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Des scientifiques ont trouvé le remède contre l'obésité

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Le médicament doit être bientôt en pharmacie. Le plus dur a été fait avec la découverte. Si c'est fantastique pour les malades et les caisses d'assurances maladies, pour l'industrie pharmaceutique c'est le coup fatal. Très peu de médias en ont parlé. D'immenses intérêts sont en jeu...

Découverte du siècle. Dans le «filet de pêche» de l'actualité de la semaine qui vient de s'écouler, il y avait une «pépite». Lundi dernier, l'Académie américaine des sciences a publié, dans ses comptes rendus, les travaux de recherche de scientifiques danois et australiens. Ils ont découvert, chez un ver, un gène responsable de la satiété. Le «coupe-faim» pourrait-on dire. Ou encore le «thermostat» qui manquait à certains humains dans leur relation avec la nourriture. Ils ont baptisé le gène qu'ils ont découvert «ETS-5». Le petit ver en question mesure un millimètre et est transparent. «Caenorhabditis elegans» est son nom scientifique. L'être humain partage 80% de ses gènes avec ce ver minuscule. «Dans la mesure où ces vers partagent un si grand nombre de gènes avec les humains, ils constituent un très bon modèle de recherche pour mieux comprendre des processus biologiques comme le métabolisme ainsi que des maladies» précise l'un des chercheurs, le professeur australien, Roger Pocock. Pour parvenir à leur découverte, les chercheurs ont travaillé sur les neurones dans le cerveau du ver. Leur découverte va permettre de produire le médicament régulateur du métabolisme qui agira sur le «contrôle de l'intestin par le cerveau et le sentiment de satiété», explique le professeur. On aurait voulu vous épargner ces détails savants, mais ils nous paraissent nécessaires s'agissant d'une découverte strictement scientifique. Ce petit ver vient de donner à la science un puissant moyen pour éradiquer toutes les autres thèses qui prévalaient jusque-là et qui «nourrissaient» de puissants lobbys. Des pilules «anti-minceur» à la chirurgie (anneaux, liposuccion, etc). Il faut également rappeler que l'obésité est un facteur important pour les maladies cardio-vasculaires, l'arthrose, le diabète et certains cancers (de l'endomètre, du sein, des ovaires, de la prostate, du foie, de la vésicule biliaire, du rein et du colon (source OMS). Un immense marché du médicament menaçait. Par contre et au-delà des malades, cette découverte ne peut être que bien accueillie par les organismes de sécurité sociale du monde entier. Un seul médicament va terrasser des milliers d'autres qui traitaient les maladies entraînées par l'obésité. On le voit, les enjeux sont considérables. Il faudra s'attendre à de virulentes réactions des laboratoires et des «blocs opératoires» visés par le gène «ETS-5». L'OMS estime à 2 milliards d'adultes en surpoids dans le monde dont plus de 600 millions d'obèses. En Algérie et selon notre ministre de la Santé, Abdelmalek Boudiaf, qui s'est exprimé à la Télévision nationale le 27 novembre dernier, «plus de 50% des Algériens entre 35 et 70 ans...et 12% des enfants entre un et 18 mois souffrent d'obésité». C'est dire tout le «poids» que peut revêtir cette découverte pour notre santé publique, mais aussi pour notre économie. Ces retombées sont d'autant plus importantes que l'obésité se développe de manière inquiétante au point où l'OMS a tiré la sonnette d'alarme en précisant que le nombre de malades a doublé en 20 ans. Les seuls pays qui échappent à l'obésité se trouvent en Afrique pour des raisons évidentes de malnutrition. Ceci dit, il est utile pour nos citoyens de savoir distinguer le surpoids de l'obésité. C'est l'indice de masse corporel qui fait la différence. Voilà le procédé publié par l'OMS: «L'indice de masse corporelle (IMC) est une mesure simple du poids par rapport à la taille couramment utilisée pour estimer le surpoids et l'obésité chez l'adulte. Il correspond au poids divisé par le carré de la taille, exprimé en kg/m2». Pour le résultat: «Il y a surpoids quand l'IMC est égal ou supérieur à 25 et il y a obésité quand l'IMC est égal ou supérieur à 30.» Face aux risques majeurs (vu plus haut) que fait courir l'obésité, autant faire son «IMC» à titre préventif avant le test d'hypoglycémie qui est, malheureusement, devenu très courant. Pour finir, le silence médiatique qui entoure cette découverte n'augure rien de bon pour la suite des travaux des chercheurs danois et australiens. S'ils ont choisi l'Académie américaine pour publier le résultat de leurs recherches c'est certainement pour mieux protéger leur découverte contre les immenses intérêts qu'ils dérangent. Nous saurons sous peu comment l'industrie pharmaceutique va réagir. En attendant, mangez avec modération!

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