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Accidents de la route, on tourne en rond!

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Le «mouchard» est exhumé. Le «sommeil» est pointé du doigt. Les assureurs ne jouent pas le jeu. Les mesures se suivent sans résultat. La route tue toujours autant. Pourtant...

Quadrature du cercle. Un vrai casse-tête que ces accidents de la route. Le ministre des Transports vient de sortir, ou plutôt ressortir, l'un des moyens de lutter contre l'hécatombe. Il a annoncé, mardi dernier au Sénat, qu'il va soumettre au gouvernement un nouveau décret exécutif pour obliger les bus et les camions de s'équiper de «chronotachygraphe». Une sorte de boîte noire comme pour les avions. Par le passé on l'appelait le «mouchard». C'est un petit appareil installé dans le véhicule pour enregistrer des données permettant de «déterminer les causes à l'origine des accidents de la route». On est dans l'après, pas dans la prévention. Cela servira quand même aux statistiques. Ce qui donnera aux autorités une meilleure visibilité sur les actions à entreprendre pour juguler le phénomène. Donc l'espoir est à moyen et long terme. Surtout que le ministre a rappelé que l'obligation de ce «chronotachygraphe» était déjà prévue dans le Code de la route de 2001. Il a précisé qu'il y a eu «report de cette opération car le citoyen n'étant pas préparé à l'utilisation de cet appareil». Visiblement, en relançant, mardi dernier, cette opération, notre ministre considère que 16 ans après, «le citoyen est (aujourd'hui) préparé». Personne ne peut dire en quoi consiste cette «préparation». Pour l'obligation de la ceinture de sécurité la «préparation» s'est faite spontanément. Bref, ne soyons pas trop exigeants. Tout ce qui peut freiner cette route meurtrière (4 400 morts et 55 000 blessés par an) est bon à prendre. Cela n'empêche pas de dire que le problème reste toujours sans solution. Celle qui consiste à réduire sensiblement ces chiffres tragiques. Le problème semble tellement «ardu» que des bonnes volontés de divers horizons s'invitent pour offrir des éclairages. Comme cette «journée d'information» organisée par le CHU d'Oran, jeudi dernier. Elle a rassemblé plusieurs médecins pour débattre d'une cause qui est à l'origine, selon eux, «de 30% des accidents de la route». Vous ne devinerez jamais ce qu'ils incriminent. Allez on vous met au parfum. L'un d'eux (on ne donnera pas son nom) est formel, c'est «le syndrome des apnées du sommeil». Et il ajoute que «cette pathologie est méconnue dans le milieu médical». Dit par un médecin cela comporte un zeste de prétention. Il est vrai qu'il y a une différence selon que l'on soit spécialiste ou non. On apprend également que «les signes cliniques de cette pathologie sont surtout le ronflement, l'obésité et les somnolences diurnes (de jour) excessives». La panoplie est large. Le problème, car il y en a un, c'est un autre intervenant qui le pose. «Les statistiques concernant le nombre de personnes souffrant de cette pathologie en Algérie ne sont pas encore cernées avec précision» a-t-il affirmé, détruisant, du même coup, le chiffre (fantaisiste) des «30% d'accidents dus à l'apnée». Au fait, quel est le nombre exact des accidents de la route? Aucune source n'en fait état. Pas même notre ministre. Alors nous avons pris les statistiques des assurances. L'Union nationale des assureurs et des réassureurs (UAR) a fait état, en novembre dernier, de «plus d'un million de déclarations de sinistres enregistrées chaque année sur fond d'un nombre important des accidents de la route». Rien de bien précis avec ce «nombre important». Mais en revenant aux organisateurs de «l'apnée» on se rapproche de la bonne information. Un des intervenants a rappelé que «dans les pays européens les personnes souffrant de l'apnée du sommeil sont estimés entre 3 et 5% de la population». Ramené à notre pays un tel pourcentage donnerait entre 120.000 et 200.000 personnes. Combien de chauffeurs dans ces chiffres? Dieu seul le sait. Il n'empêche que mis dans «le million de sinistres» des assurances, ce n'est pas, mais alors pas du tout, les «30%» du CHU d'Oran. Sortant de l'à-peu-près, pour dire que des pistes plus sérieuses sont délaissées. Comme la nécessité de revoir la condition d'âge du permis de transport voyageurs, poids lourds et surtout celui du transport scolaire. Il n'échappe à personne que le sens de la responsabilité n'est pas le même à mesure que l'on avance dans l'âge. Qu'il est préférable, dans certains cas, d'attendre l'âge de la maturité. L'autre piste (le nerf de la guerre) consiste à appliquer une sanction négative ou positive aux conducteurs avec le bonus malus que nos assurances n'appliquent pas. Le prix de l'assurance est le même pour tous. Avec ou sans accident durant l'année écoulée. Sans oublier la responsabilité des cantonniers sur l'état des routes, celle de la signalisation qui n'est pas toujours aux normes quand elle existe et enfin la multiplication des relais et haltes sur le réseau routier. De jour comme de nuit. Le zéro accident n'existe pas. Réduire le fléau, si!

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