Accueil |Chroniques | L’envers du décor |

Les Algériens sauvent le tourisme tunisien

Par
Taille du texte : Decrease font Enlarge font

Qu'est-ce qui fait courir les Algériens pour ne pas passer les vacances dans leur pays? Ils étaient près de 2 millions à avoir choisi la Tunisie l'an passé. Pour un même climat, une même nature, ce qui fait la différence....

Bilan. Les chiffres officiels sont «tombés» hier. C'est le directeur de l'Office tunisien du tourisme (Ontt), Abdellatif Hmam, qui les a communiqués à l'agence française AFP. Selon lui, l'année 2016 a été «une première année sur le chemin du retour à la normalité. (...) Nous avons dépassé 5,7 millions de touristes», contre 5,3 millions en 2015». Timide retour en effet avec seulement 400.000 touristes de plus que l'année précédente. Par contre et c'est ce qui nous intéresse, le nombre de touristes algériens a, lui, augmenté l'année dernière. Ils étaient 1,8 million contre 1,5 million en 2015. Ce qui veut dire que les Algériens ont représenté le tiers des touristes que la Tunisie a reçu en 2016. Et cela malgré les doutes sur la situation sécuritaire. Malgré aussi, la fameuse taxe imposée à la frontière par la Tunisie. Dans les deux tiers restants ont trouve les Russes (623.000) et les Tunisiens résidant à l'étranger (1,5 million), très peu de Français (400.000) et le reste composé de croisiéristes. Tant mieux pour nos voisins tunisiens à qui nous souhaitons plus de succès. Ce n'est pas pour autant l'occasion pour nous de pavoiser devant cette «hémorragie». Que les Russes avec le climat dans lequel ils vivent, que ce soit même les Français ou d'autres Européens, choisissent la Tunisie s'explique aisément. Ils viennent en Tunisie pour le dépaysement. Ils n'ont pas chez eux ces longues plages au sable fin. Cette mer turquoise. Ce soleil généreux. Il est facile de comprendre les raisons qui poussent tous les touristes du monde vers la Tunisie. Pour expliquer les motivations des touristes algériens c'est un peu plus difficile. La sécurité est plus assurée chez nous qu'ailleurs. Tout ce que la nature offre en Tunisie est à l'identique en Algérie. De plus les Algériens se «regroupent» en Tunisie. Tabarka, Sousse, Hammamet sont leurs lieux de prédilection. D'ailleurs, c'est le cas même pour nos citoyens résidant à l'étranger. Comme à Barbès en France où, au passage, il y a eu, hier, beaucoup de carottes déversées par les buralistes français en guise de contestation contre la vente à la criée des cigarettes de contrebande. Donc, le touriste algérien ne cherche pas le dépaysement pour passer ses vacances. Alors que cherche-t-il? Nous avons appris que pour relancer leur tourisme très affecté par les attentats terroristes, les voyagistes tunisiens ont cassé les prix jusqu'à 75% moins cher. Une pratique qui n'existe pas dans nos moeurs commerciales. Ni dans l'hôtellerie ni ailleurs. Comme la classification des choix. Il n'y a ni premier ni dernier choix. Reste à chercher du côté des quantités de «lits» offertes et si cher à notre ministère du Tourisme. Même là, il y a des questionnements. Le directeur de l'Office tunisien nous a appris que la formule dite «chez l'habitant» a beaucoup de succès auprès des Algériens. Ce qui n'a rien d'étonnant puisque chez nous elle se développe assez bien. Jusque-là nous n'avons trouvé que la différence des prix attractifs. Cependant, cela ne suffit pas, car en parallèle il faut que la qualité suive. S'agissant du tourisme, celle-ci commence avant même d'arriver à l'hôtel. Comme le prix des denrées alimentaires qui flambent dès la belle saison, dans nos régions touristiques. Ou encore le sourire dont nous sommes très avares. Sans oublier l'hygiène et la qualité dans la restauration. Ce qui revient à dire que même si nous construisons tous les hôtels du monde et si l'environnement spécifique au tourisme ne suit pas, le résultat sera le même. Nos compatriotes iront «se défouler» ailleurs, selon l'expression qu'ils affectionnent particulièrement. Au final, c'est la mission de notre ministère du Tourisme et de ses offices qui est à compléter. Jusque-là, c'est le «hard» qui le préoccupe. Projets d'investissements, facilitations, augmentation du nombre de lits, etc. Il faudrait certainement qu'il se consacre un peu plus sur la partie «soft». Pour semer les graines du bon accueil, de la bonne qualité, de la gestion adaptée, de l'hygiène indispensable, de la pratique commerciale environnante, etc. Il faut reconnaître que ce n'est pas la partie la plus facile à atteindre. C'est un travail constant et de longue haleine qu'il faudra bien commencer un jour. Autant s'y mettre dès à présent. Par un programme multisectoriel minutieusement élaboré, des idées, des étapes d'évaluations, des sanctions positives sans exclure les négatives et surtout une volonté de fer. Jusqu'à présent, ce département est budgétivore sans aucun retour sur investissement. Les dépenses censées promouvoir le secteur ne sont adossées à aucune réalité du terrain. Des pans entiers ne sont pas exploités comme le thermal ou la montagne. Ou certains sports propres au tourisme dans le Sud. Comme on peut le constater, la promotion du tourisme est d'abord une affaire «immatérielle» avant d'être un stand à déplacer de foire en foire. Les Tunisiens se préparent pour 2017. Bon vent!

Suivez ces commentaire via le flux RSS Réactions (0)

total :| Affiché :

Réagir à cet article

Entrez le code que vous voyez dans l'image s'il vous plait:

Captcha