tout ceci oblige notre pays à rester en vigilance maximum. Sur le front interne, le baril semble promis à la hausse, la diversification de l'économie poursuit son bonhomme de chemin tandis que le numérique s'installe techniquement sans le «carburant» culturel. Deux échéances électorales nous attendent avec déjà une victoire: la participation de l'ensemble des partis politiques. Avec un peu plus de travail on peut souhaiter aux Algériens une bonne année 2017!

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