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Vent de changements sur le monde

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Trois pays sur les cinq qui ont le droit de veto à l'ONU, ont ou vont changer de dirigeants. L'ONU elle-même vient de changer de SG. Les Etats-Unis cèdent la place à la Russie au Moyen-Orient. Merkel risque de suivre Hollande. Netanyahu est poussé vers la porte. Le monde se dirige vers...

Boussole. Un vent de changement sur la gouvernance mondiale qui avait commencé de souffler en 2016 prend plus de force au cours de cette nouvelle année 2017. Des cinq pays membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU qui disposent du droit de veto, trois auront un nouveau chef de l'Etat cette année. Le premier d'entre eux est le président américain, Donald Trump, qui prendra ses fonctions le 20 janvier prochain. Personne n'est en mesure de dire ce qu'il fera au cours de son mandat tant son élection a été «hors normes» par plusieurs aspects. Elu certes par les grands électeurs, il a cependant obtenu 2 millions de voix de moins que sa rivale Hillary Clinton. Ensuite, les renseignements américains ont affirmé que son élection résultait d'une cyberattaque attribuée à la Russie. Si on ajoute son inexpérience en politique et ses déclarations à l'emporte-pièce sur de nombreux dossiers sensibles, le flou sur la politique américaine, après le départ d'Obama, est total. L'autre pays qui change de président cette année est la France. L'actuel chef de l'Etat, François Hollande, a renoncé à se représenter. Son successeur ne sera connu qu'au début du mois de mai prochain. La course actuelle des candidats autorise des probabilités autour de trois candidats qui sont Marine Le Pen (extrême droite), François Fillon (droite) et Emmanuel Macron (indépendant). Ce dernier qui n'est «ni de droite ni de gauche» comme il le précise lui-même, cause beaucoup de soucis à la classe politique traditionnelle française. Il pourrait être le «Trump» français. C'est-à-dire l'élu que personne n'attendait. En attendant, il est difficile de donner l'orientation politique que prendra la France après cette élection. Enfin, le troisième pays, c'est l'Angleterre. Le changement dans ce pays a eu lieu en juillet dernier avec le remplacement de David Cameron par Theresa May. Ce changement fait suite à la sortie («Brexit») de l'Angleterre de l'Union européenne. Même si c'est toujours le parti conservateur qui garde la main, ce changement est dicté par la realpolitik qui permet une plus grande marge de manoeuvres. Cela vient d'être confirmé par la démission surprise, mardi dernier, de l'ambassadeur britannique auprès de l'UE. Ce qui compliquera davantage les négociations du Brexit prévues pour le mois de mars prochain. Il ne restera que la Chine et la Russie dont les positions sont connues sur les dossiers les plus sensibles. Sur le conflit syrien. En Irak. Sur Daesh et le terrorisme de manière générale. Sur le processus de paix israélo-palestinien et la solution à deux Etats qu'Israël refuse d'accepter. Une position qui a contraint son allié traditionnel, les Etats-Unis, à prendre la décision historique, le 23 décembre dernier, de ne pas utiliser son droit de veto sur une résolution de l'ONU condamnant l'Etat hébreu. Une décision qui a totalement isolé Israël sur la scène internationale après la reconnaissance de l'Etat de Palestine par la plupart des pays occidentaux. Suite à quoi, Israël se prépare à pousser le Premier ministre à la démission. Histoire de donner le change. En effet, Netanyahu fait l'objet, depuis quelques jours, d'une enquête sur une affaire de corruption. Lundi dernier, après un interrogatoire du Premier ministre, l'enquête a été requalifiée de «criminelle». C'est dire que la démission est inévitable. Une fin de mission qui, en fait, ne signifie nullement que cela va changer grand-chose dans la politique d'Israël. Il s'agit de donner l'illusion sans plus. Sauf si la communauté internationale unanime, y compris les Etats-Unis, l'oblige. Avec Trump qui compte déplacer l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem, l'espoir est mince. Ceci dit et si l'on considère que l'Union européenne est en proie à des problèmes existentiels, il y a comme un partage de zones d'influence qui se dessine entre les USA et la Russie. Le retrait américain du dossier syrien au profit des Russes en est un signal. La réconciliation américano-nipponne ainsi que la «pression» chinoise sur l'économie américaine et les menaces de la Corée du Nord, militent pour un nouveau centre d'intérêt de l'Oncle Sam. Depuis le gaz de schiste, le Moyen-Orient n'a plus la même importance aux yeux des Américains. Pour faire vite, il y a tout lieu de croire que la différence entre Obama et Trump n'est qu'illusion «d'optique». Une certaine continuité est visible à travers les «tweets» du nouveau locataire de la Maison-Blanche. La visibilité est moindre dans la région du Sahel. Le dossier libyen n'est inscrit dans aucun agenda des puissances. L'UE qui est directement concernée n'a pas de défense commune. Le monde se dirige vers de profonds changements. Cela est maintenant sûr!

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