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Grippes, deux risques cet hiver

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Grippe saisonnière et grippe aviaire, les deux sévissent avec virulence chez nos voisins européens. Les virus profitent des vacances pour passer les frontières. Nous ne sommes pas à l'abri d'une flambée dans les jours à venir. Tout est dans la prévention...

Hommes et animaux. La grippe saisonnière et la grippe aviaire semblent s'être donné rendez-vous cet hiver. Ces deux types de virus sont déjà présents dans notre pays. Même si la propagation est de moindre ampleur qu'ailleurs, le risque épidémique, chez nous, risque de s'emballer très prochainement. Pourquoi? D'abord parce qu'il n'est pas dit que l'hiver restera avec des températures aussi douces dans notre pays. Ensuite parce que nos voisins de l'autre côté de la Méditerranée sont actuellement durement touchés. Et si l'on ajoute l'augmentation des voyages de nos compatriotes en cette période de vacances scolaires, il y a de fortes «chances» pour qu'à leur retour nous soyons «gratifiés» d'une flambée de contaminations. Commençons par la grippe saisonnière. Toute la France est frappée d'une épidémie d'une rare ampleur. Les hôpitaux sont débordés. «Un certain nombre d'hôpitaux ont d'ores et déjà engagé des plans de mobilisation particulièrement importants avec le rappel des professionnels de santé qui étaient en vacances» a déclaré, mardi dernier, la ministre de la Santé, Marisol Touraine. Elle reconnaît que l'épidémie est précoce et virulente cette année et que «le nombre de malades augmente chaque jour». La seule solution étant la vaccination, la ministre incite la population et notamment les personnes âgées, les femmes enceintes et les malades chroniques à se faire vacciner. Il n'est pas trop tard, même si la période d'incubation du vaccin est de 15 jours. C'est-à-dire, le temps qu'il faut au corps pour développer une immunité relative. Voilà ce que nos compatriotes risquent de nous ramener dans leurs bagages. Et ils sont nombreux. Les bateaux et les avions tournent à plein régime. Ceci ne veut pas dire que le virus n'est pas déjà chez nous. Il l'est, mais celui de nos voisins risque de venir le «renforcer». Pendant ce temps, nos services de santé ne donnent pas beaucoup de signes d'inquiétude. Le vaccin est disponible. La campagne de vaccination est lancée depuis le 16 octobre dernier avec 2,5 millions de doses de vaccins importés et la gratuité pour les personnes âgées. L'administration est «couverte». Ce qui donne lieu à un dangereux «ronron». Un communiqué de «rappel» à l'adresse de la population ne foulerait pas le poignet de nos sentinelles de santé. D'autant que cette année, nous sommes en présence d'un double front de virus grippal. Il y a peu de temps, des cas de grippe aviaire ont été signalés dans des élevages de volailles sur notre territoire. Là aussi, nous risquons de faire les frais d'une «importation» massive de ce virus. La France (toujours), mais aussi beaucoup de pays en Europe et en Asie font face à une flambée de ce virus. Il touche les animaux seulement direz-vous. Oui, mais il lui arrive de muter et il y a tout lieu de croire que c'est déjà le cas. Une personne vient de décéder en Chine de la grippe aviaire. Ce qui veut dire que le virus peut désormais se «choper» de l'humain vers l'humain. La Chine c'est loin vu de notre pays mais vu le trafic économique particulièrement dense que nous entretenons avec ce pays, le virus n'est pas très loin. Ce qui complique quelque peu ce danger est qu'il relève des vétérinaires qui eux relèvent du ministère de l'Agriculture. Tant que c'est la volaille qui tombe malade. Mais s'il passe à l'homme, comme c'est le cas, il n'est pas certain que le passage du témoin entre les deux ministères (Agriculture et Santé) soit bien mis au point. Pourtant, le danger de la grippe aviaire, une fois la mutation du virus avérée, est plus dangereux que le virus de la grippe saisonnière. Le virus dont on parle est du type H5N8 classé «hautement pathogène» par les scientifiques. Le 30 novembre dernier, notre ministère de la Santé s'est voulu rassurant. Il a fait état de «la mort de la grippe aviaire de 892 oiseaux migrateurs dans le sud du pays». A l'époque, il n'y avait aucune alerte sanitaire internationale, a précisé la même source puisque aucune mutation du virus n'avait été signalée. «Toutefois, un dispositif sanitaire est prêt à être déclenché en cas de transmission du virus à l'homme», avait ajouté la même source. Certes, l'OMS n'a pas encore réagi à ce décès, mais nous y sommes, malgré tout, avec le décès de l'homme à Hong Kong. En 2003 pourtant, l'OMS avait signalé la propagation de la grippe aviaire de Hong Kong (une drôle de répétition) à travers l'Asie puis l'Afrique et l'Europe. Il s'agissait du virus de type A (H5N1) qui après avoir muté, causa de nombreux décès humains. Sans compter les élevages de volailles décimés. On n'en est pas là encore. La vigilance s'impose malgré tout, dans une étroite collaboration entre les services de l'agriculture et ceux de la santé. Ceci dit, quand deux virus se manifestent au cours d'un même hiver, la «sieste» n'est plus de mise. Il faut les surveiller comme le lait sur le feu. Le droit à l'erreur n'existe pas lorsqu'il s'agit de vies humaines!

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